El djam’3 elmoudakar e’ssalim -Par Dania-

Publié le par LAGHOUATI

 

 

El djam’3 elmoudakar e’ssalim 


 

Ou  quelque chose comme "Le pluriel des noms masculins, dans la langue arabe."


 
  Je songeais, je ne sais à quoi, quand, ce jour-là, en CM2,  je reçus de la part du maître une question qui me plongea dans le néant  total. Il me fixait droit dans les yeux et  je ne savais, alors, plus rien du tout !! Sur le coup, je n’avais même pas pu décoder ce qu’il avait demandé.  Mais, je ne sais plus lequel parmi tous les Saints, patrons de ma ville, que j'avais évoqués, qui  répondit à ma prière et me fit surgir  de ma léthargie, sans nullement  faillir à sa vocation ni au devoir du maître. Car au lieu de la réponse que j’espérais, j’entendis  résonner dans ma tête, comme par enchantement, une voix nette, comme si c’était le maitre lui-même qui  articulait!!


« …ma hiya 3alamatou djarihi ? »


 Je réalisai, à ce moment, alors que les  voix  de toute la classe s’élevaient en des «oustad, oustad ...»  et fusaient parmi les doigts claquetant qui pointaient en l’air,  en évitant tout juste le bout du nez du maître, que j’étais la seule à vaquer à mes rêves …
-         Tiens,  c’est très facile, si ce n’est que cela, voyons, 3alamatou el djar !!  et pensant avoir échappé à la fameuse baguette, je répondis timidement « madjrour bil’kasra !!»


 

 Aussitôt, dans la classe, le déchaînement redoublait… et je réalisai alors ce qui allait suivre…
 
  Apparemment, le bâton d'olivier n'étant pas à son ordre du jour, le Saint, n'avait plus rien à faire, à priori,  dans la classe. Je rapprochais mes petites mains de ma bouche pour les réchauffer, espérant, ainsi,  atténuer la douleur à venir.  
-         « Bil ya wa noun lianahou djam’3 moudakar saalim. »  entendis - je ma camarade répondre d’une voix claire et triomphante !! Pendant que je suivais le mouvement très lent et presque infini du bras du maître qui  s’élevait, s’élevait … il partit un moment presque complètement derrière son dos avant de réapparaître brusquement, et la baguette qu’il tenait se faisait entendre dans un sifflement identique à celui des  faux,  jadis, tranchantes,  qui s’abattaient  sur les lourdes tiges de blé, en saisons des moissons…

 

 Mes doigts, quant à eux, s’ils sont toujours là, indemnes, pour vous conter,  aujourd’hui « el djam’3 elmoudakar e'ssalim"  leur sort n'est uniquement du qu'à la pitié que le maître eut pour moi qui fondis en larmes avant même que le bâton n’effleure mes mains toutes menues et frêles !!  


 


 

Hommage au  maître d’école.
 


 

Avec toutes mes amitiés


 

et un bouquet de Amar Ezzahi, allah yarahmou.


 

Dania.


 

https://youtu.be/PDWRJpRaG_E    
 

 

Publié dans LES AMIS DU BLOG

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HADJOUDJA KAMEL 04/12/2016 20:26

Quand à moi, je me souviens d'une brute d'enseignant français qu'on avait en classe de c.m.1, celui-ci "avait une dent" contre le son de la cloche...Lorsque celle-ci sonnait, il se levait subito de son bureau et hurlait :" Que personne ne bouge, ici la cloche c'est moi!!".

LAGHOUATI 05/12/2016 08:22

oui c'est bien une "CLOCHE" . Personne stupide, incapable et maladroite : Quelle cloche !

MOHAMED HADJ AISSA 01/12/2016 16:47

Merci pour ce joli petit souvenir d'école ! Je me souviens , quant à moi, d'un prof de maths de la classe de 6ème au lycée de Ben Aknoun ,une véritable terreur . C'était lui qui m'a fait détester les maths pour de bon et aidé à m'orienter vers les matières littéraires . C'était en 1959 .