Mouloud Moubarak, mes frères et sœurs !
Aujourd’hui nous fetons la naissance de Sidna Mohamed que la paix soit sur lui. Aujourd’hui les Musulmans fêtent la naissance de celui que Dieu a envoyé, il y a 15 siècles, comme acte de « miséricorde envers les univers ».
A mes frères et sœurs je souhaite bonne fête et à ceux qui dans une coquille de noix tiennent ce discours-ci, à propos des Musulmans : que les Occidentaux sont qu’on le veuille ou non ce qu’il sont, lors que les Musulmans, habitants les vieilles colonies sont fondamentalement différents et à bien analyser les choses inférieurs et que par conséquent ils s’arrogent le droit de nous gouverner, de nous exploiter, et de nous guider vers les lumineuses voies qui sont les leurs - je tiens à leur dire ceci :
1- Dans la petite ville de Laghouat, il y avait pour nous enfants trois fêtes religieuses annuelles. Il y avait un Aid esSeghir et un Aid el kebir et le Mouloud Ennabaoui echarif. Je vais vous parler de ce que revêtait ces fêtes sacrées pour nous, en particulier celle du Mouled enNabaoui écharif et je vais vous parler de ses implications sur notre vie sociale, à ceux qui trouvent que échappions à toute analyse fondamentalement raisonnable c’est à dire européenne.
Le Mouled Enabaoui est la fête annuelle, par laquelle nous fêtons la naissance de Sidna Mohamed –elle tourne à longueur d’année ; le calendrier adopté étant lunaire et une fête pour autant qu’elle soit religieuses est plus spirituelle à tourner autour de l’an qu’à être fixée en une date claire et nette, comme le 24 décembre pour la fête de la nativité de Jésus Christ chez les Chrétiens.
Dans les années 50, du siècle dernier, Laghouat comptait 15.000 habitants…
Qui de ma génération ne se souvient pas de l’école Coranique, pendant du Jamié Draouich,
du Taleb Benzahia et des chants religieux qui fusaient de chaque créneau et qui ne se souvient des Mecemens, des baqrirs, des mahroug et des rowena qu’on amenait de la maison de Mr. un Tel « dar Si Flen » pour remonter les enfants du quartier, tous très jeunes et les chanteurs d’ « Alborda », plus vieux.
« Alborda » de l’imam Albosseiri est un long poème qui chante les faits et geste de Sidna Mohamed, que la paix soit sur lui. Et il n’est pas un trait de la biographie du prophète que la « borda » ne retrace.
Douze jours avant l’anniversaire du prophète, la ville commence sa fête, les pétards fusent sans rime ni raison, jusqu’au beau milieu de nos belles nuits.
Les faits et gestes du prophète se font présenst chaque soir au son des chants religieux du premier du mois jusqu’au douzième, où c’est la grande fête.
Ces fêtes de douze jours, il ne faut pas être grand prêtre pour comprendre que chaque Musulman a devant lui l’image chantée, de celui qui fut maître de ce qui existe !
Ainsi en lui, s’ancrera l’image de ce que l’homme devra être, car en lui se trouvera debout l’archétype de l’HOMME : Sidna Mohamed.
Les pétards qui sont une innovation réveillent celui qui dort .Dieu tape à votre porte, et vous dormez encore. C’est une vieille méthode Sufi pour vous extirper de votre sommeil.
Nous en Algérie, sommes d’une une vieille colonie et de l’enseignement de nos maîtres d’antan, nous en avons bavé, c’est pourquoi, il faut que la génération estudiantine d’aujourd’hui sache de quoi il retourne.
Nous étions à la vieille d’obtenir l’Indépendance et en 1961, la grande France voulait pacifier le pays et quoi de plus simple ! ?
Qu’ils s’amusent !
Amusons-les ces Arabo-Berbères !
Et va que je te multiplie les centres culturels dans chaque « médina », dans chaque quartier dans chaque « méchta » : c’était l’époque de la pacification du pays.
En 1961, la guerre d’Algérie, c’était déjà du passé pour le colonisateur…Il fallait négocier pour demain, et il fallait viser loin.
Nous étions jeunes et la France a mis dans nos quartiers des « agents de l’action psychologique » ; histoire de nous montrer comment « évoluer », comment être à la page.
Il n’a jamais été question dans ces foyers culturels, de la lutte du FLN, de la Libération, de l’indépendance, non, mais il a été question de nous inculquer subrepticement comment ne pas être Musulman.
Jouer aux dames, aux cartes, aux dominos, écouter la musique française et algérienne d’un gramophone appartenant au Foyer, jouer au ping pong, au baby foot,tout cela c’est très bien mais boire la bière Gauloise, dans les Foyers militaires dans les « méchtah » au tiers du prix était bien vu aussi.
Mais la bière, la bière c’est interdit ?
Interdit ? Il est libre, non ? Alors… ?
Ah bon !
Afficher, Dieu sait quel comportement, c’était cela être… « Comme il faut ». !
Du coup vous deveniez un Musulman « évolué », pas comme les autres.
Pas comme quoi ?
Pas comme les « schleus » !
Pas d’indexe, pas d’homme à imiter, pas de grande culture, pas d’humanité, pas de fraternité pour vos frères et sœurs humains autour du globe et vous êtes pour ces colons nouvelle vague « évolué !!! » C’est une vieille histoire et on ne nous la fait pas deux fois.
Le Danemark, qu’il me fut donné de voir et de visiter à l’époque où il plaisait au Président Chadli et à son Ministre des Finances, de distribuer avec largesse les économies du pays au menu peuple, joue le jeu de l’Europe, et il feint de ne comprendre.
