SOUVENIRS DE JEUNESSE TEMOIGNAGE SUR L’IMPERFECTION HUMAINE MON AMI : OMAR 4 ème Partie : LA RÉSURRECTION ( 1 )

Publié le par LAGHOUATI

SOUVENIRS  DE  JEUNESSE  TEMOIGNAGE SUR L’IMPERFECTION HUMAINE  MON AMI : OMAR  4 ème Partie : LA RÉSURRECTION ( 1 )

 

SOUVENIRS  DE  JEUNESSE

TEMOIGNAGE SUR L’IMPERFECTION HUMAINE

MON AMI : OMAR

4 ème Partie : LA RESURRECTION ( 1 )

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En me faisant la genèse de leur drame, elle n’a pas cessé de pleurer.

-«  Les deux premières années de leur mariage ; ils avaient une vie à deux qui leur apportait de grands plaisirs. Ils avaient loué une minuscule maison dans leur quartier et y vivaient paisiblement, en parfaite harmonie.

La preuve, NOUR répétait toujours à ceux qui voulaient l’entendre : « Aimer et se marier avec une personne, c’est l’accepter telle quelle est, entièrement et inconditionnellement, avec ses défauts et ses qualités humaines. »

En disant cela, elle ne pouvait se douter que dans peu de temps, son mari allait devoir se battre tous les jours contre une maladie qui n’a pas encore de solution médicale : L’ALCOOLISME. Au début, l’alcool l’a poussé à faire deux tentatives de suicide ; mais ALLAH (AZZA WA JAL) l’a préservé et lui a cependant fait cadeau d’une belle petite bambine : AMAL. Aujourd’hui Médecin Psychiatre…Pour elle, il a décidé de continuer à lutter, car rien n’est plus précieux aux yeux des enfants que leurs parents.

Un début de carrière trop rude, des injustices commises à cause d’une jalousie maladive ; des problèmes familiaux inhérents à la santé de ses parents, surtout sa mère, de mauvaises fréquentations sporadiques ; ont tout fait basculer dans la vie d’OMAR.

Le mal-être n’a trouvé que l’ivresse comme remède, et la bouteille est devenue peu à peu l’indispensable compagnon de misère… Sa femme vit en silence ce calvaire ; s’en remettant à DIEU LE TOUT PUISSANT de cette descente aux enfers ». Je l’interrompis :

-« Tu viens de me dire que à cause de sa fille qu’il adore ; il a décidé de continuer à lutter. ALLAH AKBAR ! C’est un excellent présage ! Cela veut dire qu’il a ENVIE d’arrêter ; donc il possède une certaine motivation qui le pousse à réaliser cet objectif. A vrai

dire, ce n’est pas facile, mais c’est « jouable » ; sous réserve d’une prise en charge correcte dans un Centre Spécialisé. Maintenant dis-moi comment se comporte son entourage vis-à-vis de cette situation ? ».

-« Mme NOUR m’a révélé qu’il existe une lutte ouverte entre son entourage qui constate les faits et lui-même qui les refuse. Ceci a abouti à détériorer complètement la relation entre lui-même et son entourage. Il se sent persécuté par celui-ci, qui se sent à son tour dupé par lui, lequel se dérobe sans arrêt ; accumule les problèmes, nie sa maladie ; ou quand il est acculé la reconnait ; fait des promesses qu’il ne peut tenir du fait du MANQUE !

Il s’ensuit une agressivité mutuelle qui va produire de la violence et des rancunes réciproques ; qui vont s’ajouter à d’énormes problèmes familiaux, sociaux et professionnels…

Au bout d’un certain temps, l’entourage découragé, l’abandonna à son triste sort, et prit la fuite !! Du point de vue professionnel, il accumulait les fautes. On constata chez lui une baisse de rendement, à tel point qu’il ramenait souvent à la maison une pile de documents comptables à traiter ou à finaliser ; tache qu’il n’a pu réaliser en étant au bureau à cause d’une fatigue chronique physique et psychique.

C’était sa Femme qui veillait maintes fois jusqu’à une heure tardive de la nuit pour parachever le travail inachevé ; alors que lui, épuisé, dormait profondément d’un sommeil agité…Il faut ajouter à cela les absences répétées et injustifiées, les congés de maladie, etc.…

Présentement il se retrouve seul, sans aide, critiqué, repoussé, incompris ; acculé au fond d’un trou, d’un tunnel sans fin ; sans espoir. Il aurait bien aimé qu’on lui tende la main, qu’on lui donne le remède miracle pour le guérir de cette maladie ; au lieu de cela, il subissait toutes les insultes, les critiques, les reproches… Sa Femme craint maintenant pour sa vie, quand à son emploi, c’est secondaire dit-elle !! ».

