SI  EL  HADJ  KHALED  AMEUR LE  MOUDJAHID  MIRACULÉ - Par KAMAL HADJOUDJA-  

Publié le par LAGHOUATI

SI  EL  HADJ  KHALED  AMEUR LE  MOUDJAHID  MIRACULÉ - Par KAMAL HADJOUDJA-  
SI  EL  HADJ  KHALED  AMEUR LE  MOUDJAHID  MIRACULÉ - Par KAMAL HADJOUDJA-  
SI  EL  HADJ  KHALED  AMEUR LE  MOUDJAHID  MIRACULÉ - Par KAMAL HADJOUDJA-  

SI  EL  HADJ  KHALED  AMEUR

LE  MOUDJAHID  MIRACULE

 

La grève générale de 1957 marqua une étape importante dans la résistance du peuple algérien contre les envahisseurs de 1830.

Le 1er janvier 1957, la radio « LA VOIX DE L’ALGERIE LIBRE ET COMBATTANTE » «  SAWT  EL  DJAZAIR  EL  MOUKAFIHA » émettant à cette époque à  partir d’un camion mobile depuis le Rif  Marocain, appela à la grève générale de 8 jours (du 28/1/1957 au 4/2/1957). Largement suivie, elle a permis d’informer l’opinion internationale et l’O.N.U.  de la volonté d’indépendance du peuple algérien et son représentant : Le F.L.N.

Durant cette même période, et afin de mettre un terme aux actions armées meurtrières menées par l’A.L.N. et par la même occasion couper celle-ci de ses bases à l’étranger ; des lignes fortifiées de défense furent érigées le long des frontières Est et Ouest, et prennent le nom de leurs initiateurs : LIGNES MAURICE et CHALLE…La réalisation de ces lignes commença à partir de juillet 1957 ; s’étendant à l’ouest sur 750 kilomètres : de Ghazaouet au nord à Béchar au sud…Elles étaient réputées infranchissables, car électrifiées ( 30.000 volts ) et surveillées nuit et jour par des postes d’observation rapprochés, équipés de toutes sortes d’armes modernes : Transmission, radars ; artillerie guidée par radar, missile sol-sol, différents avions de combat et des unités militaires appartenant aux trois armes : Terre / Air / Mer ; prêts à intervenir à tout moment ! Ces mesures furent consolidées par un système de minage très dangereux, qui continue de faire des victimes innocentes parmi la population rurale jusqu’à nos jours…Malgré tout cela nos moudjahidines, en dépit de toutes les difficultés, arrivaient à traverser ces lignes !

En 1960, les lignes furent perfectionnées et devinrent quasi-hermétiques. Toute tentative de « percer » le barrage  devenait de plus en plus ardue, entrainant comme résultante :

-        De lourdes pertes humaines

-        Et un défaut crucial d’approvisionnement en armes et munitions des unités combattantes de l’intérieur.

 Devant cette situation dramatique, le commandement de l’A.L.N. constata alors qu’il devenait inéluctable de s’efforcer de passer coute que coute à travers les fils de fer barbelés électrifiés et les champs de mines même si cela exigeait des affrontements de plus en plus sanglants avec l’ennemi. Pour ce faire, on adopta une tactique qui consistait à choisir des couloirs de franchissement dans des endroits montagneux, difficiles à miner à cause du relief rocailleux  tels : Le DJEBEL  ASFOUR, SIDI  DJILALI, SEBDOU, AIN SEFRA, Le DJEBEL  ANTAR près de BECHAR en ce qui concerne la zone opérationnelle ouest…

Face à cette tragédie que vivaient les « KATIBAS » de l’intérieur livrées à elles-mêmes, à court d’armes, de munitions et d’argent ; le 24 aout 1958, KRIM  BELKACEM, vice-président du G.P.R.A. et Ministre des Forces Armées, prescrivit «  d’utiliser tous les moyens pour attaquer les frontières ».C’était lors d’une de ces opérations héroïques qu’entra dans la légende notre valeureux et dorénavant célèbre MOUDJAHID  MIRACULE  SI  EL  HADJ  KHALED  AMEUR (A.Y.).

Né présumé en 1908 à Larbaas, sédentarisé  suite aux affres de la disette des années 1940 à la rue SIDI-YANES, puis jeta son dévolu  sur   la rue du GHAT, plus connue sous le nom de rue du PALMIER, ou il déménagea au début des années 1950 ; devenant de ce fait notre voisin de quartier…

Durant quelques mois il tint un petit commerce de proximité dans le quartier DALAA, puis fut embauché comme ouvrier à la C.G.G. (Compagnie Générale de Géophysique), qui était alors une entreprise française spécialisée dans l’exploration du sous-sol.

Bien que l’emploi fût relativement stable et rémunérateur pour l’époque, il ne put résister à l’appel de la patrie meurtrie. Abandonnant son job, sa femme et ses enfants en bas âge, il rejoignit le maquis pendant la grève générale des 8 jours, fermement décidé à accomplir son devoir sacré de patriote envers DIEU, son PEUPLE et sa PATRIE !

Il fut incorporé dans la Wilaya 5, Zone 2, sous les ordres de MR. MOHAMED BENAHMED ABDELGHANI(A.Y)  commandant de la Zone Sud et futur Colonel chef de la Première Région Militaire, puis Ministre de l’Intérieur en 1974, enfin Premier Ministre du Président CHADLI  BENDJEDID (A.Y.).