Le Danemark, bien que n’étant pas la France, ou la Grande Bretagne et n’ayant que le frigide Groenland comme colonie, le Danemark a bien saisi l’attirail et l’argutie des grands colonisateurs et il en use bien. Son Jylland-Posten, un journal, se permet d’insulter un milliard d’êtres humains et on nous reproduit le tour de passe passe : «Eh…Eh La liberté de la presse ?...la liberté de dire ce qu’on veut ? »
Qu’est –ce à voir, tous cela ?
Vous touchez à ce qu’il y a de plus cher chez le Musulman et arguez de votre liberté d’insulter qui vous voulez… même Dieu !!!
« Comment, comment nous sommes en démocratie, (le grand mot !) ou alors quoi ?
Il y a une liberté de la presse, non ? et puis, ajoute le Premier Ministre danois
Je ne commande pas aux journaux !!!….
Un mot sur le soi disant holocauste des Juifs par les Nazis et du coup, le Premier Ministre du Danemark est prêt à sévir sur qui que ce soit dans le Danemark, cet endroit gai et propret.
Aux académiciens et autres « taquineurs » de la belle plume, aux francophiles de chez nous et d’ailleurs, j’offre cette conférence traduite de l’anglais..
Je l’obtins du Centre Islamique de Birmingham, il y a bien des années et elle est du prof. K.S. Ramakrishna Rao.
On la trouve très aisément en anglais à l’Internet sous le site :
www. Angelfire.com/journal/wrote/Mohammed2. html
www.themodernreligion.Com/prophet/prophet-rao.html - 44k -
Vous aurez remarqué que Ramakrisna Rao n’est point un adepte de la religion Musulmane.
Mais à ces détracteurs de la religion de Mohamed, nous disons, que s’il leur reste un tant soit peu de cette logique universelle et de cette largeur de vue occidentale dont on ne cesse de rabattre les oreille qu’ils essaient de comprendre qu’en s’attaquant à la personne du sacré prophète, ils ont commis une bévue en dehors de laquelle il n’y a nulle bévue.
Aucune rémission n’est possible pour cela et vous aller comprendre pourquoi.
On nous a fait le coup
Si vous vous laissiez aller jusqu’au bout du jeu vous vous éveillerez ennemis de vous-mêmes, ennemis des vôtres, ne sachant trop vers quel pôle tendre.
Et c’est trop nous demander. E t quand d’aventure, « la mère patrie de ces braves gars danois ou autre» juge, chemin faisant, comme ce fut le cas ici, que la colonisation économique vaut mieux que la colonie de peuplement, parce que trop voyant, les harka vont devoir aller cultiver les choux dans ces endroits en France où des « Musulmans évolués », mènent une vie de parias, sous l’œil désapprobateur des Français qui aiment tous sauf « les gosses des banlieues ».
Quand vous ruinez ce que nous avons dans le cœur, quand vous vous permettez de ruiner ce que nous chérissions en nous, de sorte à faire de nous des vendus - des « Harka »- sans référence, ni indexe , désolé , il ne peut y avoir de rémission quand bien même s’ il ne s’agirait que du Danemark et il ne s’agit pas du Danemark…Voyez comme l’Europe se trouve prise au jeu.
Aujourd’hui la ville de Laghouat vibre de chants à la gloire de Sidna Mohamed – nous sommes en période du Mouled- on récite à nos enfants quel fut l’homme qui a jeté l’ombre de la Rahma- la miséricorde-, sur nous et sur le monde entier.
« Il y a Mohamed le prophète ,il y a Mohamed le général; Mohammad le roi Mohammad le guerrier; Mohammad l’homme d’affaire, Mohammad le prêcheur; Mohammad le Philosophe; Mohammad l’homme d’état; Mohammad l’ ’orateur; Mohammad le réformateur; Mohammad le Refuge de l orphelin; Mohammad le Protecteur des esclaves; Mohammad l’ Emancipateur de la femme; Mohammad le législateur; Mohammad le juge; Mohammad le Saint. » Tout est décrit dans la borda et la hamazia.
Cet homme sera pour tous ceux qui ont conscience l’homme à suivre, l’homme à imiter, l’homme à aimer.
Et c’est cet homme auquel votre machine psychologique voulait à toute force
empêcher les jeunes Algériens de penser. Ils y auront pensé au moins les 12 jours que dure le Mouled Ennabaoui chérif. Nous sommes comme le Mahatma K. GANDHI qui
disait : "Je voulais mieux connaître la vie de celui qui aujourd'hui détient indiscutablement les cœurs de millions
d'êtres humains. Je suis désormais plus que jamais convaincu que ce n'était pas l'épée qui créait une place pour l'Islam dans le cœur de ceux qui cherchaient une direction à leur vie. C'était
cette grande humilité, cet altruisme du Prophète, l'égard scrupuleux envers ses engagements, sa dévotion intense à ses amis et adeptes, son intrépidité, son courage, sa confiance absolue en Dieu
et en sa propre mission. Ces faits, et non l'épée, lui amenèrent tant de succès, et lui permirent de surmonter les problèmes
Vous avez beau dire, gentlemen,…démocratie, liberté, de croire ce qu’on veut, ou ce qu’on ne veut pas, les droit de l’homme,etc,etc nous savons pertinemment que l’enjeu chez vous ne va pas au-delà du prix du baril de brut, quelques que soient vos arguties sur les droits de l’homme ou de la femme.
Nous savons maintenant à quoi il faut s’en tenir quant à tout cela : « démocratie » c’était bien trop de bruit pour rien.
Quiconque est doué de raison se rendra à l’idée de Ramakrishna Rao que Mohamed selon la pure logique est l’homme à suivre, il est pour, nous Musulmans, le nucléus de notre vie humaine et même au-delà.