-« Mille  MERCIS très chère sœur ! Je te renverrai l’ascenseur un jour ! Tu viens de mener à bien une action digne de la Bienheureuse MERE TERESA ! ».

Sur ce, nous déjeunâmes ensemble en compagnie de son mari qui venait de rentrer du boulot.

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NOTA BENE : PRECISION A L’INTENTION DE MES AMIS (ES) LECTEURS ET LECTRICES : Parvenu à ce stade du récit, je tiens à signaler que je ne juge personne ; je ne pense rien en particuliers. Chacun est responsable et fait ce qu’il pense être le mieux pour lui. Je ne suis ni censeur, ni juge, ni moraliste. J’avais un adulte qui était et est toujours mon ami en face de moi ; qui a ouvert une parenthèse dans sa vie. LA FERMERA-T-IL UN JOUR ?  Fin du N.B.

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Après avoir accompli la prière du DHOR, je choisis d’effectuer une dernière visite au chevet de mon pote, avant de reprendre le chemin du retour.

Quand je pénétrais dans la cour de la structure hospitalière, Mr. B. se tenait debout devant l’accès principal du département administratif. M’apercevant de loin, il m’annonça :

-«  Mr. Le Directeur est rentré. Si vous désirez le voir  il est dans son bureau ».

-«  Bonne nouvelle ! Je serais heureux de le saluer, depuis le temps qu’on ne s’est pas vus ! ». Arrivé devant la porte du bureau, je constatais qu’elle était ouverte et légèrement entrebâillée. Je frappais discrètement.

-«  Entrez Mr. Hadjoudja, c’est ouvert, je vous attendais ! ». Nous nous saluâmes et primes place sur des fauteuils pour visiteurs au milieu desquels trônait une petite table sur laquelle était disposé un service à thé prêt à la dégustation. Nous nous versâmes chacun un verre de thé à la menthe fraiche, gracieusement offert par l’administration.

-«  Si Kamel, on vous apporte des cacahuètes de SEBSEB ? Elles ont un gout suave particulier ! ».

-« Non Merci, SI M. Je viens de me remplir le bide de couscous ; si je rajoute à cela cette pinotte ; je vous laisse imaginer le mélange détonant que ça donnerait et l’effet explosif que cela pourrait engendrer ainsi que les dégâts collatéraux que cela risquerait de provoquer !! ».

Cette toquade déclencha chez lui un petit rire nerveux qui se terminât par une quinte de toux sèche caractéristique du gros fumeur.

-«  Vous avez raison, Si Kamel, prudence est mère de sureté, dit-on ! » ; conclut-t-il d’une voix rauque.

-«  Si M, qu’a décidé le Staff médical concernant le cas de mon ami OMAR ? ».

-«  Je crois qu’il a opté pour une deuxième cure de désintoxication à KOUBA. Ils sont débordés dans ce centre, et c’est très difficile d’obtenir un rendez-vous à brève échéance. Demain on va expédier un télex, en insistant sur la gravité de son état. J’espère que cela les incitera à nous fixer une date dans un délai raisonnable ! ».

-«  je tenterai de mon côté d’activer la procédure en mettant à contribution un Maitre-assistant de ma connaissance qui exerce dans ce centre. Voyez-vous, j’ai pressenti chez lui un désir ardent de lutter et d’essayer de s’en sortir, n’est-ce pas encourageant pour le pronostic futur ? ».

-« Oui, certainement, les médecins qui soignent les ADDICTIONS rappelaient toujours une évidence : pour cesser de boire, il faut en AVOIR ENVIE ! Le premier travail fondamental porte sur la motivation de la personne. On ne peut rien faire sans le patient lui-même ! .Au départ, cette motivation n’était pas évidente chez Mr. OMAR. C’est SA FEMME surtout, et sur sa demande, qu’il s’est retrouvé un jour chez nous à l’hôpital !! ».

-«  Est-ce que les médecins ont décelé chez lui ce DESIR d’arrêter, cette MOTIVATION nouvelle ? ».

-« Je crois que oui. D’après ce que je sais, ils sont en train d’évaluer son DESIR D’ARRETER, ensuite ils vont engager une THERAPIE MOTIVATIONNELLE pour le soumettre au traitement approprié qui sera adapté et poursuivi en CENTRE SPECIALISE durant la cure. A sa  sortie, il sera pris en charge en ambulatoire avec des consultations régulières. Si, malheureusement cela échoue ; il sera ré hospitalisé encore pendant 2 à 4 semaines… ».

