EXEMPLE PATHETIQUE : L’ABNEGATION DE SOI- PAR NOTRE AMI K.HADJOUDJA

Publié le par LAGHOUATI

EXEMPLE PATHETIQUE : L’ABNEGATION DE SOI

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce récit est authentique. Ces événements se sont déroulés dans une localité de l’Est Algérien, au début des années 1990.

L’unique chirurgien de l’hôpital de cette bourgade fut appelé en urgence au chevet d’un petit enfant de 8 ans, présentant un Syndrome Occlusif. En pareil cas l’intervention chirurgicale s’impose rapidement pour lever l’occlusion avant que n’apparaissent les complications redoutables de la Nécrose Intestinale. L’enfant fut transféré au Bloc Opératoire aussitôt le diagnostic confirmé.

Dans le hall du bloc, ce chirurgien se trouva nez à nez avec le père du petit garçon ; visiblement très agité, faisant les cent pas le long du couloir. Dès qu’il l’eut aperçu, il se précipita à sa rencontre en hurlant : « Pourquoi avez-vous mis tout ce temps pour venir ? Vous ne savez pas que la vie de mon fils est en jeu ? Vous êtes un irresponsable, un criminel, voilà ce que vous êtes !! ».

Le chirurgien, pantois mais très sage, répondit : « Je suis désolé Monsieur ; j’ai fait de mon mieux pour venir aussi vite que j’ai pu. Ce n’est nullement de la mauvaise volonté de ma part ; et maintenant je vous prie de vous calmer que je puisse accomplir mon travail dans de bonnes conditions ! ».

L’autre, loin d’abdiquer, plus agressif que jamais, brailla :

- « Me calmer ? Rien n’incite au calme ici. Si c’était votre propre fils qui allait mourir, qu’auriez-vous fait à ma place, Hein ? Répondez ! Pousser des Youyous stridents peut-être !! Quoi qu’il en soit, laissez-moi vous dire une chose ; si jamais, ce qu’à DIEU ne plaise, il arrive un malheur à mon fils, vous pouvez être sur que je porterai plainte contre vous !! ».

Le praticien, faisant preuve d’un calme olympien devant cet antagoniste grossier et belliqueux, répondit :

-« Je dirais simplement : A DIEU nous appartenons et à LUI nous retournerons…Béni soit le nom de DIEU…Les médecins ne peuvent pas prolonger la vie ! Allez intercéder auprès de votre fils, nous allons tenter, avec l’aide de DIEU, de faire de notre mieux IN CHALLAH ! ».

-« Donner des conseils quand on n’est pas concerné, c’est si facile et cela ne coute rien ! », maugréa encore le père irascible.

Sur ce, le praticien pénétra dans le bloc opératoire sans daigner lui répondre.

L’acte chirurgical prit environ une heure de temps au terme de laquelle le chirurgien réapparut en apparence serein et optimiste.

-« AL HAMDOU LILLAH ! Rendons grâce à DIEU, votre fils est hors de danger. Il va se réveiller tout-à-l’ heure. Si vous souhaitez avoir d’autres précisions, adressez-vous à l’infirmière. Au revoir Monsieur ! ». Et il quitta immédiatement l’établissement hospitalier.

-« Pourquoi se montre-t-il si arrogant ? Il ne pouvait pas attendre quelques minutes que je puisse me renseigner sur l’état de santé de mon fils ? Quelle impertinence. Vous appelez ça un médecin ? WALLAH, si j’avais un quelconque pouvoir, je lui interdirais pour toujours d’exercer ! » ; jura-t-il hors de lui…

L’INFIMIERE, devant tant de préjugés et d’idées préconçues, ne put retenir ses larmes. Elle trouva néanmoins la force de lui répliquer froidement : « Son fils de 16 ans est décédé dans un accident de la route…Il s’apprêtait à l’enterrer quand nous l’avons appelé pour votre fils…Et maintenant qu’il lui a sauvé la vie, il est parti à la hâte pour achever d’enterrer le sien !! ».

En entendant ces propos, le père soudainement refroidi, s’affala sur une chaise comme si ses jambes ne pouvaient plus le supporter. Il resta immobile, prostré, les mains sur les cuisses pendant de longues minutes ; puis poussant un grognement inarticulé, il jeta son veston sur ses épaules et sortit en titubant de l’hôpital…

Ce chirurgien, après que la situation sécuritaire se fut fortement dégradée dans notre pays durant la décennie noire ; fut contraint de s’exiler en France ou il était devenu un éminent spécialiste des Implants Capillaires, jouissant d’une réputation internationale.

Actuellement chef de service dans un grand hôpital parisien.

 

Excellente journée à tous(tes).

 

K.HADJOUDJA

 

Publié dans K.HADJOUDJA

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Soukehal Djamal Abdenasser 24/03/2017 09:42

Je pleure pour mon pays qui perd ses compétences, les uns après les autres.
La moralité de cette histoire.
C'est le départ massif de compétences algériennes, vers d'autres cieux plus cléments ..où la compétence est respectée, où le népotisme n'est pas roi ....