Lettre adressée par notre ami D.Soukehal au Ministre des Moudjahidine

Publié le par LAGHOUATI

Soukehal Djamal Abdenasser                                                      Djelfa le  03/05/2016

Logements de fonction

HCDS

BP  381 Djelfa 17000        

                                                                     

À

                                    

Monsieur le Ministre des Moudjahidines

 

 

 

OBJET _____/ A/S Dénomination d’édifice, rue et mosquée d'El Safah

Réf_______/ - Loi n° 99-07 du 05/04/1999 relative au moudjahid et au chahid

-      Décret présidentiel n° 14-01 du 05/01/2014 fixant les modalités de baptisation ou de débaptisation des institutions, lieux et édifices publics

Mes envois (sans aboutissement et sans réaction de l'administration) :

 

-      À Monsieur le Ministre des Moudjahidines en date du 26 Décembre 2014

-      À Monsieur le Wali de la Wilaya de Laghouat en date du 26/02/2014

-      À Messieurs le Directeur des Moudjahidines, le Directeur des Affaires Religieuses, de la Wilaya de Laghouat,  le Président de l'APC de la Commune de Laghouat et le Secrétaire de l'ONM de la Wilaya de Laghouat en date du 26/02/2014.

Votre envoi :

 

-      N° 10 du 06 Janvier 2014

 

Pièces jointes (à titre de rappel):

 

·         Notification de Décision N° 071 du 15/05/1968 concernant mon feu père Molinari Ahmed fils de Hachani

·         Décrets du 30/01/1969 portant changement de noms

·         Extrait du registre des membres de l'ALN et de L'OCFLN concernant ma Cousine Molinari Oum El Kheir

·         Extrait du registre des membres de l'ALN et de L'OCFLN concernant mon feu Père Soukehal Ahmed fils de Hachani

·         Réponse N° 444 du 21/10/2012 du Ministère de la justice

·         Extrait des minutes du greffe du tribunal civil de première instance de l'arrondissement judiciaire de Blida département d'Alger Algérie République française du 11/05/1949

·         Dénomination de la rue au nom de la martyre Molinari Oum El Kheir (Bab el Oued)

 

          Monsieur le Ministre,

 

          J’ai l’honneur de venir très respectueusement porter à votre connaissance que j'avais sollicité votre haute bienveillance, le 26 Décembre 2014 pour une reconnaissance des sacrifices d'une famille oubliée par une dénomination d’édifice, rue et mosquée d’El Safah à Laghouat ville, aux noms de ses valeureux fille et fils tombés au champ d'honneur.

 

         

          La famille Molinari n’a pas été honorée comme il se doit par la ville de Laghouat, au vu du passé nationaliste et révolutionnaire des membres de cette prestigieuse famille. Elle est frappée d'ostracisme depuis plus d'une cinquantaine d'années.

         

          Aucun édifice, ni rue, ni mosquée à Laghouat ne portent le nom de cette prestigieuse famille de martyrs et de Moudjahids.

 

          Et pourtant,

 

          Mon arrière-arrière grand-père Monsieur Giacomo Molinari dit Ahmed venu de son Italie natale (plus précisément du Nord d'Italie) s'est converti à l'Islam et a participé à la construction de la mosquée d'El Safah qui fait le bonheur de la population Laghouatie (Hommage rendu par l'ENTV à mon arrière-arrière grand-père site = https://www.youtube.com/watch?v=mdHSZdDtgz0

فلم وثائقي عن المسجد الكبير الصفاح الأغواط _الجزائر _على ...

www.youtube.com


)

 

          Giacomo Molinari d'Ahmed a épousé une fière Laghouatie qui avait échappé par miracle à l'holocauste du 04 décembre 1852.

 

Ce qui l'avait poussé à le faire…..c'était ce je-ne-sais-quoi qui différenciait la population Laghouatie de l'époque des autres villes qu'il avait traversées, ….À l'époque, il faut le rappeler et le répéter sans cesse, la ville de Laghouat meurtrie par la Shoah ou holocauste avait vu sa population, un certain 04 Décembre 1852, exterminée au 3/4 par les hordes barbares coloniales.

 

Ce qui restait de la population tentait tant bien que mal de panser leurs blessures ….de revenir à la vie ….Les jeunes qui ont échappé à l'holocauste avaient rejoint Bennacer Benchohra dans son combat qui va durer plus d'un quart de siècle …..

