LES RÈGNES DES OLIGARCHIES GOURMANDES Par Mohamed-Seddik LAMARA

Publié le par LAGHOUATI

LES RÈGNES DES OLIGARCHIES GOURMANDES

Par Mohamed-Seddik LAMARA


En ce matin ensoleillé du dernier jour de novembre j’ai eu, sur le boulevard menant au siège de la wilaya de l’ex Rocher Noir, droit au spectacle réédité depuis le début de la semaine, de la marche calme, ordonnée et civilisée des étudiants de l’Institut National d’électricité et d’électronique (INELEC) manifestant contre la décision d’intégration de cette institution, au prestige international, à la faculté des sciences de Boumerdès. Persuadé et convaincu par la justesse de leur coup de gueule, j’ai, en signe de solidarité, marqué une halte parmi eux.
Attristé par cette scène, je promenais mon regard alentour. En, face des policiers impavides cernent le grand portail de l’entrée publique du siège de la wilaya, et de part et d’autre des badauds pressés et indifférents. Seuls les cris des étudiants, éraillés par la fatigue des harangues précédentes emplissaient l’atmosphère. Puis ma vision se fixa sur la lignée de jeunes platanes ornant le large trottoir. A leur base, en jets fougueux et épanouies, des branches disputaient la sève destinée aux frondaisons printanières. En mon for intérieur je me suis dit : « ne voila-t-il pas là une "âya" (signe) de la sagesse divine ? » Incontestablement ! Le Seigneur a réparti dans sa création, la chose et son contraire, l’entendement et l’antinomie, la riche substance et son parasite… Ainsi l’essor de ces rabougris platanes a été freiné par les rejets prédateurs prenant naissance depuis les racines et..qu’il aurait fallu couper…à la base. Rejets désignés par les arboriculteurs avisés sous le vocable de « gourmands » et, dans notre parler dialectal de « saraqin el ma » (les voleurs d’eau). Logique ! dans tous les règnes, humain, animal, végétal et minéral sont tapies, des oligarchies gourmandes, parasites et ravageuses. Si dans les trois règnes, d’efficaces parades ont été trouvées pour les débarrasser des tares les menaçant, chez le premier, le mal demeurera toujours grand et le remède…inefficace. C’est pour cette raison que, depuis la nuit des temps, nous traînons cette fatalité faisant de l’homme le plus grand prédateur de l’univers.

 

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