Ils sont nombreux en occident, messieurs les Danois, ceux que la colère du monde Musulman a surpris et poussé à s’étonner qu’un tel homme soit ainsi l’archétype de foules nombreuses autour de la terre. « Dieu guide qui IL veut. »
N. COTTE
“We’ are like this, but ‘they’, for unexplainable reasons, are fundamentally different, and in due course, inferior." This in turn serves as justification for "Us" to rule "Them", to exploit "Them", to guide "Them" to our enlightened way’s” Ahmed Bakir Tarabishi
.
HEUREUX LE MARTYRS
Heureux les martyrs qui n’ont rien vu
Des massacres perpétrés au nom de leurs guerres
Heureux les aveugles qui ont perdu la vue
Ils ne verront pas le frère assassinant son frère
Heureux les enfants qui n’ont pas tous grandi
Occupés à jouer à mythifier la guerre
Heureux les fous qui de tout temps ont brandi
Leur spleen comme étendard et leur cri de colère
Heureux les innocents qui savaient écouter
Le cri de leur cœur au plus fort de la grêle
Heureux ceux qui ont le cœur à chanter
Les complaintes de Brassens et les mélodies de Brel
Heureux les amoureux qui ont déjà compté
Au plus fort de leur amour mille journées de galère
Heureux les passionnés qui ont gardé leur bonté
Dans leurs incertitudes et qui ne sont pas toujours fiers
Heureux les poètes qui n’ont fait que paraphraser
Les vers de Rimbaud et les rimes de Baudelaire
Heureux les chats et les chiens écrasés
Sur les routes du retour et les chemins de travers
Heureux les malheureux qui n’ont pas tous bravé
Leurs malheurs indicibles au prix de mille misères
Heureux les peintres qui n’ont fait que graver
Des esquisses dans le ciel et des signaux dans l’air
Heureux les musiciens qui n’ont fait que chanter
Le murmure des eaux et les bruits de la mer
Heureux nos parents qui en nous ont planté
Leur amour du prochain et leur amour de la terre
Amine Lotfi Laghouat le 10-01-96
A mes amis journalistes où qu'ils se trouvent à feu MOHAND BESSAOUD à LAZHARI LABTER à DAHOU ABDALLAH à MOHAMED BENCHICOU à TAHAR DJAOUT SAID MEKBEL ABDERRAHMAN CHERGOU ABDELHAMID BENZINE et aux intellects Laghouatis morts ou vivants qui ont guidé mes pas et à qui je dois tout et au digne heritier de SI HADJ AISSA BOUBAKEUR j'ai nommé HADJ MED .Amine Lotfi
A l’occasion de la célébration des fêtes du Mouloud En-Nabaoui, je n’ai pas trouvé mieux à vous faire lire que cette excellente chronique que diffusait en son temps la chaine 3 de Radio Alger et qui malheureusement a disparu depuis, et le site web qui lui était consacrée a lui aussi disparu.
Le Mouloud est célébré à peu près de la même façon à travers les différentes régions du pays avec quelques variantes minimes. Il était célébré, de notre temps, avec beaucoup plus de faste et ferveur : partout, dans les mosquées, dans les maisons, dans les rues avec beaucoup moins de pétards mais avec beaucoup plus de piété et de récitations coraniques et chants religieux. La veille du mouloud toutes les familles de Laghouat préparent du couscous comme lors des mariages avec de la viande de mouton et beaucoup de légumes de saison, la soirée est ponctuée par la consommation de friandises (de Draz comme nous disions), de thé à la menthe et rituel du henné pour les femmes et les filles.
Très belle époque que celle que nous avons vécue !
Nos fêtes, de nos jours, ont perdu, comme toute chose, leur cachet d’antan, tout ce qui faisait d’elles un hymne à la joie de vivre, tout ce qui les singularisait véritablement des autres jours. On assistait à une grande solidarité entre les familles et les différences entre riches et pauvres disparaissaient le temps de quelques jours.
Sacrée époque, Reviens-nous le temps d’un court instant ! Reviens-nous pour nous aider à mieux supporter ces moments sans saveur ni attrait aucun.
Laghouati le 07 mars 2009
Mouloud ya Mouloud Mouloud ennabi
Lalla Amina weldet eçabbi
« …..Et même si je ne suis pas nostalgique de nature, il est vrai que le Mouloud de mon enfance était beaucoup plus beau.
Je me souviens que c’était une fête magnifique, unique, sonore et lumineuse. Elle se préparait longtemps à l’avance. Pour nous, enfants, elle commençait d’abord par des économies que nous faisions pendant des mois pour pouvoir acheter les pétards, ou différents jeux de pyrotechnie disponibles sur le marché. Les pétards étaient bien plus petits que ceux d’aujourd’hui. Ils étaient inoffensifs. D’ailleurs on pouvait même les faire exploser dans nos mains.
Mais, il était strictement interdit de faire exploser le moindre petit pétard avant le soir de la fête. Interdiction parentale formelle et nous la respections. Non pas que nous étions des enfants modèles, loin de là… seulement il n’était pas du tout sage d’épuiser ses munitions avant le soir du mouloud. Avant les autres. Car ce soir-là, à peine la nuit tombée, un véritable concours s’organisait entre tous les enfants du voisinage. C’était à qui avait le plus de pétards, de fusées, de Jex, ou Tampons Jex, connu dans le langage populaire sous le nom de ch’âr la’âdjouza. Ou bien de carbure, cette roche qui libère un gaz lorsqu’on crache dessus, que nous mettions dans une boite en fer. Le gaz emplissait la boite et la faisait exploser au bout de quelques secondes. Sinon, il y avait ce petit tube en fer qu’on remplissait du phosphore des allumettes et qu’on faisait éclater en frappant dessus avec un clou.