 

Fait remarquable de cette épopée, de ce long combat ….Il n'avait jamais abdiqué….seule la traîtrise et la mort ont eu raison de ce combattant hors pair….

 

L'accueil, l'hospitalité, le courage, la bravoure, l'Islam que pratiquait la population Laghouatie. L'honneur, le travail, la simplicité, l'amour que portait cette population à son prochain.

 

L'entraide, la touiza, l'absence d'hypocrisie dans leur relation, la tolérance …..ont fait que notre Giacomo a aimé cette population …a aimé cette religion ….

 

Dans l'ouvrage rédigé suite aux documents recueillis par les soins de M. le lieutenant-colonel Daumas Directeur central des affaires arabes à Alger et publié avec l’autorisation de : le maréchal, duc de Dalmatie président du conseil, ministre de la guerre, il est écrit et dit que '' Les habitants d’El Ar’ouat : ont la réputation d’être bons, humains et hospitaliers. Si quelqu’un se réfugie chez eux, disent les Arabes, ils mourraient plutôt que de le livrer ''…

 

Peut-être que est-ce une raison, parmi tant d'autres…...

 

          Comme vous le savez, la ville de Laghouat (la ville martyre aux deux cimetières) a connu le 04 Décembre 1852 le premier holocauste de l'histoire des temps modernes (cf. Discours de son excellence le président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika à l’occasion de l’ouverture de l’année universitaire 2011-2012 à l’Université Amar Thlidji de Laghouat (Traduction APS) : Mesdames, messieurs. Je suis heureux de célébrer avec vous l’inauguration de la nouvelle année universitaire à l’Université Amar Thlidji de cette ville séculaire. La région de Laghouat a de tout temps constitué un rempart imprenable contre l’occupation française et n’a plié qu’au terme de nombreuses attaques au cours desquelles la moitié de sa population a été exterminée. Le combat a duré sous le commandement du Moudjahid Bennacer Benchahra plus d’un quart de siècle. Cette région a été, durant la glorieuse guerre de libération, un des hauts lieux de la résistance, les maquis d’El Qaada témoignent encore de la grande bataille des Chouabir en octobre 1956. L’histoire de Laghouat restera scellée par ses hauts faits et son intelligentsia).

 

          Les grands parents maternels de mon feu père, les Soukehal fondateurs de la ville de Laghouat, ont été des victimes de l'holocauste du 04/12/1852.

 

          Cette famille a été en grande partie décimée en 1852. Ceux qui ont échappé par miracle au génocide ne sont pas nombreux.

 

          Je suis un Algérien d'origine Italienne (décret du 30/01/1969 portant changement de nom), je pourrais être aussi Français si je fais référence à l'extrait des minutes du greffe du tribunal civil de première instance de l'arrondissement judiciaire de Blida département d'Alger Algérie république française du 11/05/1949 (...dire que toutes les parties en cause, issues d'un sujet italien mais nés sur le sol français, sont citoyens français et non des indigènes musulmans).

 

          Je souhaitais dans ma correspondance du 26 Décembre 2014, à l'instar d'Audin, des amis de l'Algérie qui ont été honorés et pour l'histoire que notre famille qui a choisi l'Algérie, ait cette reconnaissance de l'Algérie et de la ville qui l'avait adoptée. 

 

          Mon feu père ancien Moudjahid que vous aviez honoré de son vivant (je vous suis entièrement reconnaissant), avait choisi l'Algérie, il est apparenté à Molinari Oum el Kheir héroïne et Martyre de la révolution et dont son nom orne une rue de Bab el Oued à Alger.

 

          La progéniture de Giacomo Molinari a eu l'honneur de se sacrifier pour l'Algérie je citerai : Molinari Oum El Kheir tombée au champ d'honneur en 1959, son frère Smain tué par l'OAS, mon cousin Bouakaz Mohamed Ben Attia tombé au champ d'honneur (sa mère est ma tante paternelle Molinari Bent Rabah), mon feu père Ancien Moudjahid.

 

          De par les alliances, je suis apparenté à de grandes familles de révolutionnaires et de martyrs de la glorieuse révolution 1954-1962, je citerai les Baghdadi de Laghouat, les Bouafia d'El Bayadh, les Mazouni de Saida, les Benbrahim de Ain Zaatout, les Abdessalem de Tkout, les Molinari de Laghouat, Alger, Ouargla et Blida.

