LES VIOLEURS DE CONSCIENCE SONT ENCORE PARMI NOUS: L'HISTOIRE NE SAURAIT S'ÉCRIRE A SENS UNIQUE-Par Mohamed-Seddik LAMARA-

Publié le par LAGHOUATI

LES VIOLEURS DE CONSCIENCE SONT ENCORE PARMI NOUS:

L'HISTOIRE NE SAURAIT S'ÉCRIRE A SENS UNIQUE
(Rappel d'une triste anecdote)

Par Mohamed-Seddik LAMARA

La réplique mesurée, civilisée et on ne peut plus persuasive de mon ami et frère Mohamed Hadj Aïssa (MHAL) à ses détracteurs au motif que ses remarques autour du récent conclave consacré à la résistance de la population de Laghouat à la conquête coloniale, aient été qualifiées, par quelque gardien du temple de l’unanimisme suranné, d’agressives, m’incite à faire « mousser » le commentaire que j’ai posté hier sur le blog. Les allégations enrobées de récriminations disproportionnées auxquelles a eu droit le « timonier » de notre forum, loin de le rabaisser ont, au contraire, hissé encore plus haut notre considération à son égard.
En effet, fort de sa vaste culture dans les sciences sociales et de l’éthique que procurent celles-ci, pour s’aménager une distanciation constante vis-à-vis des approches à développer autour de thèmes historiques sensibles - puisque de dimension universelle - à l’exemple de celui mis en débat sur le glorieux passé de Nacer Benchohra, Mohamed Hadj Aïssa a, avec justesse, évité les chemins tortueux pour emprunter ceux, directs, exigeant un effort transcendantal. En effet, le corporatisme, l’exclusivisme et la quête immodérée d’un raisonnement légitimant la suprématie du discours unilatéral, autant dire, légitimant la négation du débat et des contradictions qui l’enrichissent, ne produisent que verbiages lénifiants et attitudes guindées, empesées et stériles si chers aux adeptes de Jdanof. Loin de moi toute velléité à susciter une fâcheuse polémique ; la mesure et la pondération constituent, indéniablement, des vecteurs d’approches idéales, inclusives et civilisées. Il ne peut, en effet, y avoir de prééminence d’une démarche investigatrice sur une autre. L’histoire moderne doit, justement son efficacité et son efficience, à son ouverture sur toutes les autres disciplines – Scientifiques et sociales - à sa capacité à engranger tous les témoignages, fussent-ils émis par l’ancien ennemi et enfin, à manager les mises en cause qu’elle pourrait subir. L’histoire ne saurait être une galerie de « glorioles » parquées dans de sombres musées et, encore moins un réceptacle de fantasmes narcissiques et volatils. L’histoire ne peut être une chasse gardée d’une région ou d’un pays. Son appartenance est universelle. Elle constitue une source de questionnements renouvelés sur les heurs et les malheurs de l’humanité et un miroir pour le devenir apaisé de celle-ci. En visionnant la vidéo de la châine « Iqra » consacrée à la légendaire résistance de la population de Laghouat, j’ai été envahi par un ineffable sentiment de fierté. Fierté de voir l’émérite historien Mohamed Moussa Echarif, rendre un hommage appuyé et bien documenté à cette grande épopée. Malheureusement les violeurs de conscience d’hier sont encore parmi nous. Ils ont tendance à essaimer en ces temps où le reniement et la soumission ont valeurs de vertus.
Pour terminer j’ose rapporter à nos amis du blog une histoire véridique à laquelle j’ai assisté, personnellement, à Laghouat au milieu des années quatre vingt. C’était l’époque du populisme anesthésiant où les « porteurs de chloroforme » étaient légion pour veiller au « formatage » des citoyens. La longue randonnée de l’équipe de la télévision nationale consacrée à la fameuse série « qafilat el janoub » (la caravane du sud) dont l’audimat, avait dépassé toute espérance, prit fin, au printemps, à Laghouat. Je me devais de couvrir, copieusement, cet événement s’achevant par de sublimes prises de vue sur Laghouat et son patrimoine historique.

Le réalisateur de cette émission dont je ne me rappelle plus le nom, était si subjugué par la variété, la profondeur et la richesse d’un tel patrimoine qu’il sollicitât, auprès de ses supérieurs, une prolongation de son séjour afin, justement, de s’appesantir sur l’épopée de la ville et le long combat de Nacer Benchohra. Cette halte était, également, une occasion rêvée, pour moi et les férus d’art et d’histoire, à l’exemple de Hadj Kaddour Mohamed (il peut en témoigner), pour susciter, autour d’elle, un débat convivial. Décision avait alors - sous la fructueuse insistance de Hadj Kaddour - été prise, avec l’assentiment du brave Chachou DG de la DNC, Allah yarhmou, d’organiser au fort Bouscarène un déjeuner en l’honneur de l’équipe de l’ex RTA. Un enseignant palestinien fut chargé de la tache de nous préparer une succulente « maklouba » (plat de riz au four agrémenté de viande d’agneau, de volailles et de lapins et auquel a été adjoint quantité de terfas dont la récolte a été prolifique en ce printemps). A l’issue de ce copieux repas, Hadj Kaddour annonça, cérémonieusement, l’ouverture du débat autour de la série « qafilat el janoub ». Mal lui en a prit, puisqu’il fut, au grand dam des convives médusés, arrêté net par un « invité » de « marque » - beaucoup plus infatué de son rôle de gardien de la culture aseptisée qu’honoré par ses entreprenants hôtes - qui lui asséna sur un ton péremptoire : « ce débat ne peut avoir lieu en dehors des structures du parti ; vous êtes tenus de vous rapprocher de la mouhafadha pour en avoir l’autorisation.» Point barre, la cause était déjà entendue. La « maklouba » a failli retourner les viscères de plus d’un convive. Je voulais intervenir pour dénoncer une si insupportable incivilité. Hadj Kaddour, en bon diplomate, m’en dissuada. « L’invité de marque », un rabat joie, un coupe chiqu hors pair, n’était autre que le membre de la mouhafadha FLN de Laghouat, chargé des affaires sociales et culturelles. Hélas, le FLN, qui devait être « désactivé » à l’indépendance du pays pour laisser place au multipartisme, a été transformé en une redoutable machine du reniement et de la prépondérance de la démagogie sur le réalisme, du populisme sur le discernement, de l’encanaillement sur l’éthique, de l’arrivisme sur la conviction, du « larbinisme » sur l’honneur.

 

Publié dans Med Seddik LAMARA

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HADJOUDJA KAMEL 23/06/2016 16:34

" Le premier FLN était un front qui a su réaliser l'unité nationale, qui a su la consolider par le sang de nos martyrs. Il a mobilisé notre peuple dans sa totalité pour arracher notre indépendance.
Le second FLN ( après 1962 ) est un parti sans âme; il devint un organisme sans tète. Le rendez-vous des "bras cassés" et des "laisses-pour-compte". BEN BELLA disait déjà que le FLN était constitué " D'AUTHENTIQUES CANAILLES". FERHAT ABBAS.

HADJOUDJA KAMEL 23/06/2016 15:16

" Quand on bâillonne trop de rêves, quand on rentre trop de larmes, quand on ajoute bois sur bois sur le bûcher, à la fin, il suffit du bout de bois d'un esclave pour faire dans le ciel de DIEU et dans les CŒURS des hommes, le plus gigantesque incendie!" . MOULOUD MAMMERI.