C’était à qui pouvait tenir le plus longtemps. Et surtout qui, réussissait les plus beaux effets sonores et lumineux.
Quoi qu’il en soit, tout cela ne durait pas plus d’une à deux heures. Et lorsque nous avions épuisé toutes nos munitions, il ne nous restait plus qu’à admirer les bougies. Il y en avait une pour chaque membre de la famille et quelques autres pour Assas Eldar. Le gardien de la maison. Un gardien invisible que ma mère n’oubliait jamais ce soir-là. Elle brûlait aussi quelques bâtonnets d’ânbar, de l’encens, destiné à purifier l’atmosphère et à chasser les mauvais esprits.
Ensuite, c’était le moment de se mettre à table et de manger ce que ma mère avait préparé pour la circonstance. Un dîner composé d’un plat à base de semoule, arrosé d’une sauce au poulet, légumes et pois chiche. C’était généralement de la Rechta, sinon, du Couscous, ou alors du Refis.
Après le dîner, venait le tour du henné. Ma mère nous enduisait les mains de henné et pour plus d’effet, nous nous endormions avec, les mains soigneusement enveloppées dans du linge. Nous nous réveillions le lendemain matin, pressés de nous laver les mains et de constater l’effet obtenu.
Nous prenions ensuite notre petit déjeuner de fête,
avec de la Tommina au menu.
La Tommina, pâtisserie inégalable pour célébrer une naissance en Algérie. Semoule dorée, beurre et miel fondus. Un véritable régal.
La fête du mouloud pouvait durer encore quelques jours. D’ailleurs dans certaines régions d’Algérie, elle dure 7 jours comme pour une véritable naissance dont on célèbre le 7ème jour : Assaba’ ou Sbou’. Pour exemple le Sbou’ de Timimoune qui rassemble des milliers de personnes pendant toute une semaine, à l’occasion du Mouloud.
Il est possible que les souvenirs du mouloud de mon enfance ne ressemblent pas exactement aux vôtres. Mais, la différence ne doit pas être importante, n’est-ce pas ? Car en Algérie, et dans tout le Maghreb, la fête du Mouloud s’est mêlée aux fêtes de la fécondité, et de la fertilité. Aux fêtes paysannes auxquelles elle a du emprunter certains rites. Etant une fête du calendrier lunaire, elle est mobile autour des saisons. Et a du se mélanger et se confondre avec les autres fêtes agraires, comme Yennayer ou la célébration du printemps, par exemple.
La fête du Mouloud, daterait de l’époque des fatimides, c'est-à-dire du 10ème siècle. Les fatimides ont fondé un état en Afrique du nord, puis se sont déplacés en Egypte. Et il semblerait que c’est à eux que l’on devrait la célébration du Mouloud. Par la suite cette célébration a été controversée et parfois même interdite au cours de l’Histoire.
N’étant pas une fête religieuse au sens strict du terme, les théologiens, et les souverains ont tenté de l’interdire en évoquant la bid’â, innovation ou déviation de la religion.
Elle a été par la suite rétablie et acceptée. Et nous célébrons aujourd’hui encore le Mouloud, comme date de la naissance du prophète Mohamed (âlih eçlat wesslam). Mais, également date de l’avènement de l’Islam. La religion qui a illuminé le monde. Et nous comprenons alors, pourquoi tant de bougies, le soir du mouloud.
Chronique diffusée le : 27/04/2004
C'est une photographie que je vois pour la première fois : Elle represente la Medersa " Achabiba" ( élèves, corps enseignant et notables de la ville).
La photo a été prise en 1924 soit il y a 85 ans. Je ne reconnais personne. Celui qui peut nous en dire quelque chose sera le bienvenu. Je ne peux pas vous en dire plus.
Mon ami Madani Khenifer a eu encore l'amabilité de m'envoyer quatre vielles
photos de Laghouat. Mes sincères remeciements pour ce geste o combien significatif.
Cette photo représente le corps enseignant de l'école du centre de la ville de Laghouat, les années 50 du siècle passé.
On y voit notamment :
- Le premier assis à l'extreme gauche si Hadj Abdelaziz el Eulmi ( en costume traditionnel)
- Debouts : de droite à gauche : Si Mohamed Souffi ; Si habib Chohra ; Si Djelloul Belmechri; le 5 ème c'est Hadj Kada Ahmida, le 9 ème c'est Mohamed Bouchrit.
Le Directeur de l'établissement est assis au milieu des dames : Monsieur Lefevre.
|
En souvenirs et regrets éternels et en hommage à mon grand père MOLINARI GIACOMO qui restera grand comme l'amour que je lui porte, au grand SI BOUBAKEUR HADJ AISSA l'encyclopédie que nous
avons perdue, à SI MOSTAPHA LAMRI l'homme lige qui savait écouter le bruissement de nos cœurs, à l'immense BOUDIAF Mohamed père de la révolution, à l'ami au confident le journaliste
DJAOUT Tahar au frère chroniqueur MEKBEL Saïd, au copain des moments de grandes solitudes MIMOUNI Rachid, à notre père spirituel à tous le Moudjahid journaliste CHERGUOU ABDERAHMAN,
à MAHMOUDI ABDERAHMAN , au seigneur Moudjahid BENZINE Abdelhamid, à MOSTEFA LACHRAF qui m'accueillait toujours chaleureusement chez lui , à notre père à tous KADA HAMIDA, à l'intellect
BENADJILA Ayache, à mes oncles SOUKHAL Tahar et ALLAL, à mon oncle MOLINARI AHMED BOUSEBCI à MOLINARI OUM ELKHEIR la martyre de la révolution, à ma mère Hadja Zohra SOUKHAL
partie elle aussi rejoindre les cieux un vendredi du mois de ramadhan et à tous les valeureux d'Algérie qui ont donné leurs vies pour que vive ce pays dans la paix et la sérénité.
|
|
|
Merci, Amine pour cet hommage posthume. Je n'ai pas connu le regretté Saidi mais vous en parlez si bien, avec des mots justes, forts et tellement sincères que j'ai l'impression que je ne connais que lui. Merci de nous l'avoir fait connaître et aimer !
