A propos de "Rahala " par R.AOUISSI-

Publié le par LAGHOUATI

A propos de "Rahala " par R.AOUISSI-
Aouissi Rachid

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A propos des Rahâlas (voyageurs)

A il y’a quelques jours, à l’occasion de la préparation d’un baghrir virtuel, dommage pour n'y avoir pas goûté, par une tidjinia fehla, nous avions évoqué avec quelques cousins et cousines, le degré d'émancipation de la femme tidjinia, dans le sens noble du terme, à des époques bien reculées tout en gardant intacte leur honneur et leur réputation, vantés et loués par la célèbre expression du cheikh sidi Ahmed Tidjani radhia ALLAHOU anhou, "charifates al Aqdam, tahirates al-arham, attayates al maarouf, khedamates es-souf", à ce propos, je voudrais apporter le témoignage, que je trouve fort intéressant du reste, d’un Rahâla marocain, de passage à Aïn Madhi.

Le Rahâla en question est Ibn--Ettayeb Echargui (mort en 1756 à Médine), l’ouvrage s'intitule la "rîhla d’Ibn Ettayeb Echargui", et qui se trouve sous forme de manuscrit.

Il entame son voyage vers la ville sainte à partir de Fez le 25 février 1727, de passage à Aïn Madhi, il écrit les phrases suivantes.

"Arrivés à Ain Madhi nous fîmes halte, tout en jouissant de son eau ruisselante et limpide, plus pure que le nil, plus exquise que l’euphrate, elle est tellement abondante, qu’elle suffit pour subvenir aux besoins des autochtones, les bédouins et les pèlerins de passage, ainsi que pour l'irrigation des jardins. Les habitants de ce village sont renommés pour leur générosité et leur vertu. 
La majorité d’entre eux apprennent le coran par coeur, de leurs bouches ne sortent que des paroles savantes. 
Quant à leurs femmes, elles sont d’une beauté sans pareil, leurs yeux sont plus redoutables que les lames les plus tranchantes, des roses plus attirantes que les branches fleuries, les voyageurs ont longtemps, de manière surabondante et excessive, mais à juste titre, vanté le charme et la beauté émanant des visages de ces femmes, et devant cet état de fait, je n’ai pas hésité à prononcer ces quelques verts : 
"A Ain Madhi il y’a des yeux dévastateurs. 
ayant plus d'effet que les épées les plus tranchantes". 
Nous quittâmes Ain Madhi en direction de Tadjmout. " fin de citation.

Je n’ai traduit que la première strophe, du fait qu’elle est très explicite de mon point de vue.

Ce degrés d'émancipation connu chez la femme tedjini ne s’explique que par le fait que nos ancêtres ont vécu en espagne musulmane jusqu’à la chute de grenade en 1492, et par conséquent ils avaient acquis les habitudes de la société andalouse très en avance à cette époque.

 
 
 

Publié dans RACHID AOUISSI

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