« Dans la ville De Laghouat » ( p.139-140)

Publié le par Laghouati


« ….
Nulle part, la bonté hospitalière et amie pour l’étranger n’est plus grande qu’en cette oasis… »

 

 

"Peut-être que des indigènes qui sont allés sur le littoral méditerranéen ou qui ont voyagé en France regrettent qu’en leur oasis il n’y ait pas encore les plaisirs qu’offrent les grandes villes et cela, encore, n’est pas très certain. Chacun est, en effet, ici, à ce point repris par la vie saharienne que toute chose entrevue ailleurs ne demeure plus qu’à l’état de souvenir sans nostalgie, et dont nul ne ressent l’impérieux besoin.

 

On croirait qu’ainsi, les heures sont longues et monotones à sonner et que la splendeur continue de la journée prolonge seulement l’ennui d’une trop stérile oisiveté. D’où vient donc que l’on se plaise tant aux flaneries dont la durée sans fin est protégée par on ne sait quel bienveillant destin ?  Le vent léger aux tièdes haleines, l’enveloppante clarté qui tombe de toutes parts bercent délicieusement la paresse de la pensée. A quoi bon même souhaiter la réalisation d’un rêve ? Le rêve suffit en ces lieux dont l’heureuse et agréable simplicité suffit aussi à elle-même ; On ne désire rien, on ne regrette rien, le jour même est trop court à ne rien faire.

 

On va dans les rues de Laghouat au hasard de la minute, car les rues de Laghouat, nombreuses, à arcades ou pittoresques par les coins qu’elles découvrent, incitent aux plus nonchalantes et lentes promenades. Nulle part, la bonté hospitalière et amie pour l’étranger n’est plus grande qu’en cette oasis, avec quelle joie amusée et rassurée on s’arrête chez les boutiquiers ! "


In « Laghouat ou la ville entourée de jardins » de Jean Mélia

 

 

Posté le 16 Novembre 2008 par M.Hadj-Aissa

Publié dans SOUVENIRS

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