Toi parti, Tahar, rien ne sera plus comme avant...

Publié le par LAGHOUATI

Les yeux..


Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux,
Des yeux sans nombre ont vu l’aurore ;
Ils dorment au fond des tombeaux
Et le soleil se lève encore.
Les nuits plus douces que les jours
Ont enchanté des yeux sans nombre ;
Les étoiles brillent toujours
Et les yeux se sont remplis d’ombre. Oh ! qu’ils aient perdu le regard,
Non, non, cela n’est pas possible !
Ils se sont tournés quelque part
Vers ce qu’on nomme l’invisible ;Et comme les astres penchants,
Nous quittent, mais au ciel demeurent,
Les prunelles ont leurs couchants,
Mais il n’est pas vrai qu’elles meurent :Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux,
Ouverts à quelque immense aurore,
De l’autre côté des tombeaux
Les yeux qu’on ferme voient encore.


Par Sully Prudhomme

Très beau poème sur la mort de Sully Prudhomme que je partage avec les lecteurs du blog qui sont tristes à la suite de la disparition de notre cher Hadj Tahar Djoubar qui a été enseveli , ce soir, dans les entrailles de la terre de son Laghouat natal  qu’il aimait au dessus de tout .

Tu es revenu à Laghouat , Tahar mais pas de la manière que nous aurions voulue . Nous aurions tellement désiré te voir comme à chaque fois que tu retournais à Laghouat : plein de vie , énergique , volant d’un endroit à l’autre pour remettre médicaments et autres objets ramenés de ton voyage pour ceux qui t’avaient sollicité . Tu refusais d’être remboursé lorsqu’il s’agissait de médicaments , pour les autres tu demandais juste le montant de l’achat sans aucun supplément.

Tu venais, à chaque fois que je te rencontrais , me demander si j’avais besoin de quelque chose que tu pourrais me ramener et tu insistais . Ma réponse était : Ne te soucies pas Tahar , je n’ai besoin de rien mais si jamais je changeais d’idée , je sais où te trouver .

Tu es parti sans espoir de retour , Laghouat est triste . Qui d’autre que toi s’inquiéterait de la situation des malades sans ressources, des pauvres et des démunis, des amis de longue date à qui tu vouais tout ton amour et toute ton amitié ? Qui…Qui….et Qui…. ? Personne ! Toi parti , rien ne sera plus comme avant ….

Triste est Laghouat ce soir …Elle connaissait assez souvent la tristesse et le désespoir ces derniers temps  mais lorsqu’elle sait que tu es revenu elle se tranquillise sur ses malades , sur ses pauvres , sur ses malheureux qui retrouvent le temps de ta visite le sourire et l’apaisement .

Laghouat d’habitude si morose , renait à la vie lors de ton retour .

Laghouat si triste d’habitude devient soudain joyeuse , contaminée par ta joie de vivre , tes mots gentils que tu sèmes à tout vent à travers les rues et les places de la ville…

Laghouat est bien triste ce soir …

 

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Babaghayou Abdallah B. Messaoud 13/03/2016 19:01

Merci Si el hadj pour ce bel hommage. Je vous transmet un commentaire que j'ai écrit tout à l'heure à notre ami Omar Marfoua quand, tout ému qu'il était, publiait une photo de l'enterrement de Hadj Tahar Djoubar .

Tu sais Omar , il y a eu beaucoup de compassion à l’enterrement , un moment très fort pour moi quand j'ai parlé avec Aissa le Fils de feu Tahar Allah yarehmou et surtout au moment où il me disait que la veille de son coma il n'a pas cessé de citer les noms de ses amis, Puisse Allah le miséricordieux le récompenser de sa perpétuelle présence auprès des malades et son soutien aux démunis parmi eux et l’accueillir dans son vaste paradis inchallah .

lamara 13/03/2016 18:54

Sans pour autant prétendre le connaître, quelque chose me dit que cet homme s'il est si bien aimé par les hommes, il doit, immanquablement, être chéri de Dieu. Je sais mon cher MHAL, tes propos à l'endroit de distingués disparus n'ont jamais été empreints d'aucune sorte d'ambivalence. Ils sont l'expression du cœur, sans fioritures émotionnelles, le reflet de ce culte secret qui sait rendre l'hommage du aux hommes d'exception. Non l'exception que pourrait inspirer le rang dans la factice hiérarchie sociale ou le degré de bien être généré par l'accumulation des oiseuses richesses matérielles, mais plutôt cette exception que seule Dieu le Tout Puissant sait donner aux être proches de lui et qui, à l'exemple de ses prophètes et élus, aime se hâter à les faire rejoindre son apaisant royaume. Ton oraison à la mémoire de si Hadj Tahar Djoubar, me rappelle celle que tu avais rendu au docteur H'Med Benhaouach, Allah yarhamhoum. L'un comme l'autre, et comme si je les vais toujours connus, ont réveillé en moi cette corde sensible qui ne vibre que pour les hommes justes magnifiés par des hommes justes. Notre prophète (SAWS" a dit: "il est des hommes si proches de Dieu quand ils l'invoquent, il ne les déçoit jamais." Nous éspérons être de ceux-là, amiiiiiiin.