Reflexion sur l'oeuvre de Salim Dada- Par Atallah Morsli-

Publié le par LAGHOUATI

Reflexion sur l'oeuvre de Salim Dada- Par Atallah Morsli-

Salam aleikoum,

 

‘’ N’as-tu pas que tout ce qui dans les cieux et dans la terre célèbrent les louanges de Dieu, et les oiseaux aussi en étendant leurs ailes. Il connait la prière et les louanges de chacun d’eux ; et Dieu sait ce qu’ils font ‘’ Qor’an 24-41

 

Mon cher frère Hadj Mohamed

 

Connaissant tes penchants vers les arts et ton gout de l’esthétique je voudrais partager avec toi une correspondance que j’avais adressée à notre talentueux Salim DADA en 2014 lorsqu’il  présenta au public de Laghouat, quelques unes de ses compositions musicales.

En effet, a la suite de sa représentation à la salle Benkeriou je lui avais  transmis un message consécutivement aux efforts honorables qu’il ne cesse de déployer autour de ses recherches musicales qui, du reste, sont innovantes et montrent à quel point ses qualités artistiques  sont forts méritoires eu égard aux résultats encourageants que certains spécialistes par presse interposée, commentent assez favorablement.

En sa qualité de musicologue, musicien et compositeur il ne pouvait passer inaperçu, non sans laisser indifférent  le grand public mais également  la presse nationale. A ce titre, il a été interviewé par un correspondant du journal el watan à propos de la préparation de sa thèse de doctorat à la Sorbonne portant sur el adhane et son influence aussi bien cultuelle que culturelle au sein du monde islamique et même au-delà.

Comment peut on demeurer indifférent non seulement à propos d’un thème aussi important qui n’a été que rarement exploré dans le monde arabo-musulman, mais aussi au fait qu’el adhane est, et restera un phénomène sacré par ses influences multidimensionnelles ainsi que par ses significations hautement symboliques :

1/ Sur le plan rituel el Adhane constitue un appel rassemblant cinq fois par jour l’adorant ainsi qu’un rappel à l’adresse du croyant autrement dit  pour provoquer en lui l’éveil min el ghafla du monde d’ici bas)

2/ L’appel est également omniprésent au niveau de notre quotidien voire même sur la régulation de notre vie  et plus particulièrement lorsqu’il s’agit de nos relations sociales.

3/ Sur le plan du phénomène sonore à travers le parcours de notre planète nous l’écoutons d’une façon ininterrompue de ville en village avec ses mélodies multiples et variées (suivant les régions) et cela de jour comme de nuit.

Il est évident  que  ces influences n’étant pas limitatives, il est tout à fait loisible pour chacun de nous de trouver chez les grands maitres les significations qui paraitraient les plus appropriées et les plus à même d’honorer un symbole hautement significatif de notre foi en notre Seigneur.

Pour revenir à l’interview, et, à la question du journaliste qui voulait savoir si d’autres auteurs l’avaient précédé dans cette étude, Salim DADA a cité principalement des orientalistes et apparemment rarement des auteurs de notre monde arabo-islamique. Cela prouve si besoin est l’originalité de sa démarche qui demeure inhérente aux éléments de sa composante culturelle imprégnée par ses recherches sur le sama’ soufi des grands maitres des siècles passés à l’image de Jalal Eddine Errumi, Muhyyi Eddine Ibn Arabi, El Ghazali et bien d’autres. En d’autres termes ce n’est pas au niveau des orientalistes qu’on pourrait trouver matière à réflexion et faire la relation profonde existante entre le sama’ soufi et les chants liturgiques, mais ce sont plutôt nos chercheurs nationaux ‘’ baignés ‘’ au sein du rituel de notre terroir qui sont les mieux nantis pour nous faire découvrir les jardins secrets de nos traditions us et coutumes.