Laghouati le 05 Mars 2009
بمناسبة حلول
المولد النبوي الشريف تمنياتي بوافر الصحة و العافية و
الإيمان لجميع المسلمين و المسلمات في جميع أقطار العالم.
آمين
LA VALLEE DU M’ZI
Dans cette belle ville où mon enfance a suivi
Les chemins escarpés qui ne mènent nulle part
Le parcours arpenté qui attise à l’envie
Les rêves les plus fous et les caprices du hasard
Elle porte des souvenirs qui font battre les cœurs
Elle déroule l’avenir sous des pieds qui recherchent
Dans le regard de l’autre une parcelle de bonheur
Un coin ombragé qu’elle dresse haut comme une perche
Ouvrant au loin les yeux vers un ciel qui rougit
Au contact du sol qui tel un bras prolonge
L’obscurité du soir qui fait le tour du logis
Quand la nuit se dérobe et le jour s’allonge
Un îlot qui échappe aux clameurs et qui reste
Un paradis sans pareil quand l’hiver s’enfonce
Profondément sous terre donnant ainsi du leste
Au passé qui la rapproche chaque jour de l’enfance
Ouvrant grands les yeux à la métamorphose
Elle déverse sa grâce en tissant le tapis
Aux cris de l’hirondelle qui accompagne la rose
Aux sommets des versants qui la portent en képi
Amine Lotfi Laghouat le 12-07-1981 En hommage à mon grand père MOLINARI GIACOMO, à SI BOUBAKEUR HADJ AISSA qui me donna les clefs du royaume pour ouvrir tout le reste.
|
Bonjour,
|
|
|
LAGHOUAT rattrape son époque
Pour tout heureux élu, bien sur on ne gagne jamais seul, ni par
hasard. La personnalité compte, le projet aussi, l’organisation, et autres artifices à l'algérienne bien entendu.
Mais importe plus encore le souffle de l’histoire, le grand vent des idées dominantes la vox populi a certes dit son mot mais sans la conviction populaire d’antan, appréhensions et
peur des promesses en l’air qui ne seront jamais tenues obligent.
Ces appréhensions viennent de loin, très loin elles
ressurgissent tel un leitmotiv du fond de la mémoire collective d’une ville meurtrie mille fois séduite et moult fois abandonnée.
Une telle peur ne peut trouver son explication que dans le ras-le-bol des Laghouatis, outrés par la conduite des affaires de leur ville par une classe politique (députés et élus locaux) qui a
plongé la cité chère à SIDI
HAKOUM dans l’impasse Or, cette
«classe politique», s’est illustrée ces dernières années par une absence totale de vision, par une méconnaissance récurrente des pulsions qui travaillent en profondeur la société, de même qu’elle
a ignoré ostensiblement les problèmes auxquels étaient confrontées des populations sans réelle perspectives d’avenir.
Les Laghouatis à l’instar de tous les Algériens
n’ont pas trouvé auprès des élus locaux et autres députés censés représenter le peuple auprès de l’Exécutif et du pouvoir politique - l’écoute à laquelle ils estiment avoir droit.
En fait, il y a césure entre le peuple, et l’élu qui, de plus en plus, ne représente que lui-même ou, à défaut, servait à justifier l’existence d’une chambre basse dont d’aucuns ne s’expliquent
pas l’intérêt de son maintien
Déjà de par le passé pour la ville de BEN
BOUTA entre LAHLAF et OULED SERGHINE, les déchirements et les reniements, n’étaient jamais à bout
de souffle, même si SIDI HADJ AISSA en annonçait avant l’heure l’effondrement moral.
Déjà le pseudo social étatisme édulcoré, dans sa version coloniale corrigé à travers le miroir aux alouettes que représentait pour le colonisateur le plan de Constantine, ne se portait pas mieux : les préjugés de l’époque à l’endroit de l’indigénat et des populations de seconde zone tendaient surtout à accentuer davantage la paupérisation et les expropriations tous azimuts, le chômage et les travaux pénibles étaient de l’apanage exclusif des autochtones. Le marasme subrepticement gagnait du terrain, le feu couvait, la protesta se propageait tel un feu de paille. Le champ éthique aussi était en lambeaux : les colons ne digéraient plus les revendications légitimes du peuple Algérien tandis que novembre 1954, chant libertaire à l’origine, dégénérait après 1962 et la guerre fratricide entre frères de combat en un relativisme désespéré. D’affreuses maladies nouvelles de despotisme de népotisme de ben amisme, tribalisme et de régionalisme s‘en mêlèrent, comme pour souligner que tout était de nouveau permis, même si à contrario l'on peut, émettre des opinions, des points de vue... mais ces derniers ne valent que ce qu'ils sont: des à priori politico idéologiques d'une partie, d'une frange, d'un pan de la société. Ni plus ni moins ; Qui, pour être valables, doivent être confrontés à tous les autres, pondérés selon leur poids réel. Au seuil de ces abîmes à répétition, le peuple Algérien tout entier s’est ressaisi : ce sursaut, selon les traditions locales, forgées dans les années 30-40-50, s’est appelé Révolution. L’assimilation pour certains qui jusque-là, semblait la solution idoine, fut soudain dénoncée comme étant le problème. De cette révolution dans la pensée dominante de l’époque, ont surgi de nouvelles politiques : moins d’asservissement, plus de combat, plus de détermination aussi, la tolérance zéro face aux crimes innommables de la France coloniale et de ses supplétifs. Cette pensée nouvelle qui avait ses maîtres BENACER BENCHOHRA –MOKRANI-BOUAMAMA-BOUBAGHLA --BOUDIAF -ABANE RAMDANE -LARBI BEN M’HIDI, ses héros politiques BENKHEDDA- FERHAT ABBAS- LAMINE DEBAGHINE et spirituels BEN BADIS - AHMED CHATTA, a gagné toutes les nations du Maghreb et du monde entier.
