Lettre d'une fille à son père luttant contre la mort.

Publié le par LAGHOUATI

Cher papa, je ne sais pas par où commencer et pourtant j'ai tant de choses à te dire, j'ai tant fermé les yeux pour ne pas voir le père parfait que j'imaginais  avoir des faiblesses comme tous les humains.

J’ai l'impression que pour toi tout est fini, oserai-je te dire que refuser de manger est un suicide encore plus long, encore plus douloureux ? C'est à mon sens bien égoïste que de penser qu'on était mieux avant, quand les vivants n'étaient pas morts ? Mais et  les vivants d’aujourd’hui… Nous ta famille ! ?

Je t'en veux un peu papa, car je te vois te tuer, dépérir lentement. J'ai ardemment désiré t'aider à t’en sortir en te parlant mais je n'arrive pas, je ne savais pas m'exprimer devant toi, c'est pour cela que j'ai préféré t'écrire.

Mais de notre aide, tu n’en voulais pas car tu la trouvais vaine et sans espoir, tu répétais incessamment " Je veux mourir ".

Pourtant il y a quelque chose en moi qui me chuchote que ton papa, ton papa chéri a conservé en lui cet amour de la vie, ce secret espoir que tout n’est pas fini et que la vie mérite bien que nous nous y accrochions de toutes nos forces.

Je lis dans ta pensée que tu as gardé en toi une petite once d'espoir qui te fait dire  que tu l'aimes quand même cette vie...

 

 Je t'écris cette e lettre avec le peu d'énergie qui me reste, le peu d'espoir qui me garde en vie,

Papa le jour où j'ai su pour ta maladie j'ai ressenti un grand vide et une immense solitude, j'ai vu mes rêves s’envoler  car tu étais mon soutien et ma joie de vivre.

Je ne voulais pas vous le montrer j'essayais d'être forte mais au jour d'aujourd'hui  je suis toute effondrée, me sentant dans l’incapacité de faire quoique ce soit pour te sauver des griffes de celle qui ne fait, somme toute,  qu’exécuter les décisions irréversibles de celui qui peut tout, qui sait tout.

je voudrais seulement voir  une petite lueur d’espoir, la plus petite qui soit, dans tes yeux, papa.

Tu as toujours été mon héros, mon roi et moi ta petite princesse chérie ne laisse pas cette maladie te détrôner, car tu n'es pas malade !

Ne te laisse pas faire, je veux que tu engages ce combat pour nous

Papa je t'en supplie ressaisis- toi, fais en sorte que tout cela ne soit qu'un mauvais épisode dans notre vie,

Papa je veux te voir à nouveau debout,

Je sais que tu peux y arriver, je t’aiderai, je te le promets…

Je veux que tu redeviennes la personne au grand courage, le battant qui ne s’avoue jamais vaincu, qui lutte et qui sort vainqueur en fin de combat …

 Père ressaisis-toi ! Tu es la source de mon courage

Papa reviens, j'ai besoin de toi dans la vie ! Ne me laisse pas seule comme un enfant sans défense …

 

Papa , tu attends la mort  , mais crois moi elle ne viendra pas ,car la vie est plus forte…

Ne comprends-tu pas que la mort ne cesse de te chuchoter que « Tu es fait pour vivre »

 

Et pour finir ne sais-tu pas que « La vie ne vaut peut-être rien mais Rien ne vaut la vie « 

 

Ta fille Hasna

 

Une lettre très émouvante qui m’a sérieusement ébranlé. Je n’ai rien d’autre à ajouter, je ne trouve pas les mots pour dire quoique ce soit après ces mots forts de la propre fille de notre ami disparu.

Je n’ai rien d’autre que ce poème poignant sur la mort.

 

Mohamed Hadj Aissa 

 

NB : la lettre que vous venez de lire est de la plume de la fille de notre ami , le regretté Dr.Ahmed Benhouache 


Cancer

 

Renaissance
De nouveau tu te présentes
Jardin juxtaposé, trouble de la sève
T’emparer du corps
Du cerveau au thorax tu veux scanner son esprit
Les larmes coulent sur le visage d’une femme
Elle sait
Elle connaît la vérité de la solitude
Elle respire la décadence
Imminente
Elle crie son amour
Tentacules méprisants s’entortillant autours des ganglions
Sans pitié tu convoites tout l’être
Il t’attend depuis toujours
Depuis le jour où tu es parti avec son odorat
Ne lui laissant plus absorber le parfum du monde
Rendant chaque jour immanquablement le dernier

Sybille Rembard,  2009

 

Lettre d'une fille à son père luttant contre la mort.

Publié dans DR.A.BENHAOUACHE

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Zouhir Mokhtari 08/10/2015 01:09

Chère Hasna ; ALLAH issabrak 3ala abiiik almarhoum sid Ahmed . essaies de changer son amour par l'amour de dieu car à lui on appartient et à lui on sera de retour . saches aussi que tant qu'il a laisser derrière lui une descendante comme toi il n'est pas mort car tu peux lire des versets de coran ou autres choses de bien et lui dédier ajrouha et sois sure qu il les recevra. crois moi Hasna je ne dois pas le dire mais en lisant ta lettre j'ai voulu te réconforter un peu ; c'est que depuis qu'il nous a quitté je n'ai jamais cesser un jour de lire des versets de coran et certaines da3aouet après salat el fedjr et les lui dédier en son nom personnel comme pour d'autres âmes chères Allah yarhamhoum. Fais comme moi et je suis sure qu'Allah te comblera de son amour .Ton père ne me connaissait pas très bien ; mais moi je le connais et j'ai bcp entendu du bien de lui . j'ai passé deux fois à son cabinet pour consultation . Courage et tiens bon Merci à si elhaj Mohamed de nous avoir rappeler certains gens qu'on aime et qu'on respecte

Dania 07/10/2015 15:51

Allah yarhamou et vous aide.

Une amie 07/10/2015 09:08

J'ai perdu mon père en 2007 pour des raisons de santé, il s’est battu courageusement contre un cancer.
Je m'imaginais assez forte et mûre pour faire face à ce deuil car je savais qu’il allait partir, que ce n’était qu’une question de temps ! Mais j'ai été très surprise de ressentir autant de peine, de souffrance alors que je faisais ma vie depuis bien longtemps. J'aurais aimé que le monde s'arrête, mais la vie continue. Tout vous pousse à avancer, la famille, les amis, le travail…etc. Il est souvent indécent dans le monde d'aujourd'hui de pleurer ses morts trop longtemps. On nous demande de vite passer à autre chose, de faire notre deuil rapidement. C'est totalement faux ! Le travail de deuil est très individuel, il n’atteint son terme que lorsque on peut rire, parler du disparu comme s’il était avec nous et sans sentir cette boule à l’estomac qui monte, ces pleurs qui coulent sans que nous puissions les arrêter, réapprendre à vivre sereinement, à évoluer, faire des projets, reprendre goût à la vie, tout en sachant que rien n’est plus comme avant.
Il n'y a sans doute pas de formule magique pour surmonter ce chagrin. Mais je pense qu’il est important d´exprimer ses émotions.
Bon courage ! Qu'Allah vous aide à surmonter cette épreuve.