LE SOLDAT DE LA WEHRMACHT DEVENU AGENT DE POLICE A… LAGHOUAT-PAR K.HADJOUDJA-

Publié le par LAGHOUATI

LE SOLDAT DE LA WEHRMACHT DEVENU AGENT DE POLICE A… LAGHOUAT.

Votre intervention : EN CE TEMPS LA…IL Y AVAIT…sur le thème de L’HYGIENE ET LA SALUBRITE PUBLIQUE, m’a fait rappeler l’histoire de l’agent de police français, affecté à LAGHOUAT en 1958...

Ce policier, qui parlait l’arabe avec un certain accent ; pour mériter son salaire, tellement il ne se passait rien dans la ville ou très rarement, écoulait son temps à arpenter, chaque matin de bonne heure, la rue principale du schettet, en frappant aux portes des maisons, ordonnant à leurs habitants d’évacuer leurs ordures ménagères à l’extérieur de leurs domiciles dans le but de faciliter le travail de l’agent municipal préposé à leur collecte.

Cet agent, avec son propre âne, car il doit posséder un baudet, condition préalable à son recrutement, faisait du porte à porte demandant s’il y’avait des ordures ménagères à évacuer. J’ai vu maintes fois la hotte de l’animal revenir de la tournée quasiment vide !

Comment cet ancien soldat allemand a-t-il atterri à LAGHOUAT ?

Son histoire nous a été racontée, bien après l’indépendance, par un de ses anciens collègues, algérien en retraite, et qui habitait le quartier (A. Y.).

Cet homme, ALSACIEN, de mère allemande et de père français ; incorporé dans l’armée allemande, au déclenchement de la deuxième guerre mondiale, faisait partie de l’AFRIKAKORPS du MARECHAL ROMMEL, en opération en LIBYE.

Blessé à EL ALAMEIN en 1942, il fut fait prisonnier et interné dans un camp à TUNIS par les ANGLAIS.

En 1944, il fut remis aux français et interné à la caserne Bessières à LAGHOUAT avec d’autres prisonniers.

Libéré en 1945, il retourna en ALSACE et constata que presque toute sa famille a été décimée durant le conflit : deux de ses frères étaient morts sur le Front de l’Est ; un autre en Normandie ; une sœur infirmière de son état, volontaire dans la Wehrmacht, était tombée aux mains de l’Armée Rouge quelque part en RUSSIE, un oncle maternel est décédé durant le bombardement de DRESDE par l’aviation alliée en 1945…

Par la suite il prit un engagement de deux ans avec l’armée française, au sein de laquelle il tombera sérieusement malade ; et qui ne le gardera que six mois. Au terme de sa longue convalescence ; il fut versé dans la police française ; jusqu’au jour où il fut muté à LAGHOUAT, sur sa demande, parait-il…

Un jour alors qu’il faisait sa tournée habituelle, il frappa à la porte d’un supplétif algérien qui habitait en face de notre domicile.

Manque de pot pour lui, ce supplétif, homme nerveux et acariâtre, était de service la nuit précédente et dormait profondément. Réveillé en sursaut, il mit sa tenue, pris son fusil, et ouvrit furieusement sa porte.

Le policier, voyant le fusil pointé sur son nez ; réalisant brusquement la bévue qu’il venait de commettre, lui dit, contrairement à son habitude, poliment, et en souriant presque :

 « SLAKHA  MOKHAMED ! ».

Le supplétif explosa littéralement et répondit en criant (en arabe) : «  tu viens me réveiller pour ça ! D’où est ce que je vais te ramener des ordures, moi ! Nous, on est propre ; nous n’avons pas d’ordures ! Il faut que tu saches, une bonne fois pour toutes, que le papier d’emballage du café, du sucre, du thé, etc.…on l’utilise pour attiser le feu ! Les épluchures on les donne aux chèvres ! Les excréments de ces derniers, on les utilise comme engrais dans le jardin !

Dorénavant, ne me dérange plus pour ce genre de balivernes ! Il n’Ya pas d’ordures chez nous ici ! » Et il claqua la porte derrière lui d’un geste rageur.

A compter de ce jour, on n’a plus revu ce policier-soldat, qui nous était devenu familier, et qui aimait la propreté par-dessus tout.

EPILOGUE : Vous avez raison de dire, SI EL HADJ ; qu’en ce temps-là tout était propre. Ce qui dénotait un haut degré de civisme de la part de la population.

La preuve, on buvait l’eau des séguias, dont tout le monde respectait et préservait la potabilité.

 

Publié dans K.HADJOUDJA

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Mohammed 15/03/2015 06:57

Salam;

Comme toujours, un style unique et une allégresse de lecture absolue

HADJ AISSA 15/03/2015 06:48

Merci hadj Kamel de nous avoir fait connaitre Lalmani comme on le surnommait . Peu de personnes connaissent ce que vous avez fait figurer dans votre article, moi le premier . Grand merci . Je l'ai connu , un homme maigre, longiligne , l'oeil sévère , son image me revient très nettement . Nous aussi les enfants nous en avions peur . Il était craint de tout le monde mais il faut dire que tout allait bien dans la ville : ordures ménagères, circulation, . Il a régné en maitre , toute la ville tremblait à ses ordres