Pr Azzouzi : «Je suis musulman et je ne me tairai pas.»

Publié le par LAGHOUATI

 
12 h · 

Recrudescence de l'islamophobie : lettre d'un médecin algérien indigné aux Français
13. FÉVRIER 2015
Pr Azzouzi : «Je suis musulman et je ne me tairai pas.» D. R.
Le professeur Azzouzi Abdel-Rahmène, chef de service d’urologie au CHU d’Angers, et conseiller municipal de la ville d’Angers, a décidé de mettre fin au mandat qu'il occupait depuis 2008 pour protester contre l’islamophobie qui prend de plus en plus d’ampleur. Dans une lettre ouverte publiée dans «le Monde des Religions», adressée à ses collègues et amis élus de la ville, il explique sa décision : celle d'un élu de confession musulmane qui ne se reconnaît plus dans la lecture des valeurs républicaines que font nos dirigeants successifs. Il écrit notamment : «Il faudrait peut-être que je continue à faire semblant de partager un chemin commun avec vous dans une France qui chaque jour renie un peu plus ses valeurs républicaines. Je ne le ferai pas, car beaucoup trop nous sépare. Devrais-je faire semblant d’accepter votre absence de réaction, alors que toute une partie de nos concitoyens vit déjà dans une situation d’exception et que des lois visant implicitement les Français musulmans se succèdent ? Devrais-je faire semblant d’accepter votre adhésion religieuse à une laïcité qui est devenue en réalité l’arme ultime et exclusive contre les musulmans de France ? Devrais-je faire semblant d’accepter votre mutisme lorsque l’école de la République s’attaque avec violence à des enfants de 8 et 10 ans parce que musulmans ?»
Le Pr Azzouzi Abdel-Rahmène s’indigne de constater que «la police française, institution républicaine où le racisme est endémique, tout comme dans l’armée française, interroge des enfants, comme on interroge des criminels, sous la bienveillance de la ministre de l’Education». Il se demande s’il doit «faire semblant d’ignorer cette lecture de la laïcité à géométrie variable par le gouvernement français qui demande aux musulmans d’être invisibles dans l’espace sociétal français, mais qui termine ce merveilleux élan républicain du 11 janvier dans la synagogue de la Victoire, en présence des Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du gouvernement israélien sous les cris de "Bibi" et de nombreux drapeaux israéliens agités dans un lieu de culte par des citoyens français de confession juive».
Le professeur écrit encore qu’«après toutes ces années de luttes et d’avertissements sans succès, je m’en retourne à mon épouse, à mes enfants et à mes deux ânes pour ne pas continuer de feindre l’approbation lorsqu’à longueur de temps, et malgré le tsunami qui vient de s’abattre sur la France, les médias continuent, comme si de rien n’était, à inviter les mêmes Zemmour, Finkelkrault, Fourest et autre Pelloux pour nous prodiguer les règles d’un vivre-ensemble dont ils n’auront jamais le secret. Devrais-je faire semblant d’accepter l’ostracisation permanente de Tariq Ramadan, intellectuel contemporain hors norme, pendant que Zemmour sature les plateaux des médias, mais aussi les salles municipales de France et de Navarre ? Devrais-je faire semblant d’ignorer l’apartheid médiatique et politique dans lequel sont tenus des milliers d’intellectuels et d’experts français de confession musulmane qui pourraient apporter la contradiction, voire la construction, dans les innombrables débats et questions qui les concernent directement et dont les Français sont abreuvés jusqu’à plus soif ? Devrais-je faire semblant d’ignorer que la discrimination à l’emploi et aux logements dont sont victimes les Français de confession musulmane est la règle plutôt que l’exception ? Devrais-je faire semblant de soutenir aux prochaines élections cantonales la nuée de candidats et candidates locaux tous plus blancs les uns que les autres, comme pour mieux signifier, génération après génération, que les minorités n’auront jamais vocation à représenter l’ensemble de leurs concitoyens, ce qui me donne la nausée ?» Pour le professeur, «insidieusement, la France est probablement devenue la nation démocratique la plus islamophobe du monde».
Meriem Sassi