-« Ce n’est pas très réjouissant tout cela. Il n’y’a pas de quoi être optimiste. C’est comme le chat qui court après sa queue ! ».

-«  le traitement médical seul ne peut venir à bout de ce fléau. L’entourage, la société, tous ont un rôle à jouer ; et il n’est pas des moindres ; surtout son entourage immédiat : sa femme, ses enfants, ses parents, etc.… ».

-« avant de repartir, je vais faire un crochet chez son père dans son magasin à Theniet el Makhzen ; histoire de tâter le terrain pour savoir ce qu’il pense de cette fatalité, et ce qu’il y’a lieu de faire… ».

-« HUM ! Oui, vas-y mollo avec lui. Fais attention à ce tu vas dire. On raconte que c’est un vieil homme difficile à manier, dur, maniaque, exigent et insensible. En résumé c’est un homme du passé ! ALLAH GHALEB ; nos grands-pères ont été éduqués et conditionnés ainsi ! ».

-« Merci pour le conseil ; personnellement je ne l’ai rencontré qu’une seule fois, c’est durant les noces de OMAR. Effectivement il m’a donné cette impression d’homme autoritaire, mais je ne pense pas qu’il soit de Bronze comme tu l’affirmes. En tous cas, je vais tenter d’en avoir le cœur net ! ».

Je me levais pour partir.

-« Je vais dire au revoir à mon ami. Prenez en soin s.v.p. il a besoin de se sentir soutenu et aidé pour faire face…de toutes les manières, je téléphonerais quotidiennement pour demander de ses nouvelles ! ».

-«  attends, je vais t’accompagner ! ».

Nous nous dirigeâmes vers la chambre d’OMAR. Je fus bien heureux de constater qu’il était dans un meilleur état que durant la matinée. Nous discutâmes un petit moment sur son état de santé, sur ses besoins ; je lui prodiguais des encouragements pour l’inciter à tenir bon et à ne penser qu’à sa guérison…il me serra longuement la main et me promit de faire des efforts pour venir à bout de sa maladie.

En m’en allant de l’hôpital vers T.E.M, je réfléchissais à la manière d’aborder le sujet avec le géniteur de mon copain.

J’atteignis enfin la boutique de AMMI KADDA, sans parvenir à trouver le « sésame ouvre-toi » miraculeux. Le magasin était désert, pas un seul client. LUI était assis derrière le comptoir, les sourcils froncés, l’air menaçant…Ce n’est peut-être pas ma journée aujourd’hui, me disais-je, mais advienne que pourra. Ma décision était prise, peu importe ce qu’il se passera par la suite. J’assumerais.

A DIEU VAT ! Je pénétrais d’un pas résolu dans le local.

-«  SALAM ALIKOUM AMMI KADDA ! », lançais-je d’un ton ferme. Il me toisa muettement de haut en bas un court instant, d’un air méfiant. On sentait qu’il y’avait de l’électricité dans l’air. Paradoxalement j’étais très calme.

-« vous avez vu ce qui est advenu de votre acolyte ? » ; commença-t-il d’un ton irascible ; sans daigner me rendre mon salut. (Est-ce une manœuvre de déstabilisation ?)…

-«  je constate surtout, répondis-je froidement, que vous ne l’aidez pas, vous ne lui êtes d’aucun secours. Il est seul, délaissé, repoussé, avec pour unique soutien sa femme désemparée qui ne sait à quel saint se vouer. Pourtant c’est VOTRE FILS, NON !! ».

-«  Tout ce qui arrive c’est de sa faute ! En se jetant dans la déchéance, il a déshonoré toute la famille, la sienne et la nôtre ! ».

-«  Qu’en savez-vous ? Est-ce que vous avez cherché à vous informer sur les raisons pour lesquelles il se trouve dans cet état ? Est-ce que vous avez essayé de lui parler ? Avez-vous parlé à sa femme ? Avez-vous tenté quelque chose pour le sortir de là ? ».

-«  Que pouvons-nous faire, sinon lui donner des conseils qu’il n’entend pas. Chaque fois ça finit en enguelade entre lui et nous ».

-« il n’a pas besoin de vos conseils pour l’instant. Ce qui est urgent, c’est d’établir entre vous un dialogue calme et serein qui peut faire basculer positivement les choses. La politique de l’autruche n’est jamais payante sur le long terme dans ce contexte. Rapprochez-vous de son médecin pour lui demander conseil. Tous ses proches, et en particuliers vous ses parents, devez lui apporter soutien et encouragement devant les difficultés passagères ; avant qu’il ne soit trop tard. Laissée à elle-même, l’Alcoolisme est une maladie fatale à 100%.

