Dialogue avec EL-KABOU ( suite 3)

Publié le par LAGHOUATI

Dialogue avec EL-KABOU ( suite 3)
  • Alors si Mohamed , qu’as-tu à me raconter après avoir tout entendu de moi
  • Je dois te dire que j’ai passé avec toi mes plus belles années de la vie . Tout était si merveilleux :
  •  l’âge de l’innocence ,
  •  les baignades dans ta seguia,
  • les beaux jardins de nos voisins où il nous était permis d’entrer , de manger ce que l’on voulait avec une double condition ( ne pas marcher à l’intérieur des carrés ni de ses murettes et finir le fruit que l’on a commencé)
  • les parties interminables de foot sur ta placette située près du domicile de si hadj Mohamed « El Khayat »
  • Nous avions des voisins merveilleux , nous ne formions qu’une seule et même famille , nous mangions les uns chez les autres comme si nous étions des frères et des sœurs , les parents de nos camarades se comportaient avec nous comme si nous étions leurs propres enfants , tant pour nous punir que pour nous complimenter . Nous avons été éduqués dans le respect des grandes personnes et il était impensable pour nous de désobéir ou simplement hésiter à exécuter un ordre émis par une grande personne.
  • Nous autres enfants de « Z’gagna » comme on disait , étions animés par un grand esprit de solidarité qui faisait que nous nous liguons comme un seul homme ( ou un seul enfant ) pour contrer toute « agression » contre l’un des nôtres . Nous étions gentils mais nous nous ne faisions pas « marcher sur les pieds «  par les enfants des autres quartiers réputés pour excès d’agressivité ( je ne cite pas de noms de crainte de subir les foudres de ceux qui sont devenus par la suite mes amis)
  •  
  • Mais dis-donc Toi , vous non plus vous n’étiez pas des anges ,  j’en connais même qui étaient de vrais galopins et des facétieux impénitents ….
  • Oui c’est un petit peu vrai mais dans notre grande majorité , nous étions gentils
  • Et la fillette venant d’un autre quartier dont tu as tiré les cheveux et qui a été se plaindre à ta maman ? C’est bien toi ? …Non … ? et qui t’a couté une belle correction de Chikh Boubakeur ( Allah yarahmou)
  • Qui t’a raconté ça ?  Et moi qui croyais que tu ne pouvais pas savoir
  • Détrompe-toi , mon ami , je sais tout de vous  sauf que je ne pouvais ni ne devais en parler …Je vous aime trop pour dénoncer vos mauvais comportements. N’est-ce pas toi qui t’es sauvé de la maison pour aller te baigner dans ma seguia alors que tu avais à peine 4 ans et que tu as failli être emporté par les eaux furieuses , si hadj Hadj aissa Benamar ( Allah yarahmou) n’était pas passé à cet instant tu ne serais pas parmi les vivants en train de me parler . Et j’en connais encore beaucoup sur toi et sur tous les autres.
  • Je n’en reviens pas … Je te remercie pour tes nobles et généreux sentiments  
  • Tu n’as pas à me remercier … J’ai pour vous beaucoup d’amour et de respect pour vous vous être occupés de moi  pendant des décennies par vos incessantes campagnes de propreté , de m’avoir si bien soignée que je suis devenue l’une des plus belles rues de Laghouat …La plus propre aussi… Le seul reproche que je puisse vous faire c’est de m’avoir fuie en m’abandonnant à d’autres gens , venus après , et qui ne vous ressemblent pas …. Ils m’ont quelque peu délaissée , ne se préoccupant que peu de moi  et ne se souciant guère de la belle image que j’ai acquise au bout de grands sacrifices et d’énormes labeurs . …C’est vrai que comparativement à d’autres rues ( Ah …les pauvres !) , je dois m’estimer heureuse   j’ai quand-même conservé la confiance de nombreuse vieilles familles qui ont résisté à mes cotés et grâce auxquelles je continue à jouir malgré tout, d’une belle image quoique quelque peu ternie …Ces fidèles familles ont réussi . quelque peu à faire « plier «  les nouveaux venus aux bonnes habitudes que nous continuons à porter bien haut …
  • Je suis heureux d’apprendre que le tableau n’est pas aussi  noir qu’il y parait  et que tu résistes vaillamment malgré toutes les vicissitudes  
  • Oui bien sur , je résiste et je ne baisserai jamais les bras mais je suis profondément meurtrie d’avoir perdu mes jardins à cause de la compromission de certains et le manque de courage de certains autres qui se sont laissés berner par de fausses promesses et de faux rêves
  • Merci encore une fois , douce amie et à bientôt inchallah pour d’autres visites
  • Quand tu voudras …Je serai toujours là ….Je veille …

 

Commenter cet article