Pour ainsi dire au niveau de notre pays le lien entre  le sama’ (chanson à caractère liturgique)  et qassidates composées par les Arifines (les Maitres) au niveau des zaouiates est connu au sein des associations musicales qui se singularisent  par la richesse de leur répertoire puisé dans ce terroir des milieux soufis. Nous avons par exemple les qassayides de Sidi Boumediene, Sidi El Alaoui, Sidi Lakhdar Ben Khlouf, repris dans des Madih célèbres par Nouri Koufi, Bouadjadj chantés à l’occasion des Maouassams tels El Maoulad Echarif et fêtes religieuses. Dans cet ordre d’idées on peut reprendre ce passage d’Eva de Vitray (in la musique et l’Islam) fort éloquent à cet égard : ‘’ La musique instrumentale sera donc utilisée comme auxiliaire de la vie spirituelle. Quant à la voix, on sait le rôle immense de la psalmodie qui constitue une véritable science, le tajwid, obéissant à des règles précises. Au-delà de l’art ou de la technique, elle a pour but de transformer l’homme tout entier en instrument de musique, témoignant de la foi en l’Unique. Elle est aussi comme le sama’, un chemin menant vers Dieu ‘’.

S.DADA à travers son exploration le conduisant vers les secrets et mystères d’El Adhane a choisi une voie noble qui le conduira probablement (sans vouloir extrapoler pour notre part) vers la recherche entre l’union des maqamates des chants religieux et les sons musicaux qui nous feront découvrir le ‘’chemin menant vers Dieu ‘’.

En tout état de cause sa thèse de doctorat (à laquelle nous souhaitons de tout cœur le succès qu’il mérite) une fois présentée nous révèlera certainement les secrets tant attendus pour honorer son pays et sa ville qui l’a vu naitre.

Récemment, Salim n’a pas manqué de me gratifier d’un envoi de l’une de ses compositions qui prouvent  que les chemins de la création dans son domaine ne tarissent pas. Ce fut une occasion où j’ai relu cette fameuse interview de l’année dernière, et, c’est ainsi que l’idée m’est venue de te la transmettre en pièce jointe afin que tu puisses apprécier la qualité de l’auteur.

 

Reçois mes cordiales amitiés.

 

A propos de quelques suggestions proposée à Salim Dada au sujet de sa thèse sur el Adhan

 

Salam Aleikoum,

 

A propos de ton interview au journal el watan

Tout d’abord je tiens à te renouveler mes félicitations pour la représentation que tu as organisée au niveau de la salle Benkériou qui, somme toute est inédite dans les annales de Laghouat, et, qui non seulement t’honore mais nous honore tous au point où tu deviens inéluctablement notre orgueil et notre fierté particulièrement dans le domaine culturel.

Les échos que nous avions pu percevoir étaient fort éloquents quant au franc succès que tu as su soulever au sein de l’assistance et en sont témoins les qualités artistiques prometteuses dont tu as fais preuve pour ton avenir en tant que musicien compositeur de niveau international. Par ailleurs, ton choix pour avoir côtoyer les grands Instituts et Ecoles est un choix judicieux et intelligent. J’exprime ce sentiment parce que la dernière fois que je t’avais rencontré chez Miloud il y a de cela quelques années et comparativement à cette récente rencontre on ne peut demeurer insensible à cette évolution positive qu’on constate et c’est ce qui m’a agréablement surpris et me fais dire  que de chemins constructifs tu as pu franchir avec brio. Avec beaucoup de sincérité je pense qu’on ne tarira jamais d’éloges pour tout ce que tu as réalisé et  je te souhaite une excellente réussite pour tes futurs projets.

Dans ce qui va suivre ce ne sont que quelques idées tout à fait personnelles que je te livre ne serait-ce  qu’à titre d’encouragement pour tes travaux de recherches.