Ace stade, on ne parle plus d’une mauvaise habitude, mais d’une situation de VIE OU DE MORT !!! Le chemin vers la guérison est long et émaillé parfois de rechutes. De son coté, il doit produire d’intenses efforts de volonté pour changer ses anciennes habitudes. Il faut que vous en soyez conscients et pouvoir l’aider. L’ABSTINENCE TOTALE EST A CE PRIX ! ».

Je dois de dire qu’il a écouté ma diatribe jusqu’à la fin sans m’interrompre un seul instant. Il regardait le sol devant lui, tout en se grattant machinalement le dos de la main. Il demeura un long moment prostré, puis acquiesça en disant :

-« je vais discuter avec son épouse, sa mère, son oncle, son médecin comme vous dites ; pour décider de la marche à suivre pour l’assister ».

-«  MERCI AMMI KADDA, c’est votre devoir d’aider votre fils. Il veut s’en sortir, mais il ne le pourra pas tout seul. S’il réussit à se défaire de cette malédiction ; ce que nous souhaitons ardemment ; ce sera grâce à vous, sa famille…IN CHALLAH ! ».

-«  MERCI à vous aussi SI KAMEL de vous inquiéter pour lui ! ».

Sa voix traduisait une émotion profonde qu’il refusait de laisser transparaitre : Pleurer pour lui était presque une Honte ! Je me disais en moi-même : cet homme, qui, au fond, ne doit pas être si mauvais qu’on le prétend, est prêt à faire une guerre plutôt que de marcher avec sa femme dans la rue !! Sur ce, j’entamais le chemin du retour par la sortie EST de la ville de GHARDAIA.

Tout en conduisant, je sentais une colère sourde ; malgré les cures, les rendez-vous, ma fureur de ne pouvoir rien faire de plus ; d’être arrivé à mes limites, aux siennes et de lui en vouloir. Et qu’un jour on m’appelle en me disant qu’il est mort !!...Mort de cet alcool confit, rongé par lui, incapable de s’en défaire.

Mais malgré le fait que je broyais du noir ; mon intuition, cette « grande voix de l’inconnu » me susurrait à l’oreille, qu’il fallait garder son calme, espérer et rester toujours optimiste dans la foi en DIEU.

Quand j’atteignis LAGHOUAT, il faisait déjà nuit.

                   FIN DE LA 4ème  PARTIE (1)…..A SUIVRE.

POST-SCRIPTUM : A TOUS MES AMIS(ES) LECTEURS ET LECTRICES.

Une contrainte de santé imprévue m’a momentanément empêché de finaliser à bref délai la 4ème partie de ce témoignage ; m’interdisant d’utiliser le clavier à moyen terme, ce qui explique le retard mis pour clore ce chapitre.

Je m’en excuse auprès de vous et vous remercie de votre compréhension.     

 

SALUTATIONS CORDIALES. 

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Publié dans K.HADJOUDJA

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HADJOUDJA KAMEL 22/10/2015 23:20

BONSOIR CHEF! BONSOIR A TOUTE LA TRIBU!
Les êtres humains sont parfois comme les objets, ils peuvent se casser. Le réparateur de mon corps ( Médecin ), m'a interdit de bouger le bras gauche et pour ce faire de porter une écharpe. J'ai répondu, poliment bien sur, que pour les mouvements, je promets de les réduire au minimum, excepté pour mes contributions au BLOG; car dans le cas contraire, le BOSS est capable de m'envoyer au GOULAG pour désertion et incurie. En ce qui concerne l'écharpe, j'ai refusé pour des raisons de commodités. Nous nous sommes mis d'accord sur ce compromis.
Pour terminer, je voudrais adresser mes plus vifs remerciements à SI EL HADJ MHAL, à MME NOTRE AMIE, et à tous (tes ) les collaborateurs (trices ) adeptes du BLOG; pour leurs vœux de guérison. Bon, c'est l'heure de rejoindre la couette, BONNE NUIT A TOUS (TES) ET MERCI!

Dania 22/10/2015 23:15

Le respect, le soutien ... ce dont on a simplement besoin quelques fois!!
Je vous souhaite un bon rétablissement.

Une amie 22/10/2015 19:42

Vous avez une belle plume monsieur Hadjoudja. Encore un grand merci pour ce nouvel enchantement!
Bon rétablissement et bonne continuation.

MOHAMED HADJ AISSA 22/10/2015 11:43

Merveilleux récit ! Merci et Bravo Hadj Kamal ! Tu as fait montre d'une fidélité et d'un humanisme qui te grandissent à nos yeux et nous rendent fiers et heureux de compter parmi tes amis. Je te souhaite un prompt rétablissement pour tes petits bobos de santé.