Beghdad Mebkhout: Mecheria en ce mois de décembre

Publié le par LAGHOUATI

Beghdad Mebkhout: Mecheria en ce mois de décembre

Beghdad Mebkhout

Mecheria en ce mois de décembre
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Mecheria en ce mois de décembre
Pleure de toutes ses larmes de pluie
Et rit ironiquement de ses cendres
Le vent fort espiègle quant à lui
Assèche l'onde en surplus à vendre
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Une belle promesse d'un vert printemps
Une joie en nous qu'on apprécie
Nos prières en ce présent temps
La quête et la consolide aussi
Et trouvent dans nos cœurs leurs tons
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Décembre à Mecheria
C'est le froid qui picote
Mais avons perdu la wabrya*
Nos turbans n'ont plus la cote
Encore moins nos chachias*
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Le parfum enivrant du terfes*
Nous titille déjà les narines
La terre est généreuse et ne cesse
De gonfler ses racines
Et ses tubercules en largesse
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Le couscous est toujours de mise
Pour nos invités et nous avec
Cinq à chaque table vite mise
Le rab est de graines roulés à sec
Le piment ne rate jamais nos assises
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La steppe à nos portes
S'étale abreuvée et se repose
Promesse de sève et nous apporte
La sérénité en nous se dépose
La sagesse amie l'y escorte
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Le thé est compagnon de nos jours
La nuit il tisse nos espoirs et nos rêves
C'est le remède et le nectar de notre séjour
Quand la tristesse en nous se lève
Et le spleen enveloppe nos cours
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La poésie réside dans nos cœurs
Nous offre l'art et l’élan du vivre
Elle est une vision de toute heure
au temps d'un ciel au gris de givre
Où l’âme redoute ses peurs
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Mecheria en ce mois de décembre
Pleure de toutes se larmes de pluie
Et rit ironiquement de ses cendres
Le vent fort espiègle quant à lui
Assèche l'onde en surplus à vendre
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Mebkhout Beghdad
Wabrya= djellaba en laine de chameau
Terfes = truffe
L’image contient peut-être : ciel, nuage, plein air et nature

 

 

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BENAYA AHMED 20/12/2016 20:42

Votre poème, Si Baghdad, est une ode sans fin, exquise, sensuelle et suave. Il ne lui manque que le son mélodieux de la cithare mêlé au crépitement langoureux du doux feu du bois de notre pistachier -el b'toum qui se consume dans l'âtre pour que je sois balancé à la berceuse dans une ambiance rustique et nostalgique de mon insouciance enfance. Merci.