Ces Maîtres qui nous ont marqués...(4) : Messieurs Ramain et Daubagna.

Publié le par LAGHOUATI

Ces Maîtres qui nous ont marqués...(4) : Messieurs Ramain et Daubagna.
Ces Maîtres qui nous ont marqués...(4) : Messieurs Ramain et Daubagna.
Ces Maîtres qui nous ont marqués...(4) : Messieurs Ramain et Daubagna.
Ces Maîtres qui nous ont marqués...(4) : Messieurs Ramain et Daubagna.
Ces Maîtres qui nous ont marqués...(4) : Messieurs Ramain et Daubagna.
Ces Maîtres qui nous ont marqués...(4) : Messieurs Ramain et Daubagna.

 A la session de Mai 1963 nous eûmes à passer le BEPC . Sur les dix huit élèves dont était constituée notre classe , seul un parmi nous échoua  ( Et ce n’était ni le plus faible ni le plus fainéant…Il s’agit d’un accident). Certains préfèrent la vie active en optant pour l’enseignement et les autres optèrent pour la continuation de leurs études en choisissant l’un des deux lycées les plus proches de Laghouat et aussi les plus réputés pour la qualité de leur enseignement. Moi, je choisis Boufarik en compagnie de cinq ou six de mes camarades.

Octobre 1963 nous nous trouvâmes internes au lycée de Boufarik avec comme surveillant général feu Mohamed Slimani ( fils de hadj Boucebsi , le facteur de la ville) et comme maitre d’internat Djelloul Ferhat ben Zighem . 

Le corps enseignant était en majorité français . Ce sont pour la plupart des jeunes qui se sont portés volontaires pour venir enseigner en Algérie , notre pays attirant beaucoup la sympathie des gauchistes pour son adoption de la voie socialiste .

Deux enseignants m’ont particulièrement marqués. Monsieur Ramain , prof de français et Daubagna , prof d’histoire et de géographie . Deux enseignants modèles , très proches des élèves , dispensant leurs cours avec  beaucoup de compétence et d’amour . Au bout de quelques semaines ils sont devenus  presque nos amis . En dehors de la classe ils sont toujours là pour conseiller, aider, orienter

Nous avions au programme d’histoire la révolution française , Daubagna venait au cours , les mains dans les poches avec son jean , ses cheveux longs et son look de « soixante huitard » avant l’heure . Il connaissait la révolution française comme s’il y a assisté , il nous la racontait avec des mots simples et d’une manière très attrayante , sans trop de dates , comme si c’était un conte . Il nous arrivait de  nous identifier aux « révolutionnaires «  , adulant les uns , haïssant les autres.

Quant à Monsieur Ramain , il nous enseignait les auteurs français du 18 ème siècle . Il le faisait avec grande compétence d’une manière tout aussi attrayante que Monsieur Daubagna . Monsieur Ramain était grand amateur de cinéma d’auteur et un critique averti du cinéma mondial . A force d’en parler souvent , il nous l’a fait aimer en nous initiant même à la critique cinéma. Je me souviens qu’il nous conseillait quelques titres de films qui passaient à Alger ou à Boufarik ( dans une  petite ville comme Boufarik , il y en avait 3 ou 4) . Nous allions les voir et nous les discutions avec lui …Nous n’avions que 16 ans …Et depuis je suis devenu un grand amateur de cinéma d’auteur et nous allions voir tous les jeudis après-midi un film ( il faut dire que nous avions le choix , ni les salles ni les bons films ne manquaient). Je me souviens avoir assisté à l’un des plus grands films des années 60 : "la dolce vita "de Visconti avec de grands acteurs italiens et notamment Anita Ekberg. Je ne l’ai pas trouvé à mon gout et je l’ai écrit dans une de mes rédactions . J’ai eu par la suite une longue discussion avec monsieur Ramain qui , en merveilleux critique, a réussi à me convaincre de la grande qualité du film en me l’expliquant en profondeur , me faisant admettre que  ma lecture du film était un peu trop superficielle.

Pour finir je dois dire que ces deux professeurs m’ont profondément marqué et même influé sur ma façon de voir les choses et mes choix futurs en me faisant adorer les deux matières dont ils étaient les enseignants .

Merci de tout cœur Messieurs Ramain et Daubagna !

Lycée Ibn Toumert de Boufarik: Un temple du savoir à préserver

 

http://www.boufarik.com/index.php/nouvelles/nouvelles-historique/522-lycee-ibn-toumert-de-boufarik-un-temple-du-savoir-a-preserver

 

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