"Mignonne, allons voir si la rose Qui ce matin avait déclose"

Publié le par LAGHOUATI

"Mignonne, allons voir si la rose Qui ce matin avait déclose"
"Mignonne, allons voir si la rose Qui ce matin avait déclose"
"Mignonne, allons voir si la rose Qui ce matin avait déclose"

Ce matin un petit vent s’est levé….Par crainte qu’il n’emporte avec lui la petite rose de notre jardin qui a vu le jour il y a deux jours . Je l’ai trouvée éclatante , bien épanouie et répandant une senteur enivrante .

Je l’ai donc cueilli pour vous ….Elle vous dit Bonjour …Elle doit rester à nos cotés encore quelques jours avant de partir comme elle était venue …..Une autre rose attend d’éclore ….Ce sera une nouvelle naissance et un autre départ ….Ainsi va la vie !

 

Cette ode, inspirée du poète latin Ausone, est composée en 1545 après la rencontre de Pierre de Ronsard, âgé de 20 ans, avec Cassandre Salviati, fille d'un banquier italien. Ce poème fait partie du premier livre des Odes, 17, et évoque la jeunesse qui passe comme le temps d'une fleur. Cette méditation de la vieillesse et de la mort est un thème récurrent dans la littérature tant religieuse que profane, aussi bien que dans les arts, à cette époque.

Texte

Mignonne, allons voir si la rose

À CASSANDRE
Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avait déclose
Sa robe de pourpre au soleil,
A point perdu cette vesprée,
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vôtre pareil.
Las ! voyez comme en peu d’espace,
Mignonne, elle a dessus la place
Las ! las ! ses beautés laissé choir !
Ô vraiment marâtre Nature,
Puis qu’une telle fleur ne dure
Que du matin jusques au soir !
Donc, si vous me croyez, mignonne,
Tandis que votre âge fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez votre jeunesse :
Comme à cette fleur la vieillesse
Fera ternir votre beauté.
Ronsard (1524, Vendômois)
Odes, I,17

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