L’autoritarisme ancien cède ainsi devant la bravoure et
le courage du peuple Algérien. Jusqu’à ce que les LAGHOUATIS eux même victime d’un atroce génocide commis un certain 04 décembre
1852 se rendent enfin à l’évidence : le monde qui les entoure ayant changé, il convient maintenant de le rattraper, car les événements actuels doivent, nécessairement, être replacés dans
leur contexte politique régional qui lui-même est marqué par un profond malaise social qui a laminé tout sur son passage. Dans notre Histoire depuis la nuit des temps, cette démarche n’est pas
neuve : nous Laghouatis aimons cultiver notre singularité, nous inscrire à contre-courant, prétendre que jamais nous n’agirons comme les autres.
Avant de faire en moins bien comme tous les autres mais
avec un certain décalage. Il appartiendra à tous et à toutes de rendre nos Administrations efficaces car il n’est pas de société libre sans des administrations et institutions (APC-APW-APN) qui
marche.
Cela permettra enfin aux entrepreneurs d’entreprendre, aux architectes de cogiter le design et le look de nos villes, aux paysagistes d’innover, aux hydrauliciens et autres
technocrates de trouver enfin cette fameuse pente qui sera à même d’évacuer toutes nos scories et ramener après un AUDIT iconoclaste l’eau du trop controversé « barrage
de SEKLAFA » véritable Arlésienne s’il en est qui tarde depuis des
lustres et des promesses lénifiantes non tenues des responsables de poindre enfin le bout du nez car l’économie et la pensée libre sont aussi simples que cela.
Ces projets Grandioses étant désormais ceux du peuple qui les réclame à cors et à cris, il aura déjà esquissé à bon escient une autre révolution à contre sens cette fois ci de tous
les préceptes préétablis.
Mais le citoyen Laghouati échaudé et blasé aura mieux
compris et mieux interprété ces instants qui passent: LAGHOUAT était arrêtée depuis des lustres à l’heure de son clocher, il faudrait
maintenant vite la remettre à l’heure du temps.
Par Amine Lotfi
Commentaire :
Merci à Amine Lotfi pour cette longue réflexion à propos de la situation déplorable atteinte par la ville de Laghouat qui a perdu tous ses anciens repères sans en acquérir de
nouveaux à même de l’aider à se hisser au niveau de développement acquis par d’autres régions.
Même si je me trouve loin de Laghouat, mais je ressents à chaque fois que je m’y rends qu’il y a une réelle prise de conscience du retard qu’il est urgent de rattraper : les associations de jeunes universitaires se multiplient et travaillent en silence, sans trop de tapage pour améliorer tant soit peu une situation considérée comme désespérée, il y a à peine quelques années.
J’ai bon espoir que les choses vont en s’améliorant et que Laghouat, ville au passé et au patrimoine culturel lumineux ne tardera pas à renaître grâce à ses jeunes.
Laghouati le 02 Mars 2009
J’ai été très agréablement surpris, voire fou de joie, en consultant ma boite ce matin. Mon ami Madani que je n’ai pas vu depuis plusieurs mois, s’est rappelé à mon doux souvenir, en me faisant une belle surprise en m’envoyant une photo de Laghouat qui doit dater des années 60 : on y voit des légionnaires de l’armée française flâner sur la place du marché qui a disparu depuis bien longtemps. C’était l’endroit par lequel je passais quotidiennement sur mon chemin à l’école qui se trouve en face du marché.
On peut voir sur la photo à l’avant-plan la boucherie de Kaddour, à coté de la charcuterie de Madame Gaillard (fermée parce que probablement un dimanche) une veuve qui vivait seule avec ses enfants et qui s’est mariée par la suite au commissaire de police. Le troisième magasin est celui de Benkaouar, le Médeen marchand de fruits et légumes et dont les enfants vivent toujours à Laghouat.
Laghouati le 01 Mars 2009
E DERNIER JOUR DU RESTE DE LA VIE
Par Lotfi Amine Soukhal - Partie Cinq et fin
LAGHOUAT a surtout besoin d’une âme, alors ensemble insufflons la lui.
A l’est au sud au nord à l’ouest, des laghouatis ont été massacré brûlés emprisonnés dans des réserves, réservés à la mort lente, sans espoir et sans regret.
Au sud d’Alger, il est un pays en guerre et des gens qu’on traite comme des animaux « la population a été déportée depuis plusieurs mois, de l’autre coté de la montagne, la civilisation française (la terre des droits de l’homme de DANTON et de ROBESPIERRE) est passée par là ».
Chère ville dévastée pour avoir vaillamment résistée ! Tes enfants les meilleurs ont tous péri les armes à la main.
En l’absence de témoins, l’ennemi a ligoté brûlé de valeureux habitants, femmes comprises, comme la jeune HARZLIA Messaouda qui dans un autre combat contre la hogra fut saisie d’une exaltation causée par la HOGRA la honte et la douleur, animée d’une sublime résolution joignant ainsi l’action à la parole se précipita au milieu des assaillants pour sauver l’honneur des siens comme la légendaire Fatma N’Soumeur, l’amazone aux longs cheveux rouges, qui s’en allait au combat en habits de fête, avec tous ses bijoux.