Enfin pour en revenir à cette interview d’El Watan, et, sur le plan purement professionnel ce serait prétentieux de ma part que de vouloir émettre des remarques purement technique. Néanmoins je ne vais pas m’abstenir  pour t’exprimer ce que ton dialogue a pu m’inspirer :

L’El adhan en tant qu’acte liturgique a suscité  en moi une réaction à deux niveaux:

-          1/ Le choix qui en est fait pour el adhan est et a toujours été sur la personne qui émet la voie la plus mélodieuse et agréable au sama’. Et comme el adhan c’est l’appel à la communion avec le Seigneur, c'est-à-dire la prière qui nous ramène, nous rétablit vers le pacte primordial  avec ALLAH et là où tous les soufis s’accordent  à dire  et montrer l’interaction entre la signification du sama’ et l’extase provoqué  par la musique. C’est ce qui a fait dire à l’Imam El Djouneid interrogé à ce sujet, il répondit : ‘’ Quand Dieu a interrogé l’humanité (lors du pacte Primordial) dans les reins de notre Père Adam Alih Essalam, en disant : Ne suis pas votre Seigneur ? Une douceur s’est implantée dans les âmes. Quand elles entendent la musique ce souvenir se réveille et les agite’’, dit l’Imam.  Or en réalité el adhan n’est il pas en soit l’appel pour trouver la Présence Divine et qui est le Sublime acte entre el ‘abd et son créateur ? C’est ce sama’ finalement qui à chaque fois nous rappelle ce Pacte.

-          2/ Sur le plan purement théologique, la Tradition avec un T majuscule (au sens guénonien du terme)  nous dit qu’au moment d’el adhan les portes célestes s’ouvrent, ce à quoi le croyant doit observer trois attitudes : s’immobiliser même si c’est une lecture du Coran, répéter les formules sacrées après el muedhin et enfin invoquer ALLAH pour solliciter el ouassila el Siydna Mohammed salalahu A’leihi oua salam.

Ce caractère éminemment sacré est revêtu de formules sacramentelles. Il commence par la proclamation de grandeur suprême de Dieu, suivi de la profession de foi, l’appel à la salat, l’appel au salut, il n’y a d’autre divinité qu’ALLAH. Kalimat Ettaouhid

A propos de la Présence divine le grand Maitre Jalal Rumi dit ceci : ‘’ Comment l’âme pourrait-elle ne pas prendre son essor, quand de la glorieuse Présence, un appel affectueux, doux comme le miel parvient jusqu’à elle et lui dit :’’ Elève-toi ‘’…comment le soufi  pourrait il ne pas se mettre à danser, tournoyant sur lui-même comme un atome, au soleil de l’éternité, afin qu’il le délivre de ce monde périssable ? ‘’

En effet, el adhane n’est-il une porte royale et  sublime à la fois qui nous  introduit par sa musicalité, son harmonie, vers les horizons infinis de cette Présence dont les Connaissants  (el ‘Arifine) possèdent certains de ses mystères.

Après la proclamation de Grandeur du Seigneur, c’est la Profession de foi qui dans sa première moitié avec la formule du tawhid nous rappelle comme on le sait le dialogue de Sayidna Moussa ‘aleihi essalam avec ALLAH, (la ilaha ila ALLAH dont la densité est plus forte que le poids des cieux et de la terre, ensuite c’est Mohamed Rasul ALLAH dont le nom est gravé sur saouaradiqu el Arch et dont el Bousayri dit à son propos :‘’ laoula hou lam takhrouji eddounia mina ‘adami ‘’. Ou encore le Cheikh Sidi Abdessalam Ibn Mashiche ne dit-il pas dans sa célèbre prière : ‘’… O ALLAH il est Ton Secret qui englobe Tout et qui Te démontre et Ton voile Suprême  devant Toi entre Tes Mains ‘’.  C’est pour dire en très peu de mots l’extrême densité que revêt el adhane et les hautes significations métaphysiques qui le singularisent. Et là, nous n’avons qu’un succédané de mot et terminologie sur lesquelles les ‘Arifine peuvent élaborer des ouvrages entiers.

Les réflexions que nous nous sommes permis de souligner, il faut les comprendre comme approche purement doctrinale. La démarche métaphysique qui se réfère toujours aux œuvres et dires des saints, nous incite à faire référence  à leurs visions, sachant pertinemment que ces derniers sont les plus proches des Vérités et des sciences infuses, llm ladouni.