 

          J'avais émis le vœu tout en faisant référence aux dispositions de la constitution algérienne de voir :

 

·         la Mosquée d'El Safah baptisée au nom de Molinari Giacomo dit Ahmed.

·         une rue à Laghouat baptisée au nom du martyre Molinari Oum El Kheir

          Ma déception est grande, deux années sont passées depuis mon souhait ou plutôt 54 années sans réponse des institutions concernées.

 

          Devant l'ingratitude manifeste de ses institutions, je me pose des questions :

 

          Si la famille Molinari était de confession autre que musulmane….

 

          Si la famille Molinari appartenait aux tribus et fractions de la région …..

 

          Pourtant les dispositions de la constitution algérienne sont on ne peut plus claires :

 

          Article 10: Les institutions s’interdisent :

                              . les pratiques féodales, régionalistes et népotiques ;

                               ………..

          Article 32. : Les citoyens sont égaux devant la loi, sans que puisse prévaloir aucune discrimination pour cause de naissance, de race, de sexe, d'opinion ou de toute autre condition ou circonstance personnelle ou sociale.

 

          Article 76.3 : Tout citoyen doit remplir loyalement ses obligations vis-à-vis de la collectivité nationale. 

L'engagement du citoyen envers la Patrie et l'obligation de contribuer à sa défense constituent des devoirs sacrés et permanents. 

L'Etat garantit le respect des symboles de la Révolution, la mémoire des chouhada et la dignité de leurs ayants droit et des moudjahidine. 

Il œuvre, en outre, à la promotion de l'écriture de l'histoire et de son enseignement aux jeunes générations.

 

          Ma famille n'a nullement besoin d'être honorée en ce bas monde. C'était une tentative de ma part. Fils de Moudjahid (Franco-italien durant notre glorieuse révolution) je pensais.  

 

          Sourate la Famille de Imrân

 

          169 : Ne crois surtout pas que ceux qui ont été tués pour la cause de Dieu soient morts. Ils sont bel et bien vivants auprès de leur Seigneur et comblés de faveurs !

 

          170 : Satisfaits de ce que Dieu leur a accordé (par un effet) de Sa Grâce, ils se réjouissent (à l'idée) que ceux qu'ils ont laissés derrière eux et qui ne les ont pas encore rejoints n'éprouveront plus de crainte et ne seront pas affligés

 

          171 : (et) ils sont ravis des bienfaits et de la Grâce de Dieu, (et aussi à l'idée) que Dieu ne frustre point de leur récompense les croyants

 

          J'avais tout simplement émis un vœu. Ce vœu ne s'est pas réalisé.

 

          J'avais comme un poids sur mon cœur, je me suis libéré.

         

          Je vous prie d'excuser mon audace.

 

          Veuillez agréer, Monsieur le Ministre des Moudjahidines, l'expression de ma très haute considération.

 

 

Soukehal Djamal Abdenasser

Anciennement Molinari

 

Publié dans Djamel-soukehal

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Ali 21/06/2016 21:12

Je suis un pur Lagouati.tout afait d'accord avec vous monsieur Soukha car a Lagouat on se critique mutellement par des lettres anonymes adressees aux responsables surtout venus d'ailleur et si vous n'etes pas solvable vous n'etes pas interessants et l'ingratitude est devenue Reine D'ailleur meme les enterrements se. font par piston pour certains car ils y assistent en demandant le nom de famille du defunt je ne parle pas dans le vent. croyez moi j'ai vecu cette attitude surprenante. Sans rancunes et saha ftorkoum

Soukehal Djamal abdenasser 21/06/2016 18:15

je milite à ma manière .....malheureusement, j'ai l’impression que les Laghouatis se contrefichent de nos cris, de nos écrits ....certains sont carrément insensibles à notre lutte pour redorer le blason de cette ville détruite par l'ingratitude humaine et par une population amorphe .....

LAGHOUATI 21/06/2016 19:14

FAIS CE QUE DOIS , dit l'adage ; Tu n'as pas à te soucier de ce que peuvent penser les gens quand tu es convaincu que tu remplis une mission et accomplis un devoir