Laghouat d'antan (suite et fin)

Publié le par LAGHOUATI

 
Laghouat d'antan (suite et fin)  
 
   
 
  Les Beni Mzab y apportent de la poudre et quelques nègres, les Harrazlia, par Touggourt, des armes, des pierres à fusil qui viennent de Tunis; les gens de Boussada des laines et de l'huile les tribus nomades, du beurre, des dattes, des grains venant du Tell, de moutons, du fromage, etc.
Les Chamba y conduisent des nègres qui sont revendus o échangés dans le Tell contre des grains. Un beau nègre vaut de 120 à 180 boudjous.
Les habitants de Laghouat achètent ces divers objets, ou les échangent contre des burnous blancs ou noirs, des haïks de toute qualité, des gandouras de laine fabriquées par leurs femmes; contre de la coutellerie, des pioches, des socs de charrues, des fers pour les chevaux des épiceries, des essences, du sucre, du café, dont les riches usent seuls, de la verroterie, des ornements de femme, etc.v etc.v qui leur venaient autrefois de Tunis par Touggourt, et qu'ils commencent à tirer directement d'Alger.
On trouve d'ailleurs dans la ville des forgerons, des armuriers qui réparent les armes tant bien que mal, des menuisiers et quelques petites boutiques des choses les plus usuelles. Quinze ou vingt familles de juifs y exercent comme partout les métiers de cardeurs de laine, d'orfèvres, de teinturiers, etc.
A certaines époques de l'année, ordinairement après la moisson, les gens de Laghouat partent en petites bandes et vont dans le Tell s'approvisionner de grains argent comptant ou par échange cette excursion rayonne depuis l'Oued secoua jusqu'à Takdemt.
Autrefois, point de zekkate, point d'aachour, le gouvernement des deux quartiers (hallaf et serghin) vivait des amendes nombreuses levées sur les délits de tout genre et des droits sur les marchés, les pauvres étaient nourris à frais communs.
A la saison des dattes chaque famille était tenue de désigner un palmier de son jardin, dont les fruits versés à la mosquée étaient distribués aux nécessiteux ces palmiers s'appelaient les palmiers de l'amour de Dieu.
Conclusion : 
Les habitants de Laghouat ont la réputation d'être bons, humains et hospitaliers. Si quelqu'un se réfugie chez eux, disent les Arabes, ils mourraient plutôt que de le 
livrer.lasaison des fruits, les voyageurs peuvent entrer dans les jardins et en manger à discrétion.
Les mœurs sont généralement pures dans cette ville.
 
 
  -- envoyé par Mechattah Ahmed 

Publié dans AHMED MECHATTAH

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