Yennayer poème -PAR MS.LAMARA

Publié le par LAGHOUATI

A TOUS LES AMAZIGH, DEPUIS LES RIVAGES DU FLEUVE SÉNÉGAL JUSQUES AUX BORDURES DU NIL, AUX ALGÉRIENS FIERS ET JALOUX DE LEUR PATRIMOINE MULTIMILLENAIRE - ET AU GRAND DAM QUI RENÂCLENT ENCHAÎNES AUX MORTIFÈRES PRÉJUGES -, JE DÉDIE, A L’OCCASION DE LA CÉLÉBRATION DU FASTUEUX « YENAYER », CE POÈME CARESSANT LE VIF ESPOIR DE VOIR, BIENTÔT, CET ÉVÉNEMENT OFFICIELLEMENT INSCRIT AU RÉPERTOIRE DES JOURS DE FÊTES CHÔMÉES ET PAYÉES.

ASSEGWAS AMMEGGAZ : LIESSE TROIS FOIS MILLÉNAIRE

Je le dis, le crie haut et fort, vocifère, grogne, trépigne et rugit… assegwas ammeggaz !
Même, si, les fats pudibonds, s’en accommodent et affichent faux et jaunes sourires
S’amusant, ricanant de ce vœu, liesse millénaire trahie par prompt et sombre oukases
Tourneriez- vous le dos à l’histoire pugnacement entêtée et préfériez les refuges du délire

Par Dieu, dites-moi, quelle gloire ou prix comptiez-vous tirer de l’ostracisme béat et vil
Imposé aux majestueuses, claires cataractes du vrai, du beau et du cinglant authentique
Nourries par ondes pérennes brassées depuis les rives du Sénégal, du blanc et bleu Nil
Vous gardiens des poussiéreux temples vides délabrés, désertés par les nobles viatiques

Ne pourriez assombrir les trésors perpétués en fougueuses générations processionnaires
Tissées en rutilants et infinis chapelets s’étirant des Aurès jusqu’aux hauts Beni Sennous
Et Pourtant ! Vous le savez bien, de ces enchantements vous n’êtes point pensionnaires
Car, jaloux ils n’égaient qu’âmes et esprits libres n’ayant nullement honte à leurs trousses

Or, connaissez-vous un soupçon de l’épopée de Chachnaq et son retentissant coup de force
Quand, depuis le fin fond du Hoggar, bravement marcha sur l’arrogante Egypte pharaonique
A la tête d’une immense et altière armée, libérer des peuplades avilies, jetées dans la fosse
Défié le dieu « RA » pour les affranchir, les aguerrir et les défaire de ses chaînes sataniques

Les ramena dignes, fiers et debout les armât, leur offrit cette belle contrée appelée Berbérie
Contrée ployant sous des massifs de tributs arrachés aux barbares et aux impies conquérants
Inestimable patrimoine, pour l’éternité, fécondé par l’Islam sauveur et en Arabe soyeux écrit
Non, impénitents détracteurs de Yennayer, vous ne parviendrez jamais à lui distraire sa féerie

Chachnaq, preux guerrier, hospitalier, sage bon diseur a su choyer et honorer ses nobles hôtes
En, sur les rives du furieux Rhumel, les baptisant Amazhigh*, antilopes aux quatre vents libres
Essaimant gloire et victoire par monts et par vaux, sur les vastes horizons gambadent et trottent
Et leur faire porter, hauts levés, les ondoyants étendards d’Ennayer aux vives teintes cuivre

Rabats joie, prenez tout ; argent, oiseux biens, futiles assurances, prime, frime et pouvoir factice
La vraie, sûre, implacable et incorruptible Histoire va vous rattraper et, fatalement, vous humilier
Quant à nous, de la joie solidaire, de la brave unité de destin, avons fait un inexpugnable édifice
Oui, prenez tout et laissez nous la fierté, l’honneur et la patrie… nos plus chers et précieux alliés

*Le vocable Amazigh dériverait, selon certains témoignages, de l’assemblage de deux syllabes :
. 1 « am » = comme,
. 2 « azigh » = antilope.

 

 

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