LE PATRIMOINE IMMATÉRIEL EN ALGÉRIE: UN INÉPUISABLE GISEMENT CIVILISATEUR EN DÉSHÉRENCE Par Mohamed Seddik LAMARA

Publié le par LAGHOUATI

LE PATRIMOINE IMMATÉRIEL EN ALGÉRIE: UN INÉPUISABLE GISEMENT CIVILISATEUR EN DÉSHÉRENCE

Par Mohamed Seddik LAMARA

Voici la réflexion formulée par un ami ethnographe, en l'occurrence, Rabah Mosbah, que j'ai eu le bonheur de rencontrer au Sénégal au milieu des années deux mille:

"On qualifie en Europe de folklore tout héritage culturel ou pratique marquée par le sceau du passé. Or, la transmission des valeurs ancestrales est aujourd'hui brouillée par les Armes de Divertissements Massives marquées par le consumérisme hi-tech. Nous, les africains, continuons à singer à tout prix l'Européen ou qui cherche, lui-même, à suivre encore le Nord-américain dans sa fuite en avant. Nous devons donc valoriser plus que tout notre patrimoine millénariste. Les musées européens ne sont-ils pas des lieux d'arts, de culture et d'histoire que le monde vient visiter en découvrant, ci et là, des trésors dont certains pillés chez les peuples vaincus. D'aucuns pourraient dire qu'ils sont malgré tout valorisés et sauvegardés, mais ils profitent à une industrie touristique qui génère des milliards de dollars de bénéfices et qui talonne de près le marché des matières premières. Alors pourquoi est-il si difficile de faire comme les Occidentaux avec l'industrie patrimoniale quand nous cherchons à devenir comme eux ? Et si "la culture est tout ce qui nous reste quand on a tout perdu", je parle ici du mirage de la manne des énergies fossiles, il est temps de dépasser ce paradoxe en réfléchissant à comment intéresser le peuple à ce qui a fait ce que nous sommes."

 

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