Elle fut ainsi capturée, conduite au camp adverse, et son cheval baissait la tête, comme s’il portait en lui tout le poids du malheur……… »
Dans nos têtes endolories galope et galopera encore et toujours le cheval de NACER BEN CHOHRA qui n’est jamais autant en vie que dans la résistance à l’envahisseur.
Il n’a pas manqué à la ville martyre de LAGHOUAT qu’un adversaire à sa hauteur, un ennemi qui l’autoriserait à courir sus à la mort, peinte aux couleurs de la guerre et en bijoux pour sa dernière fête, le mariage avec l’honneur et la mort.
Mais peut être la hauteur exigée n’est-elle qu’ostentation et morve, refusant à la ville rebelle les honneurs et la reconnaissance même à titre posthume de son ennemi juré la France et de ses pairs.
Les temps d’hier et d’aujourd’hui sont malheureusement à la déchéance des vainqueurs.
Toutefois ces réminiscences nous permettent de continuer de galoper comme NACER BEN CHOHRA, MESSAOUDA EL HAREZLIA ou FATMA N’SOUMEUR, à l’est au sud au nord à l’ouest sillonnant le pays, à travers des paysages qui résonnent du bruit furieux des sabots irréductibles.
Un seul centre d’intérêt la mémoire et les mots qui composent une seule et même cavalerie, que le cheval soit monté par NACER BEN CHOHRA, MESSAOUDA EL HAREZLIA, FATMA N’SOUMEUR, JUGURTHA ou débarrassé de son cavalier sous les remparts de Laghouat ou les murailles de Mansourah, en attente du peuple qui le chevauchera à l’heure de la délivrance, dans le grand incendie du 1er novembre 1954.
C’était fantastique ! On avait beau mélanger l’espace et le temps, la boussole pour la ville de Laghouat restera toujours figée quoi qu’en pense les jaloux de tous bords sur le mot Honneur et sacrifice.
LAGHOUAT un siècle et quelques années plus tard a encore besoin de sérénité pour panser toutes les blessures que français et les pouvoirs successifs lui ont infligé le temps le colonisateur
Les jeunes d’aujourd’hui doivent tout connaître de l’histoire de leur pays pour comprendre et apprendre à mieux aimer cette terre qui a vu couler depuis 1852 le sang valeureux de nombreux martyrs. Tout le monde doit s’y adonner pour mettre de l’ordre dans les idées reçues et dédramatiser une situation sciemment figée.
D’abord il faudrait que l’on arrête de noircir plus qu’il n’en faut le tableau et les perspectives pour rassurer les gens des démarches à entreprendre pour aller de l’avant.
LAGHOUAT en plus de ses richesses immenses, de son histoire colorée a aussi une autre grande richesse incommensurable l’amour singulier et pluriel de sa jeunesse.
LAGHOUAT a une culture, un passé et aussi un présent et un avenir, les jeunes ne doivent plus avoir honte des générations précédentes qui avaient bien résisté avec des moyens rudimentaires aux différentes invasions.
Aucun pays, aucune nation ne s’est faite sans difficultés même si le passage de quelques unes ne s’est pas passé dans la sérénité.
C’était le terrible contexte colonial avec son lot quotidien d’exactions et d’injustices d’ou la fracture irréparable entre deux communautés qui se faisaient la guerre.
C’étaient NACER BEN CHOHRA, et tous les révolutionnaires patriotes de la ville de LAGHOUAT. Personnages haut en couleur et hors du commun , intellectuels épris de justice et qui quêteront les éléments tout au long de leurs vies.
Ils furent les pionniers dans la lutte, des mentors exigeants des jeunes qui brûlaient de s’affirmer au combat pour établir à travers leur courage des passerelles avec la liberté confisquée et le peuple opprimé.
Ils étaient tous dévorés par une autre passion prenante, celle de la liberté le don de soi et dont ils constituent d’ailleurs jusqu’à aujourd’hui une référence incontournable.
L’épopée vécue par ses preux chevaliers fut sans doute pour eux aux cotés du peuple tout entier une période faste glorifiante.
Mais sous la cendre couvait le feu, la spirale de la violence guerrière qui allait faire voler en éclat bien des rêves et des certitudes :
Rien ne sera plus comme avant l’holocauste commis contre la population civile de Laghouat et les événements allaient justement suivre le cours fracassant de l’histoire.
Le peuple Algérien, et il ne pouvait en être autrement, sortira vainqueur de l’épreuve de la guerre après sept années d’inlassables luttes et 132 ans d’écrasement colonialiste.
Enfin de compte qu’est ce que ça représente quelques années dans la vie d’une nation, d’une ville, rien quelques secondes si on mesure le temps qui reste pour accomplir tout ce qui reste à faire.
LAGHOUAT a surtout besoin d’une âme, alors ensemble insufflons la lui.
AMINE. LOTFI à mon grand père MOLINARI GIACOMO en hommage et regrets éternels
LE DERNIER JOUR DU RESTE DE LA VIE
Par Lotfi Amine Soukhal - Partie Quatre
« Les Français viennent de gagner une autre ALGER dans le SAHARA » RANDON gouverneur d’ALGÉRIE
« Parmi les nombreuses victimes tuées, il en est une qui mérite d’être signalée le général BOUSCAREN commandant en second de la colonne d’ORAN sous les ordres du général en chef PELISSIER.
Au moment où sa colonne d’assaut partait de la batterie de BRECHE, il reçut une balle qui lui brisa la cuisse au dessus du genou, il mourra quelques jours plus tard. Le commandant MORAND fut lui aussi tué, pris sous une pluie de balles. La ville avait vaillamment résisté, les cadavres s’entassaient les uns sur les autres. La FRANCE réalisa un rêve que n’ont pas osé entreprendre bien avant eux les ROMAINS (ni les TURCS) qui ne furent pas les maîtres du monde, car il leur manquait l’oasis de LAGHOUAT rebelle dixit le général PELISSIER.