Recrudescence de l'islamophobie : lettre d'un médecin algérien indigné aux Français
13. FÉVRIER 2015
Pr Azzouzi : «Je suis musulman et je ne me tairai pas.» D. R.
Le professeur Azzouzi Abdel-Rahmène, chef de service d’urologie au CHU d’Angers, et conseiller municipal de la ville d’Angers, a décidé de mettre fin au mandat qu'il occupait depuis 2008 pour protester contre l’islamophobie qui prend de plus en plus d’ampleur. Dans une lettre ouverte publiée dans «le Monde des Religions», adressée à ses collègues et amis élus de la ville, il explique sa décision : celle d'un élu de confession musulmane qui ne se reconnaît plus dans la lecture des valeurs républicaines que font nos dirigeants successifs. Il écrit notamment : «Il faudrait peut-être que je continue à faire semblant de partager un chemin commun avec vous dans une France qui chaque jour renie un peu plus ses valeurs républicaines. Je ne le ferai pas, car beaucoup trop nous sépare. Devrais-je faire semblant d’accepter votre absence de réaction, alors que toute une partie de nos concitoyens vit déjà dans une situation d’exception et que des lois visant implicitement les Français musulmans se succèdent ? Devrais-je faire semblant d’accepter votre adhésion religieuse à une laïcité qui est devenue en réalité l’arme ultime et exclusive contre les musulmans de France ? Devrais-je faire semblant d’accepter votre mutisme lorsque l’école de la République s’attaque avec violence à des enfants de 8 et 10 ans parce que musulmans ?»
Le Pr Azzouzi Abdel-Rahmène s’indigne de constater que «la police française, institution républicaine où le racisme est endémique, tout comme dans l’armée française, interroge des enfants, comme on interroge des criminels, sous la bienveillance de la ministre de l’Education». Il se demande s’il doit «faire semblant d’ignorer cette lecture de la laïcité à géométrie variable par le gouvernement français qui demande aux musulmans d’être invisibles dans l’espace sociétal français, mais qui termine ce merveilleux élan républicain du 11 janvier dans la synagogue de la Victoire, en présence des Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du gouvernement israélien sous les cris de "Bibi" et de nombreux drapeaux israéliens agités dans un lieu de culte par des citoyens français de confession juive».
Le professeur écrit encore qu’«après toutes ces années de luttes et d’avertissements sans succès, je m’en retourne à mon épouse, à mes enfants et à mes deux ânes pour ne pas continuer de feindre l’approbation lorsqu’à longueur de temps, et malgré le tsunami qui vient de s’abattre sur la France, les médias continuent, comme si de rien n’était, à inviter les mêmes Zemmour, Finkelkrault, Fourest et autre Pelloux pour nous prodiguer les règles d’un vivre-ensemble dont ils n’auront jamais le secret. Devrais-je faire semblant d’accepter l’ostracisation permanente de Tariq Ramadan, intellectuel contemporain hors norme, pendant que Zemmour sature les plateaux des médias, mais aussi les salles municipales de France et de Navarre ? Devrais-je faire semblant d’ignorer l’apartheid médiatique et politique dans lequel sont tenus des milliers d’intellectuels et d’experts français de confession musulmane qui pourraient apporter la contradiction, voire la construction, dans les innombrables débats et questions qui les concernent directement et dont les Français sont abreuvés jusqu’à plus soif ? Devrais-je faire semblant d’ignorer que la discrimination à l’emploi et aux logements dont sont victimes les Français de confession musulmane est la règle plutôt que l’exception ? Devrais-je faire semblant de soutenir aux prochaines élections cantonales la nuée de candidats et candidates locaux tous plus blancs les uns que les autres, comme pour mieux signifier, génération après génération, que les minorités n’auront jamais vocation à représenter l’ensemble de leurs concitoyens, ce qui me donne la nausée ?» Pour le professeur, «insidieusement, la France est probablement devenue la nation démocratique la plus islamophobe du monde».
Meriem Sassi
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Publié dans Mohamed HADJ AISSA

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