Laghouat, tumultes de l’histoire- ( source: Horizon-sud)

Publié le par LAGHOUATI

Laghouat, tumultes de l’histoire

 

C’est une histoire bien tumultueuse que celle de Laghouat. D’abord les monarques qui s’y sont succédé ont tous voulu imposer leur diktat à la ville qui résista vaillamment. A un certain sultan du royaume chérifien du nom de Moulay Abdelmalek qui en 1708, voulut imposer un impôt et dut plier bagages devant la résistance des habitants.

Puis vint le tour du bey du Titteri de rebrousser chemin après la cinglante défaite qu’il avait subie quelques décennies plus tard, parce qu’il voulut assiéger la ville.

Auparavant, Laghouat passe sous la domination des Ottomans et ce sera au tour d’un autre bey, celui d’Oran de mener une expédition punitive parce que les habitants refusaient toujours de payer l’impôt annuel. Cependant ce sera juste après l’invasion française que Laghouat opposera une résistance  farouche menée par un certain Moussa Ibn Hassan el Misri, natif d’Egypte et qui déclarera la guerre à l’occupant jusqu’à sa mort en 1848. Quatre ans plus tard, l’armée coloniale forte de 6000 hommes mettra quinze jours à assiéger la ville après avoir exterminé ses habitants, massacrant sans distinction femmes et enfants et on a compté jusqu’à 2300 victimes, ce qui est énorme pour l’époque.

Un siècle plus tard le ministre Soustelle rattachera Laghouat à Ouargla alors préfecture des Oasis, en signe de représailles pour l’accueil hostile qui lui fut réservé.

Sur la date exacte de sa fondation, les historiens demeurent imprécis et nul ne connait réellement la date de naissance de Laghouat dont on sait cependant qu’elle a existé à l’époque comme l’attestent les nombreuses  gravures rupestres qui jalonnent tout le territoire.

C’est au 10ème siècle que la tribu des Béni Hillal s’y installera et lui donnera le nom de Laghouat qui signifie «Oasis», et «maisons entourées de jardins».

Même si les historiens situent la création de la ville au 18ème siècle, Ibn Khaldoun -qui fut aussi un voyageur infatigable- parle déjà au 15ème siècle de l’existence d’un Ksar entouré d’un mur en lieu et place de Laghouat, où vivait une branche des Maghraouas.

Mais Laghouat est surtout un véritable musée à ciel ouvert et les archéologues attestent de pièces préhistoriques qui remontent à 7000 ans ainsi que des gravures rupestres inestimables.

De très anciens villages berbères en ruines sont complètement délaissés. Les experts ont compté 13 ksour abritant des vestiges datant de l’ère préhistorique. Pour dire les immenses potentialités touristiques de la région. Ceci pour le tourisme classique. Parce qu’il existe un autre tourisme, spirituel celui-là, (ou tourisme cultuel) spécifique de Laghouat qui abrite la zaouia Tidjania sise à Aïn Madhi. La ville elle-même est très agréable à visiter et l’on passe allègrement de la modernité avec ses avenues spacieuses qui partent telles de longs tentacules des ronds-points fleuris, aux anciens temps dans les vieux quartiers qui ceinturent la cité. Ici on appelle « zgag» les longues et vieilles rues qui portent le nom des activités qui s’y déroulent.

Ainsi hormis zgag el hadjadj (rue des pèlerins) qui est à Laghouat ce que la Casbah est à Alger, le reste se décline en zgag lihoud (rue des juifs), zgag echarraka (la rue des tanneurs) ou encore zgag sabâa (le rue des sept morts) quoique d’autres lui attribuent la traduction des «sept dormants» évoqués dans le Coran (Sourate El Qahf). La plus importante est Zgag el hadjadj qui voit affluer les nombreux pèlerins qui gravissent la colline pour aller se recueillir sur la tombe du saint de la ville, Abdelkader El Djilani. C’est ce qui reste des traditions ancestrales de Laghouat que de vieux patriciens tentent se sauvegarder vaille que vaille, désarmés qu’ils sont devant la disparition de cette «identité» de la cité.

                                     On détruit bien…les portes

Comme ces fameuses sept portes dont il ne reste que trois, Bab edzaïr (la porte d’Alger) dont les habitants racontent qu’elle fut détruite pour fournir ses pierres de taille à la villa d’un haut responsable. Bab el oued et Bab errabt (la porte de l’union (ou la jonction)...La nuit tombe et la ville commence à s’illuminer. Nous avons rendez-vous avec Ramdane, un authentique Laghouati, féru de belles lettres. Il nous attend dans un véritable havre culturel, une librairie appelée «Le palais du livre» et qui continue de vendre de la littérature malgré l’intrusion des réseaux, de la toile internet et la télé par satellite. Nous y dégotons une vieille édition de la poésie de Rimbaud, laissé par quelque voyageur ou aventurier contaminé par l’errance du poète. Il a dû certainement se régaler du baghrir au miel et beurre fondu. Comme nous.

  La zaouia Tidjania

Située à 70 km du chef-lieu de wilaya, la zaouïa Tidjania de Ain Madhi attire de très nombreux visiteurs venus du monde entier. Fondée  par Si Ahmed Tidjani né en 1735 à Aïn Madhi, la zaouia est devenue avec le temps un centre de rayonnement spirituel et cultuel qui a même ses annexes à Oued Souf, Adrar et Ouargla.

Devant l’afflux sans cesse croissant des visiteurs, il a été décidé de la construction d’un hôtel de la capacité de 75 lits ainsi que d’autres infrastructures d’accueil dont entre autres une salle de conférences de 1500 places. D’autant plus que la région regorge de  trésors archéologiques et préhistoriques qui en fait aussi une destination privilégiée. Mais contrairement au tourisme spirituel qui n’a pas besoin de marketing, l’autre, le tourisme archéologique est encore au stade embryonnaire et il n’y a, nous dit-on, que quelques rares initiés et universitaires qui viennent à Aïn Madhi.

Chez l’habitant on y mange un délicieux couscous sucré arrosé de l’ben. Ici on l’appelle Sfouf et il est très prisé pendant le mois de ramadan.

A. Aliouat

 Source  Horizon-Sud 

Monsieur Aliouat ignore que le saint patron de la ville est sidi El Hadj Aissa et non pas sidi Abdelkader qui n'abrite aucun mausolée . Il n'a meme pas cité sidi Hadj-Aissa ne serait-ce que de nom . 

Le plat du pays c'est le couscous en sauce et non pas le Sfouf avec du petit-lait;

La naissance de Laghouat ne fait aucun doute chez les historiens , l'auteur de l'article se pose encore des questions ,

Et enfin , quelle est cette histoire des "sept dormants"de sorat el kahf ? C'est de la fabulation dont je n'ai jamais entendu parler .

Monsieur Aliouat devrait revoir sa copie...

 

Mohamed Hadj Aissa

 

Publié dans HISTOIRE DE LAGHOUAT

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