Al adhane qui comme nous l’avions annoncé en tant qu’ ‘’appel ‘’ , est perçu dans son sens divin par notre Prophète salahou ‘aleihi oua salam. En effet, notre mère Aicha nous dit que lorsque le Prophète l’entend, il n’est plus le même. ‘’C’est comme il ne nous connait et comme nous ne le connaissons pas’’. On nous dit également que siydouna Ali devient blême au moment d’el adhane. Ce qui revient à dire que suivant le degré de sainteté on sent la Présence divine. D’autre part, si nous nous rapprochons de ce contexte il nous vient à l’esprit que l’appel implique trois principes fondamentaux de la Tradition:

Le premier c’est la verticalité qui est l’ordre divin (el Amr)

Le deuxième c’est l’axis mundi(suivant l’expression du cheikh Abdelwahad-Guénon-dans son ouvrage le Roi du Monde) qui el wassi ‘tatou el oudhma (pour reprendre Ibn Mashish)

L’horizontalité c’est les çofs des fidèles en prière

Rappelons nous aussi que lorsque le prophète était au milieu de ses compagnons il disait : ‘’Arihna biha ya Bilal’’. Donc comme on peut le constater c’est le retour vers cette paix intérieure qui est aussi la sakina dont nous parle Rumi. Là il nous semble que la corrélation entre le sama’ et la paix sont un intimement interdépendants pris dans leur contexte sacré.

Pour illustrer ce point précisément voici ce qui dit Rumi à propos du rebab : ‘’ Ce n’est qu’une corde sèche, bois sec, peau sèche, mais il en sort la voie du Bien Aimé ‘’ et dans un autre texte ‘’ Dans les cadences de la musique est caché un secret ; si je le révélais, il bouleverserait le monde ‘’. Là dirions nous, ne  sommes nous pas en face d’éléments (instruments) émettant des sons de musique qu’un Maitre comme Rumi nous dévoile selon lui quelques mystères sur la douceur et l’Amour que cela suscite envers le ‘’le Bien Aimé’’ dans sa Gloire sa Splendeur et sa Magnificence  

A travers el adhane (ce n’est pas une corde sèche, une peau sèche et un bois sec) nous sommes en face d’un être à qui ALLAH a asservi la terre (surat el Mulk) nous avons bien des cordes vocales humaines et une mélodie également humaines intégrée pleinement dans l’intériorité de l’homme. Ceci nous interpelle pour dresser une comparaison à juste titre avec ces deux assertions. Indubitablement nous sommes confrontés à des dimensions qui peuvent dépasser l’entendement grâce à cet appel dont tu cherches à pénétrer le secret et fondamentalement qui semble dire, à travers le monde et de minaret en minaret, âme   réveille toi de ton insouciance et de ton sommeil. En somme voilà c’est cela l’éveil qui guidera vers cette Présence Primordiale.

Par ailleurs si nous tenons compte de cette sciences du tajwid du Saint Coran et des techniques établies pour psalmodier ses versets nous devons admettre qu’il y a là toute une démarche qui nous conduira vers un sama’ élaboré dans une parfait harmonie dans le but ultime d’aboutir à l’Unique.

Aussi le sama’ soufi s’inspirant de l’ensemble de ces principes sacrés qu’il s’intitule psalmodie, adhane, ou tout autre forme similaire n’a d’autre but que de conduire le novice par exemple  comme le dit Eva de Vitray à ‘’transformer l’homme tout entier en instrument de musique ‘’.

Dans cet ordre d’idées on ne peut s’empêcher de reproduire ci-dessous ce très beau texte qu’Eva a traduit du fameux Mathnawi, de ce Grand Maitre Jalal Eddine Rumi,  qui traduit la relation étroite entre l’homme et le sama’ :

‘’ Son but, en écoutant les sons du rebab, était, comme c’est le cas des amoureux fervents de Dieu, de se remémorer cette allocution divine.

