Je pense à tous mes compagnons disparus...

Publié le par LAGHOUATI

Je pense à tous mes compagnons disparus...
Je pense à tous mes compagnons disparus...

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Il était midi passé et en ce 1er décembre 2014 , je me trouvais sur la route menant à Hassi-Messaoud .Le téléphone sonne , je ralentis , c’était MBG au bout du fil.

  • Que me veut mon ami MBG , me dis-je intérieurement , il a l’habitude de téléphoner de temps à autre pour se rassurer , pensais-je .
  • Alors vieux comment vas-tu ?
  • Bien…Bien….Et toi ?
  • Bien …Si ce n’est ….( et il s’arrête …) dis-moi d’abord où es-tu ?
  • Je suis à quelque 70 kms de Hassi-Messaoud
  • Dr.Larabi ( le frère de Ahmed Benhouache) vient de me téléphoner pour …..Pour …. Pour m’annoncer la nouvelle que tu dois deviner
  • Ce n’est pas la peine de continuer, j’ai compris ….J’ai compris ….

Oui j’avais compris que notre ami avait fini de souffrir , vaincu par une maladie qui a eu le dernier mot  en fin de compte .

Ahmed était courageux, il a lutté jusqu’au bout mais il a fini par comprendre qu’il y a des choses dans la vie contre qui on ne peut rien.

La nouvelle était tombée comme un couperet. Je suis resté impassible pendant un bon moment , incapable de réaliser encore que l’un de mes plus proches amis vient de nous fausser compagnie.

  • Ahmed , comment se fait-il que tu sois parti le jour même de mon départ de Laghouat ? J’aurais pu te faire mes adieux
  • Cela n’a pas d’importance  , je connais tes sentiments envers ma personne bien avant ce jour et puis qu’aurais-je pu faire , cela ne m’appartient pas , je n’ai aucun choix . Mon créateur et le tien m’a voulu  auprès de lui au jour et à l’instant qu’il a voulus.
  • Oui il n’y a aucun doute et c’est à lui de choisir pour nous  le jour et l’instant  où nous nous rencontrerons . Ainsi va la vie …Nous n’y pouvons rien…Absolument rien…

Nous avons perdu ces derniers temps des êtres très chers que nous avons aimés , ils étaient des compagnons de jeux , des camarades de classe ou d’école , des collègues de travail . Je pense à –

  • Mohamed Kradra ,
  • Youcef Bourzeg ,
  • Abdelkader Brahimi ,
  •  Kouider Benhorma

 qui ont partagé avec nous beaucoup de joie et collaboraient activement au blog qui nous a tous réunis après être longtemps séparés .

Je pense à eux tous comme je pense à ceux qui les ont précédés dans l’au-delà :

  • Saad Zenikhri ,
  • Mohamed Khenifer ben Khalifa,
  • Merzoug  Boussalah ,
  • Azzouz Mansouri  ben Tahar,
  •  Abdelkader Chettih ben Ahmida , Décédé dans les années 64-65 à Boufarik
  •  Mohamed Ledhem Ben Meftah,
  • Mohamed  Tadj Ben chaiba , décédé sur la route de Ouargla dans les années 63
  •  Sid Ahmed Bensalem Ben Madani ,
  •  Ahmed Benarous ben Hadj Mohamed ,
  •  Madani Keciba,
  • Mohamed Touhami ben Boudour
  • Amar Tadj benDoghmane
  • Mohamed Benadjila Ben Ali
  • Tahar Lagha, à la suite d’un accident de moto dans les années 60
  • Djelloul Sehairi ben Said
  • Abdallah Belmechri

Je lève mes mains au ciel , comme vous le ferez vous aussi, pour demander à notre Seigneur de les gratifier de son pardon et des délices de son paradis ….Amin

Pour terminer je vous dédie ce très beau poème de Vigny sur la Mort

Adieu mes Amis , comme de bon temps nous avons vécu ensemble !

Une âme devant Dieu

Alfred de Vigny

Dis-moi la main qui t’enlève,
Ô mon âme, et dans un rêve
Te montre la vérité !
D’où vient qu’un songe m’emporte
Jusques au seuil de la porte
Qu’entr’ouvre l’Éternité
C’est ici que l’homme arrive ;
Oui, je reconnais la rive
Jusqu’où le rocher dérive
Roulé dans le flot des temps ;
J’entre dans le port de l’âme :
Je vais m’asseoir dans la flamme ;
La place que j’y réclame
Est vide depuis longtemps.

Dieu, je te vois ! Comment pénétrer dans ta gloire ?
Détourne mes regards, ne m’anéantis pas ;
Je sens mon front brisé par ton char de victoire :
Dans cet air lumineux qui soutiendra mes pas ?

Je vois tout l’univers rajeuni par la tombe
Des êtres infinis que je ne puis compter
O mon Dieu, je succombe,
Laisse-moi m’arrêter.
Je m’arrête pour me plaindre
De ce monde d’où je sors ;
Toujours espérer et craindre ;
Et moi je pleurais les morts !
Ne savais-je pas encore
Quel esprit devait éclore
De cette éternelle aurore
Qui vit l’Éternel créant ?
Qu’avec toi l’âme ravie
Pour jamais est assouvie
Que dans la Mort est la Vie,
Que la Vie est le Néant ?

Je le savais dès l’enfance,
Je le disais dans mes nuits ;
Et l’espoir de ta présence
Calme seul tous mes ennuis.
Cependant j’aimais la vie
Comme un marin ses dangers,
Comme l’Esquimau n’envie
Nul des soleils étrangers ;
Comme un Chartreux aime l’ombre,
Aime sa cellule sombre
Et, libre, y revient toujours ;
Comme un lévrier fidèle
Caresse la main cruelle
Qui le frappe tous les jours.

Aujourd’hui je sais tout, je te vois, et j’embrasse
L’avenir qui n’est pas, le passé qui n’est plus,
Les temps qui doivent naître et les temps révolus.

Je conçois l’espace,
L’univers s’efface
Et devant ta face
Tout s’unit en toi.
Je vois tout s’y peindre,
Je vois, sans les plaindre,
Les mondes s’éteindre
Et fuir devant moi.

Je puiserai ma force en ta force suprême,
J’ose marcher vers toi, j’ose lever les yeux.
Un seul de tes regards me révèle à moi-même :
Je m’étais échappé de ton sein radieux,

Perdu comme l’étincelle
Qui, dans les nuits de l’été,
Blanche et légère parcelle
D’une immortelle clarté,
Quitte le chœur des étoiles,
Des vapeurs perce les voiles,
Et tombe sur les roseaux
Et s’éteint au fond des eaux.

Laisse-moi pour un jour retourner sur la terre :
Là, sur mon marbre noir, sous ma croix solitaire,
J’irai m’asseoir en souriant ;
Dire : « Je vis toujours » à ceux qui me regrettent,
Qui, posant leurs genoux sur les fleurs qu’ils y jettent,
Viennent me pleurer en priant.

Alfred de Vigny

 

Je pense à tous mes compagnons disparus...
Je pense à tous mes compagnons disparus...

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Omar Marfoua 29/11/2015 18:06

Merci Si Mohamed pour le rappel
J ai eu l honneur de les connaitre ( tous presque)
Merzoug, Khnifer, Abdallah , Tahar Dadi, les 2 Ahmed, Jelloul ....)
Je me join a vousen levant mes mains et qu'Allah Yarhmhou

Jazak Allah pour le rappel. Merci