SI  EL  HADJ  KHALED  AMEUR n’était pas très grand, mais assez trapu avec de larges épaules et durement musclé. C’est sans doute cette particularité majeure qui décida de son embauche par la C.G.G. !! Il était sérieux, travailleur et dynamique. Il n’était pas spécialement bavard malgré une voix de bucheron ; se tenant toujours droit en fixant  son interlocuteur  droit  dans les yeux !! Sa grosse moustache, sa barbe légère et ses yeux noirs et profonds lui donnaient un air de patriarche. Il accueillait tout le monde avec beaucoup de disponibilité. C’était une personne généreuse et sympathique dont la bonne humeur faisait sourire les autres…

En 1959, lors d’une opération nocturne de traversée de la ligne fortifiée ouest avec son unité au Djebel Antar près de Béchar, et après avoir parcouru plusieurs kilomètres sous une pluie d’obus, s’être jeté à plat ventre tous les dix mètres pour échapper aux balles mitraillées  par les blindés ou provenant des miradors  de surveillance ; alors que les bombes éclairantes larguées par avion , changeaient la nuit en jour pendant cinq longues minutes  révélant le pitoyable  spectacle des blessés gémissants, épongeant eux-mêmes le sang qui ruisselait souvent de plusieurs blessures à la fois ; empêtré au milieu des redoutables barbelés, en sang, les vêtements lacérés, il fut finalement encerclé avec les rares Djounouds survivants et fait prisonnier… Il venait d’avoir 51 ans !

Un Légionnaire qui  parvint jusqu’à lui, l’ajusta  posément avec sa mitraillette, persuadé qu’il était gravement touché. Lui, impassible, le visage ensanglanté enfoui dans la glaise humide guettant la rafale qui mettrait  enfin un terme à tous ses tourments. En cet instant solennel, sa dernière pensée fut pour les siens…

Le «  Mercenaire Compatissant » qui voulait l’achever  sans état d’âme, pressa sur la détente…MAIS…O  MIRACLE   DIVIN ! La balle ne sortit pas. L’ARME  S’ETAIT  ENRAYEE !! Voulant essayer une seconde fois, son supérieur qui s’était rapproché entre temps d’eux, intervint in-extremis, lui intimant l’ordre d’épargner le prisonnier ! Et c’est ainsi qu’il eut la vie sauve …

Amené d’abord au camp de prisonniers de AIN SEFRA ou il séjourna quelques mois, puis transféré au camp de détention de PAUL GAZELLES (aujourd’hui AIN OUSSERA), enfin au D.O.P. de LAGHOUAT.

Les D.O.P. (Dispositif  Opérationnel de Protection) étaient des structures  militaires et de renseignements chargées des «  interrogatoires musclés » et de la collecte d’informations  par tous les moyens  y compris  l’emploi  de la torture !

Gravement malade à cause des sévices subis lors de son incarcération ; il fut libéré sous conditions en 1961.

Arrêté de nouveau trois mois plus tard pour «  activités subversives » et « atteinte à la sureté de l’état » ; il fut incarcéré  au D.O.P. de LAGHOUAT, sis au quartier MAMOURAH  JARDINS jusqu’à l’indépendance du pays en 1962.

Parmi les nombreuses séquelles héritées à la suite des maltraitances subies durant sa longue détention fut la perte de son audition…

Il décéda dans son domicile à l’âge de…103 ans ; entouré des siens avec le sentiment du devoir accompli le 29/01/2011, et fut inhumé au cimetière de M’KAM.        ALLAH  YARHAMOU. Ainsi que tous nos CHOUHADAS. AMINE !

 

REMERCIEMENTS :

Je remercie pour leur précieuse collaboration  Messieurs :

-        HADJ  BACHIR  AMEUR/  Professeur en retraite et fils de HADJ  KHALED (A.Y.).

-        HADJ  MIHOUB  AMEUR / Neveu du défunt.

SOLLICITATION :

Pour historier cette modeste contribution dédiée à la mémoire de notre vaillant Moudjahid feu SI EL HADJ  KHALED  AMEUR ; je prie notre Boss bienveillant, SI EL HADJ MHAL, de bien vouloir y joindre la plus belle des chansons de SERGE LAMA sur l’Algérie, qui a fait l’histoire et qui « parlait à nos cœurs d’adolescents », intitulée : L’ALGERIE. (4 :01)                   

 AVEC UN GRAND MERCI D’AVANCE.

SOUHAIT : POUR TOUS(TES) NOS AMIS(ES)

Que vous partiez en voyage ou que vous restiez chez vous dans cette fournaise  pour apprécier le « plaisir » quotidien de la canicule exceptionnelle qui sévit cette année ; je vous souhaite de grands moments de sérénité et d’agréables  séjours  en famille !!

                                          AU  PLAISIR.

KAMAL HADJOUDJA

 

Publié dans K.HADJOUDJA

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docteur avezou 26/07/2017 23:29

l'ancien jeune docteur de Laghouat 1965 aimerait vous remercier pour l'article de mai 2015
sergeavezou@orange.fr
amitiés

Aissa ZIGHEM 21/07/2017 22:03

J'étais très jeune , petit mème au milieu des années 50 quand j'ai connu Si Khaled Allah yarahmou , il était un homme au caractère avenant très sympathique et agréable à la discussion quand il rencontrait mon père (A.Y) , en plus il était très généreux et très nationaliste sans oublier son épouse qui était une dame respectable et fort remarquable de par son amabilité ainsi que leurs merveilleux enfants Aissa , Bachir , Immi, Zohra Allah yarhamha et les autres que je n'ai pas eu le plaisir de connaitre.

Vietnam Dragon Travel 21/07/2017 05:49

Oh mon dieu!

Ameur hmed 22/07/2017 13:20

Merci Hadj Aissa pour ce témoignage, je suis le 4ème fils de Hadj Khaled que vous ne connaissez pas , malgré la visite que vous ai rendue chez vous à Ouargla en 2005 , j'ai le même âge presque votre frangin Abdekader qui me connait et qui j'espère se souvient , toujours de moi ! Salutations!