Ils ne sont plus là .....Ils ont déserté la place .....

Publié le par LAGHOUATI

 

Ie ne les revois plus …Ils ne se rencontrent plus sous cet arbre comme ils l’ont fait depuis qu’ils  sont retraités …Ils étaient six ou sept vieux amis à se retrouver tous les matins pour se donner les nouvelles de la ville , du pays et du monde …Pour évoquer leurs vieux souvenirs de jeunesse ….Où même d’enfance …. Il y en a même parmi eux qui arrive à réciter par cœur les fables de La Fontaine alors qu’il a dépassé les 90 ans ….

Ils ne sont plus là …J’avais l’habitude de me meler à eux pendant mes séjours à Laghouat ….Je ne le pourrai plus car ils ne sont plus là ….Ils ont déserté la place ….Il y en a qui sont partis pour d’autres contrées plus clémentes , auprès de leur Seigneur pour se reposer de cette vie qui ne leur dit plus rien ….D’autres agés et malades  ne sortent plus de chez eux .Et les quelques habitués qui arrivent encore à lutter contre la vieillesse et la maladie ,attendent toujours vainement des amis qui ne viendront pas ….

Ah que la vie est dure et impitoyable !

Et me vient le souvenir d’un poème appris à l’école ….

L’aïeul

Guy de Maupassant

L’aïeul mourait froid et rigide.
Il avait quatre-vingt-dix ans.
La blancheur de son front livide
Semblait blanche sur ses draps blancs.
Il entr’ouvrit son grand oeil pâle,
Et puis il parla d’une voix
Lointaine et vague comme un râle,
Ou comme un souffle au fond des bois.

Est-ce un souvenir, est-ce un rêve ?
Aux clairs matins de grand soleil
L’arbre fermentait sous la sève,
Mon coeur battait d’un sang vermeil.
Est-ce un souvenir, est-ce un rêve ?
Comme la vie est douce et brève !
Je me souviens, je me souviens
Des jours passés, des jours anciens !
J’étais jeune ! je me souviens !

Est-ce un souvenir, est-ce un rêve ?
L’onde sent un frisson courir
A toute brise qui s’élève ;
Mon sein tremblait à tout désir.
Est-ce un souvenir, est-ce un rêve.
Ce souffle ardent qui nous soulève ?
Je me souviens, je me souviens !
Force et jeunesse ! ô joyeux biens !
L’amour ! l’amour ! je me souviens !

Est-ce un souvenir, est-ce un rêve ?
Ma poitrine est pleine du bruit
Que font les vagues sur la grève,
Ma pensée hésite et me fuit.
Est-ce un souvenir, est-ce un rêve
Que je commence ou que j’achève ?
Je me souviens, je me souviens !
On va m’étendre près des miens ;
La mort ! la mort ! je me souviens !

Guy de Maupassant, Des vers

 

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