LE CLINQUANT DE LA VIE D'ICI BAS-PAR M.S.LAMARA-

Publié le par LAGHOUATI

MERCI A TOUS, CELLES ET CEUX QUI ONT RÉCHAUFFÉ MON CŒUR PAR LEURS SINCÈRES VŒUX !

Combien heureux et comblé suis-je, en ce jour béni de bienveillance, par la cascade de tendres et fraternels vœux formulés à l’occasion de mon anniversaire par mes proches et mes nombreux amis (es). En retour, j’invoque Dieu le Tout Puissant de leur accorder les meilleurs choses de la vie d’ici bas et surtout la félicité dans l’eau delà.

Je profite aussi de cette occasion pour les inviter à ne pas désespérer des jours fastes et néfastes que Le Seigneur, lui seul, sait alterner tout au long de notre existence pour nous éprouver afin de gagner - si nous nous soumettons totalement à lui – sa Sainte Miséricorde.

Quand ils arrivent à un âge avancé, beaucoup d’entre nous s’offrent en proie aux questionnements métaphysiques, en porte à faux avec la pureté de la foi musulmane. Le culte de la chose nous incite à tomber dans ce travers. Un piège redoutable quand les cœurs s’assèchent et les esprits se laissent voiler par les artifices de l’éphémère vie.

A cette même occasion, il me plait de vous offrir – traduit par moi dans un style improvisé- ce poème du chi’r el malhoun de Mohamed Leqouini de Djelfa, devisant avec la vie à laquelle il a, à bon escient, donné le nom de « 3ayyaya » (la fatigante).

Secret des trois lettres « V », « I » et « E » : EXTÉNUANTE »

Ô vous orants les bras levés au ciel ou courbés sur les tablettes tracées au « smagh »
Instruisez- moi sur le secret martyrisant des trois et belles lettres « v », « i » et « e »
Avez-vous eu recours à l’œil expert et avisé de la fée dans sa main le fier métronome
Muse dure et fatale convoitée par grands, riches, gueux et les fils des saints vénérés

Elevant haut, pour éblouir les sujets avilis, les couronnes sur les têtes des rois étourdis
De ses prétendants, sans répit, avec malice et morgue, ricane, se gausse et se moque
Le tubercule lové dans la terre sombre et fangeuse ne saurait rivaliser avec la pomme
Le fruit dont je parle est celui de l’extase fugace, cher, rare et méconnu des cueilleurs

J’offre à certains mon exquis nectar pour les rendre fous et esclaves de la fruste coupe 
Des fois je croise un paria perché sur un piton rocheux hélé maudit porteur de guigne
Fais traîner dans la lise mes pitoyables victimes attachées à mes frêles et fragiles jupons
Rabroue les riches d’une courte durée et donne le faste de mes biens aux râleurs et aigris

Je comble, leurs cours et fais accourir chez eux des zélés serviteurs sûrs et bienveillants
Ô toi belle, ensorceleuse à la joue charnue, rutilante, éblouissante, dis-moi ton nom
A quoi bon te le dire ! Il est insignifiant et trompeur comme le mirage face à l’assoiffé
Car, depuis que Haïdar* m’a, par trois fois répudiée, je demeure éplorée et chagrinée

Il m’a abandonnée à la vermine et aux vils épris de mes richesses et de mon clinquant
Toi qui veux connaître mon nom, y a-t-i l quelque goût chez les impénitents errants ?
Eloignes-toi des ignorants, va nus pieds, déguenillés et amoureux des toisons ronces
Tu veux savoir mon nom ? Tant pis pour toi et tes semblables, je m’appelle l’exténuante

Poème que m’avait recommandé mon père, rahimahou Allah, lors d’une de ses rares visites à Laghouat en 1989.

*Haïder, est le surnom donné, pour sa bravoure à l’imam Ali, qarama Allah wajhahou qui, à l’occasion de la « fitna » ayant marqué sa succession au khalifat, avait dit : « le clinquant de la vie ne m’importe point ; si chez Dieu il ne vaut même pas l’aile d’un moustique, pour moi ce monde ne vaut même pas la semelle de mon « na’l » avec lequel je le piétine ! »

Mohamed-Seddik LAMARA.

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Publié dans Med Seddik LAMARA

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