Car le son du clairon et la menace du tambour ressemblent quelque peu à cette trompette universelle.

C’est pourquoi les philosophes ont dit que nous recevons ces harmonies de la sphère céleste.

Et que cette mélodie  que les hommes chantent en s’accompagnant du santour est celle de la révolution de la sphère.

Mais les vrais croyants disent que les influences du paradis ont rendu splendide chaque son déplaisant.

Nous avons tous fait partis d’Adam, nous avons entendu ces mélodies au paradis.

Bien que l’eau et l’argile (de nos corps) aient fait tomber sur nous un doute, quelque chose de ces mélodies nous revient à la mémoire.

Mais, mélangés qu’ils sont à cette terre d’affliction, comment ces sons aigus ou graves pourraient ils nous procurer les mêmes délices ?

C’est pourquoi le sama’ est l’aliment des amants de Dieu, car il contient l’image de la paix.

De l’audition des sons et des chants, les images mentales tirent une grande force ; en vérité, elles deviennent des formes (dans l’imagination)  ‘’

Jalal Eddine RUMI

Dans un autre texte des Futuhats le Cheikh Al Akbar à propos du sama’ va nous situer dans un contexte similaire du fait que lui-même revient à l’état de la Primordialité de l’homme en disant :

‘’ L’origine de l’existence est notre audition du son   -Fiat-  Kun. La première chose que nous ayons entendu de la Vérité, c’est Sa parole, il en est résulté l’existence. Il en est ainsi dans la Voie  (Mystique) ; quand il y a un sama’, s’il n’y a pas d’extase à cette audition et si cette extase ne réalise pas l’unité existentielle, ce n’est pas un vrai sama’ de la catégorie à laquelle se réfèrent les gens de Dieu. Quand Dieu dit à une chose encore non existante : Kun ! Sois ! C’est ce que réalisent les gens de Sama’. La parole qu’ils entendent et qui produit l’extase unificatrice et remplit leur cœur de la connaissance divine correspond au fiat qui a produit leur existence  -wujud-  existence  -wajd-  extase. ………………’’

Plus loin :

‘’ Le sama’ naturel est basé sur quatre réalités. La nature est quaternaire avec des sujets et des objets, des actifs et des passifs ; il y a quatre directions, quatre humeurs auxquelles correspondent d’autres sons musicaux fondamentaux (tu ne trouves pas qu’on n’est pas loin du pentatonisme dont tu fais référence dans ton interview ?) qui les mettent en mouvement et procure la jouissance musicale. La jouissance musicale de ces sons et leur effet sur les caractères ont leur racine dans le verbe divin. Celui qui entend un son convenant à son tempérament ne peut se soustraire à son influence. “

   Ibn Arabi

(le cheikh Akbar aurait été un musicologue et cela ne nous aurait pas étonné)

‘’ Le sama’ naturel est basé sur quatre réalités. La nature est quaternaire avec des sujets et des objets, des actifs et des passifs ; il y a quatre directions, quatre humeurs auxquelles correspondent d’autres sons musicaux fondamentaux (tu ne trouves pas qu’on n’est pas loin du pentatonisme dont tu fais référence dans ton interview ?) qui les mettent en mouvement et procure la jouissance musicale. La jouissance musicale de ces sons et leur effet sur les caractères ont leur racine dans le verbe divin. Celui qui entend un son convenant à son tempérament ne peut se soustraire à son influence. “ 

Par ailleurs si nous nous référons à la psalmodie du Coran et ses multiples mélodies qui ne cessent de croitre avec le temps, nous remarquons qu’il existe certains récitateurs disposant des Ijazats dont la chaine d’or remonte au premier temps de l’islam. C’est ainsi que j’ai pu noter une fois sur documentque j’avais imprimé la chaine d’or d’un récitateur remontant à syidna Abdallah Ibn Messaoud.

