"Une jolie petite histoire pour les amoreux de la Nature" ( Partie 2 ) par Dania

Publié le par LAGHOUATI

 

Vexé, le petit tatou rentra dans son terrier. Qu’il était sombre ce terrier, qu’il était inconfortable ! le sol de terre était dur et froid. Alors le tatou se mit à rêver de confort. Il se mit à dessiner un tapis de mousse, une mousse moelleuse et douce dans laquelle il pourrait se blottir. Mais la mousse est rare. Alors, il passa des journées entières à en cueillir délicatement ça et là pour la rapporter chez lui et reconstituer, morceau par morceau, un grand tapis recouvrant le sol. Puis chaque jour, il devait aller chercher de l’eau pour maintenir l’humidité dont elle avait besoin.

 

 

Les premiers temps, il apprécia son confort nouveau puis il s’y habitua et n’y fit plus attention. Beaucoup d’animaux lui enviaient son manteau de fleurs et son tapis de mousse mais lui ne se sentait pas pour autant aimé.

 

 

Il se mit a avoir peur de se les faire voler. Quand ses longues journées de travail se terminaient, il se retrouvait sous le grand arbre, fatigué, son manteau fleuri sur le dos.

 

 

« Que me manque-t-il pour être heureux? se lamenta -t - il un soir de désespoir.»

 

 

Et le héron bleu, du haut de sa branche, lui dit :

 

 

« - Tu manques de quelque chose, petit tatou ? »

 

 

Le tatou leva les yeux sans conviction.

 

 

« Tu ne veux toujours pas me confier le secret ? »

 

 

Le bel oiseau se pencha vers lui : « Es-tu prêt à abandonner ton manteau et ton tapis pour connaître ce secret ? »

 

 

« Abandonner mes biens ? s’écria le tatou, je me suis donné trop de mal pour les avoir ... »

 

 

 

« Tu t’es donné du mal ? s’écria le héron. Alors pourquoi n’y renonces-tu pas pour recevoir du bien ? »

 

 

 

Le tatou haussa les épaules et rentra dans son terrier. Personne ne le comprenait. Si seulement … Si seulement il parvenait à en imposer un peu plus, à montrer sa valeur aux yeux de tous… Alors, là, peut-être le respecterait-on. Soudain une idée lui traversa l’esprit. Il se précipita dehors et rejoignit le ruisseau qu’il suivait sur des kilomètres, à la recherche de cailloux cachés au fond de l’eau. Chaque fois, il plongeait pour les saisir puis les fourrait dans un grand sac sur son dos. Puis il partit à la recherche de précieuses branches de manguier, un arbre rare, dans cette forêt, un arbre dont le bois était très apprécié.

 

 

 

Avec tout cela, il aménagea la sortie de son terrier. Il en fit un espace magnifique et imposant que tout le monde pouvait admirer en passant. Nul terrier n’était plus grandiose que le sien.

 

 

Pendant quelques temps, le tatou se sentait plus important, mais au fond de lui, était toujours aussi malheureux. Un jour qu’il se lamentait sur son sort, il entendit la voix du héron et leva les yeux vers lui.

 

 

« Tu crois manquer de quelque chose petit tatou ? » Le tatou ne savait plus quoi penser. Il se rendait bien compte que tous ses efforts n’avaient pas changé grand-chose.

 

 

« Veux –tu connaître le secret des dieux ? demanda l’oiseau. »

 

 

Comme le tatou ne répondait pas, il reprit : « Es-tu prêt à te défaire de tout ce que tu possède pour recevoir ce secret ? »

 

 

Sans quitter des yeux l’oiseau bleu, le petit tatou resta longtemps silencieux. Puis sachant sa situation désespérée, il finit par acquiescer lentement.

 

 

 

Alors le héron sauta de sa branche et d’un coup d’ailes vint se poser près de lui : « même quand tu n’as rien petit tatou tu disposes d’un trésor extraordinaire. Un trésor d’une valeur inouïe. LA VIE. Et la vie, petit, elle aime celui qui aime et elle oublie celui qui oublie d’aimer. »

 

 

« Elle aime celui qui aime…, répéta le tatou, songeur. Mais qui aime … qui, quoi ? »

 

 

L’oiseau bleu sourit.

 

 

Rappelle –toi, n’est-ce pas l’amour qui est à l’ origine de ta propre vie ? L amour, petit, est l’essence de la vie . Sans amour, il n’y a pas de vie.

 

 

« Mais quel est le rapport avec ma situation ? »

 

 

« Si tu poses ton regard sur la beauté du monde, l’amour que tu ressentiras illuminera ta vie. »

 

 

Le petit tatou fronça les sourcils.

 

 

« Où la trouverai-je, la beauté du monde ? Où se cache t- elle? »

 

 

« Tu ne la vois pas car tu as perdu l’habitude de la regarder, mais elle est là, en ce moment, tout autour de toi.»

 

 

Le tatou, surpris, se retourna et scruta les alentours. « Où ça ? »

 

 

« Dans la goutte de pluie qui s’attarde sur une feuille , dans la coccinelles qui grimpe le long d’un brin d’herbe , dans les nuages cotonneux et le tronc sculpté des arbres, dans le parfum d’une fleur ou le chant d’un oiseau , dans la douceur de l’air que tu respire, et la lumière qui te baIgne, dans la pulpe d’un fruit charnu et le son cristallin de l’eau , dans les yeux des animaux et dans ceux des hommes , dans les rides des vieillards et les rires des enfants . La beauté est partout et tu ne la vois pas, occupé à courir après des illusions. »

 

 

Le petit tatou resta un longs moment silencieux, interpellé par ces paroles. Puis il s’apprêta à réunir ses possessions et tenir ainsi sa promesse.

 

 

 

« Tu peux les laisser où elles sont, maintenant que tu sais qu’elles ne valent rien … »

 

 

Le petit tatou se retourna vers lui. Le héron reprit :

 

 

 

« Souviens –toi : le secret c’est d’aimer. Aime ta vie sans rien désirer que tu n’aies déjà et tu goûteras la sérénité des dieux , et si de plus tu parviendras à aimer tout ce qui est autour de toi , à t’aimer toi-même et à aimer tout ce que tu vois, alors non seulement tu goûteras la sérénité des dieux mais aussi tu partageras leur extase.»

 

 

 

Et à ce moment, le bel oiseau bleu prit son envol, et en quelques battements d’ailes disparut dans le ciel.

 

 

 

Laurent Gounelle.

 

 

Le philosophe qui n’était pas sage.

Publié dans LES AMIS DU BLOG

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Soukehal Djamal Abdenasser 16/01/2017 13:18

j'ai un problème avec le robot

LAGHOUATI 16/01/2017 15:49

POURTANT CA MARCHE