ÉRORAISON SUR LES MIRACLES DU DÉSERT par Mohamed-Seddik LAMARA

Publié le par LAGHOUATI

PÉRORAISON SUR LES MIRACLES DU DÉSERT

 

par Mohamed-Seddik LAMARA

J’ai lu avec une ineffable délectation la belle contribution que tu n’as pas manqué d’apporter à mon humble article narrant ma dernière escapade dans le sud. Je sais, mon cher ami et tendre frère Toufik, que t’en remercier, serait incommodant pour ta légendaire perspicacité dont la vertu a toujours réussi à compléter, à clarifier…à lustrer mes modestes mots tracés quasiment à main levée. Ton aptitude à prendre le bon recul pour les apprécier et les enjoliver tel un émérite orfèvre, me comble d’aise et de reconnaissance. En effet ta magnifique propension à l’empathie, constitue à mes yeux, le meilleur réceptacle des satisfécits n’ayant nullement besoin d’être signifiés à celui qui les mérite. Comme tu l’as si bien dit les déserts ont été crées par Dieu pour éprouver l’homme et lui apprendre, en les domptant, à vaincre son pire ennemi, sa propre suffisance. Les ébats du vent et du sable ont ce mérite, de renseigner l’homme sur son insignifiance dans l’univers insondable. Les caravaniers, êtres les mieux édifiés sur les cinglantes leçons livrées par les déserts sont, pour leur grand bonheur, exempts de cette tare qu’est la fatuité si chère et, au final, si mal malséante aux peuplades des déserts…urbains. Vu du ciel le désert déroule une succession de miracles. Miracle faisant déboucher, après d’éprouvantes traversées entre mirages et tourbillons soulevés par les brûlants simouns, les chameliers sur les édens du salut. Les oasis, archétypes divins d’une résilience enfantée par la nature et que l’homme s’amuse à contrarier pour son propre malheur. Dans ces immensités, je me suis amusé à deviser avec un ami que d’aucuns considèrent insignifiant. Mon ami, c’est ce minuscule grain de sable, tantôt enseveli au plus bas de l’erg, tantôt trônant au sommet de la majestueuse dune dorée, couronne éphémère aussitôt soulevée haut dans le ciel avant de se perdre dans l’infini. Tel est l’homme, mais contrairement à l’enfant du sable, il est grain inconsistant et querelleur. Dieu nous a bien averti sur les oiseuses certitudes de ce monde d’ici bas. Rien n’est durablement acquis, ni fortune, ni santé, ni prestige : « tels sont les jours fastes et néfastes que nous alternons entre les hommes pour distinguer ceux qui ont cru et ceux qui ont mécru. » (Sourat Al Imran).

 

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