Or il est reconnu dans les sihahs que le Prophète salalhou ‘aleihi oua salam aimait écouter la récitation d’Ibn Messaoud. Et le récitateur de notre époque dispose d’une Ijaza qui remonte à celui-ci. Autrement dit  il nous vient automatiquement à l’esprit que la musicalité, même si elle n’est pas conservée dans sa version originale, elle doit probablement garder partiellement une partie de sa tonalité. Orienter un axe de recherche dans ce domaine pourrait peut être susciter quelque intérêt. Ceci dit  puisque les mécanismes de relation purement Traditionnelle telle que par exemple l’initiation soufie qui se situe dans la chaine d’or remontant jusqu’au Prophète nous incite à poser la question suivante : pourrait on trouver une chaine d’or au niveau d’el Adhan qui nous conduirait jusqu’à sidna Bilal ibnou Rabah ou du moins jusqu’au premier temps de l’Islam ?

Evidemment  le point que nous venons de souligner n’est après tout qu’une digression qui vaut ce qu’elle vaut.

En résumé de ce que nous venons de remarquer sur  le sens du sama’ d’el Adhane nous pouvons dire:

1/ Le sama’ soufi constitue à notre avis un réservoir inépuisable quant à la relation que l’on peut établir entre el adhane qui est un appel nous mettant avec la Présence divine et un retour à cet acte Primordial dont nous parle les Maitres soufis. Ces derniers en effet, ne peuvent affirmer ce vécu qu’à travers le dévoilement el kachf à travers leurs dires même si ceux-ci sont parfois allégoriques. Pour ainsi dire on peut certainement trouver matière à réflexion au niveau de leurs œuvres et el Adhane lui-même. Les exemples cités plus haut sont assez éloquents. Cela correspond  en quelque sorte à ce que tu dis à propos du premier Adhane de Bilal dans l’interview:

« Est-ce des vocalises dans le style du huda’ des chameliers arabes ? Ou avait-il écouté les chanteurs privilégiés de Qoreich qui souvent se concurrençaient dans l’imitation du style persan, très à la mode à l’époque ? Un tas de questions à creuser, qui pourront nous conduire hypothétiquement à l’esthétique du premier adhân. »

 2/ La préservation des relations Traditionnelles à travers nos pratiques liturgiques nous laisse entrevoir que l’on peut établir le lien avec les temps se situant à l’aube de l’Islam et connaitre ou du mois pénétrer les secrets premiers d’el Adhane et contribuer à donner une meilleure signification de l’esthétique de notre patrimoine culturel sacré.

Pour terminer cet interlude et pour trouver matière à réflexion  j’attire ton attention que tu peux consulter certains auteurs qui ont écrits sur le sama’, entre autres :

Jalal Eddine RUMI   Ibn Arabi

Al Alghazali

Eva Devitray

Je te fais savoir qu’Eva de Vitray  n’est pas seulement une femme savante et qui aurait été certainement la première dame occidentale à avoir franchie le seuil de la grande porte d’el Azhar, mais également une femme convertie à l’Islam et ayant adoptée la tarika el Alaouia. Outre ses qualités de chercheur, polyglotte ayant à son actif plusieurs ouvrages, elle fut admiratrice de ce grand Maitre qu’est Rumi au point où son grand mérite d’avoir traduit pour la première fois son œuvre monumentale qu’est al Mathnawi.

Mais comme je n’ai pas d’autres références je préfère demander secours à mon frère Laid SIGA qui est beaucoup plus versé que moi sur l’aspect doctrinal et dont la connaissance des auteurs Soufis est éminemment plus vaste. Sur cet aspect c’est un Maitre à penser, et, outre cela il a été depuis sa jeunesse versé dans le domaine musical et de la peinture.

A.MORSLI

 

 

Publié dans ART ET CULTURE

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sarvenazian 16/02/2015 10:23

salam,
Tariqua Alawiya de syrie ?
salam

LAGHOUATI 16/02/2015 11:16

tariqua soufiya Alawya du maghreb arabe et que l'on retrouve en Algérie et au Maroc