Les combats continuaient encore plus atrocement dans les rues, la résistance des Laghouatis était acharnée, les coups de fusils partaient encore de tous les coins de l’oasis. Tout LAGHOUAT faisait héroïquement face aux attaques successives de l’ennemi, on comptait déjà 2500 morts LAGHOUATIS.
La nouvelle de la résistance et de la prise de LAGHOUAT se répandirent comme une traînée de poudre dans toute l’ALGÉRIE, l’émotion était à son comble et jusqu’en AFRIQUE NOIRE on se prosternait devant la vaillance et le courage d’une ville qui a résisté héroïquement.
« Les Français viennent de gagner une autre ALGER dans le SAHARA » RANDON gouverneur d’ALGÉRIE
La bataille avait été atroce, le gouverneur général de l’ALGÉRIE le maréchal RANDON, ordonna de mettre sous séquestre toutes les propriétés immobilières de LAGHOUAT et ordonna de transporter en masse, les habitants de l’oasis dans le DJEBEL AMOUR.
Le capitaine DU BARAIL pour ne pas être en reste fera lui aussi l’éloge de la ville MARTYRE « les habitants de la ville de LAGHOUAT avaient bravement lutté jusqu'à la dernière minute plutôt que de s’enfuir dans les profondeurs du SAHARA »
Ce n’est pas n’importe qui écrivit ces lignes mais le futur général DU BARAIL l’homme a vécu et écrit la scène de l’exécution des habitants de Laghouat.
S’il est impossible d’imaginer que le Capitaine DU BARAIL ait pu apporter un quelconque réconfort à des « sauvages » , il n’est pas interdit de se demander si son témoignage sur le vif n’a pas la fonction ambiguë d’alléger le poids des bourreaux tout en saluant la bravoure des victimes.
Dans la mise en scène macabre jouée par la soldatesque française qui est assurée de l’impunité et du surnombre de la mort de ses adversaires, et si la férocité et l’allégresse de la victoire sur des civils s’en mêlent pourquoi pas ?
Aucune ombre au tableau qui devient dramatique, mais dans la mire du peloton d’exécution les habitants de Laghouat essayant tant bien que mal de sauver l’honneur d’une ville galopent comme des fous, le cri de guerre à la bouche « guerre pour l’honneur contre l’affront et la mort inutile ».
« L’empire vient d’être proclamé à LAGHOUAT » RANDON gouverneur d’ALGÉRIE
« La lutte se continuait encore dans les rues et dans les jardins, l’infanterie y massacrait les derniers défenseurs de la ville » PELISSIER
« Le cadi de LAGHOUAT a été tué par le capitaine DU BARAIL » PELISSIER
Le général PELISSIER non content de semer la mort et la désolation ordonna pour donner en exemple et frapper de terreur toute l’ALGÉRIE, de détruire LAGHOUAT de fond en comble, de raser les maisons, d’arracher tous les arbres et palmiers et de transporter ce qui en restait de la population sur un autre point d’ALGÉRIE « c’est pourquoi au jour d’aujourd’hui on continue d’appeler l’avenue du 1ER Novembre ( ex avenue Cassaigne ) MEGUATAA EL DHAHRAOUI ( et avenue HABIB CHOHRA ) MEGUATAA EL GUEBLI ».
La population considérée comme prisonnière de guerre fut parquée dans un coin, elle n’avait rien à manger ni à boire, le général RIVET fit suspendre l’œuvre de destruction déjà entreprise par le commandant en chef et décida l’occupation de LAGHOUAT.
LAGHOUAT la ville MARTYRE, la ville héroïque, la ville rebelle que la puissante ROME dans sa splendeur passée n’avait pas osée approcher était tombée.
« Ce fut à cause de sa nature belliqueuse et de ses vaillants habitants que la prise de LAGHOUAT en 1852 par la FRANCE fut si dure et si meurtrière à tel point que le général PELISSIER crut bon de décider la destruction de toute la palmeraie comme pour arracher à jamais du sol toute espérance d’indépendance et de révolte »
Ce ne fut que deux jours après le carnage que l’on s’occupa de l’inhumation des cadavres, il fallait à tout prix se débarrasser des morts, on les empila dans les puits, sans compter les animaux et le reste. On dit que pendant longtemps la ville sentait la mort et quand on eut enfoui tous les morts il ne resta presque plus personne dans la ville excepté les 1200 hommes de la garnison.
Tous les survivants s’étaient répandus dans le sud, même les chiens privés de leurs maîtres émigrèrent en masse. Ce fut pendant quelque temps une solitude terrible dés les premiers soirs des nuées de corbeaux et de vautours arrivèrent sur place.
Pendant un mois ils volèrent sur la ville comme au dessus d’un charnier, toute cette mousqueterie succédant aux canonnades du siège avait détruit la tranquillité des jardins. Toutes les maisons étaient vides, on dirait une ville entièrement déménagée, une ville fantôme.
Pendant la prise et la mise à sac de LAGHOUAT les assaillants firent enfermer 42 hommes vivants dans des sacs qu’ils allèrent brûler sur un grand bûcher dans l’endroit où ils sont aujourd’hui enterrés (cimetière des Chouhadas du 04 décembre 1852 route d’EL ASSAFIA)
Après les salves du génocide, le silence retentit dans la vallée du M’ZI
La léthargie après les hurlements et la férocité.
La terre Laghouatie pacifiée enfin rendue à elle selon les dires et les écrits du colonisateur.
Par Lotfi Amine Soukhal le 28 Février 2009
Derniers Commentaires