FERHAT ABBAS ( L'INJUSTICE) EXTRAITS – 2 –POSTE PAR K.HADJOUDJA-

Publié le par LAGHOUATI

FERHAT ABBAS ( L'INJUSTICE) EXTRAITS – 2 –POSTE PAR K.HADJOUDJA-
FERHAT ABBAS - L’INJUSTICE Par : MME LEILA BENMANSOUR DR. En Information et Communication de l’Université Panthéon Assas. Paris 2. INTRODUCTION : Après avoir été successivement journaliste et enseignante, l’auteure se consacre depuis une dizaine d’années exclusivement à la recherche sur FERHAT ABBAS. EXTRAITS – 2 – C’EST LE TRAVAIL ET LA SCIENCE QUI DONNENT LA LIBERTE AUX PEUPLES. (Passage tiré de son Testament Politique). « A la foi et aux principes, les peuples n’ont besoin d’ajouter, pour conquérir leur liberté, que de l’énergie dans le travail et de l’amour pour la science. PEUPLE, apprend à travailler, apprends à te discipliner dans le travail. C’est le premier pas dans la voie de la liberté. La vérité la plus élémentaire, c’est qu’un peuple n’est pas fort par le nombre, mais par son TRAVAIL et les réserves de son travail ! Or, nous ne savons même pas travailler. Si nous sommes agriculteurs, nous perdons la moitié de la production par paresse, manque de gout et d’initiative. Si nous sommes commerçants, nous ignorons le sens des affaires et même les bilans de fin d’année. NOUS VIVONS AU JOUR LE JOUR…Nous ne savons pas faire face à nos engagements. Nous laissons en souffrance notre signature dans les établissements de crédit. NOUS NE FAISONS RIEN AVEC METHODE, AVEC HONNEUR ! NOUS N’INSPIRONS CONFIANCE A PERSONNE !! Si nous sommes ouvriers, c’est le même laisser-aller. Nous « bricolons » au lieu de faire du travail fini. Nous manquons de discipline. Nous n’AIMONS pas notre métier ! ETUDIANTS ? Nous manquons totalement d’ambition et même d’amour propre. Aucun de nous ne songe d’aller au-delà du chemin parcouru par ses ainés. Aucun ne songe à conquérir la première place. Après le diplôme, c’est l’installation, la routine dans la sécurité et la mort !! Un peuple vaut par son élan vital, le gout du risque et de l’initiative. Le monde moderne est un vaste atelier, une immense école ou s’enseigne, ou se forgent les idées nouvelles. Qui de nous songerait à s’expatrier pour ENRICHIR notre pays de l’EXPERIENCE des autres peuples ? Voir ce qui se passe à PARIS, à MOSCOU, à ANKARA, à LONDRES, à NEW YORK, à TOKYO. Voilà une trentaine d’années que nous remuons les mêmes idées…Et lorsque l’un des nôtres essaye de s’écarter des vieux sentiers battus, les questions de personnes entrent en jeu immédiatement, parce que nous manquons « d’âme collective » et de sens général. Et de là vient que nos partis politiques ne sont que la copie d’un « boulangisme larvé ». Il y’a plus d’un demi-siècle, un homme d’état étranger observait qu’à PARIS les étudiants égyptiens fréquentaient les lieux de plaisir, alors que l’étudiant Japonais s’attardait dans les bibliothèques et le travail. Et l’homme d’état ajoutait : « Aujourd’hui le Japon est libre et l’Egypte est encore occupée ! ». Il ne faut pas croire au miracle. Nous croyons à la vertu du travail. Croyons aussi à la science, à cette force capable de soulever les montagnes. Un peuple sans savants, sans techniciens, sans ingénieurs est un peuple sans âme, sans assise. SA LIBERTE EST ILLUSOIRE. Elle n’existe pas et ne peut pas exister… Ce n’est pas sans raison qu’à l’aube du monde musulman, le PROPHETE (SAWS) ait dit : « cherchez la science même en chine ». Oui, rechercher la science même au bout du monde ! C’est bien cela ! L’Islam décadent s’est mis à penser qu’il s’agissait de la science religieuse. Erreur grossière. La connaissance religieuse vraie était alors à MEDINE et à LA MECQUE. C’était à la CHINE à venir les chercher, là dans son berceau. Il s’agit bien des SCIENCES POSITIVES, de la connaissance expérimentale, fondations inébranlables de la véritable grandeur des peuples. Cette science est la source de toute indépendance. Elle jette les ponts sur les rivières, perce les montagnes, capte les eaux, transforme les torrents en lumière et en richesse, fait sortir le bateau de l’arsenal, l’avion de l’atelier. PAS DE SCIENCE, PAS DE LIBERTE. La forme algébrique, la loi physique, la formule chimique sont les armateurs des peuples modernes. Quand l’ardoise et le tableau noir se multiplieront à travers les campagnes et les montagnes algériennes, quand le fils du paysan transcrira : ax2+6x = C = 0, la faim, le taudis, les haillons et la servitude ne tarderont pas à être définitivement chassés. Qu’est-ce que l’émancipation du Fellah que nous nous sommes donnés pour but ? Qu’est-ce que le progrès que nous revendiquons pour lui ? C’est avant tout l’amélioration des conditions matérielles de l’existence, le développement de la technique ; c’est la machine à vapeur, l’avion, le sans-fil, le tracteur, le barrage. C’est le développement des cerveaux et des cœurs à travers les générations, dans l’harmonie sociale de la pensée et des croyances. C’est la marche vers le bonheur ! Voilà, JEUNESSE DE MON PAYS, l’œuvre à laquelle je te convie à adhérer et à collaborer. LA SCIENCE N’A PAS DE PATRIE, LA SCIENCE N’A PAS DE RELIGION, LA SCIENCE N’A PAS DE RACE !! ». Fin De Citation. Pages : 323 à 324. ABREGE DE CONCLUSION DE L’AUTEURE : « Si FEHAT ABBAS avait pris les rênes du pays en 1962, il est à coup sûr qu’avec un homme tel que lui, guidant l’Algérie vers son destin, ce dernier aurait été celui de la DEMOCRATIE. MAIS… Et ce « mais » a changé la donne, puisque le sort réservé à ce grand homme après l’indépendance de l’Algérie, personne n’aurait pu le présager. Qui pouvait, en effet, imaginer un seul instant que ce grand homme allait dès lors être traité comme un renégat, parce qu’il avait refusé de cautionner ce qui était contraire à ses idéaux ? L’homme est entré dans la gloire, quoi qu’on ait pu faire ou dire pour ternir son image. Il fut de ces hommes que les nations ne connaissent qu’une fois par siècle. FEHAT ABBAS est décédé, mais il n’a jamais été aussi vivant qu’aujourd’hui. Les peuples, loin d’être dupes, savent « séparer le bon grain de l’ivraie !! ». L. BENMANSOUR. ***Le boulangisme, ou boulange, est un mouvement politique français de la fin du XIXe siècle qui constitua une menace pour la Troisième République. Son nom est dérivé de celui du général Georges Boulanger, militaire de prestance qui devint ministre de la Guerre, se rendit populaire par ses réformes mais inquiéta le gouvernement par son discours belliqueux. Au départ de ce mouvement, une affaire d'espionnage avec l'Empire allemand. Boulanger fut à l'origine d'une politique d'espionnage et d'utilisation de fonctionnaires français connaissant la région pour surveiller l'Alsace-Lorraine, ce qui conduit en 1887 à l'affaire Schnæbelé.

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