Ce que m'a inspiré le "génie de eaux" de Lazhari Labter

Publié le par Laghouati

Ce que m'a inspiré le "génie de eaux" de Lazhari Labter
Ce que m'a inspiré le "génie de eaux" de Lazhari Labter

http://www.sidielhadjaissa.com/article-25624880.html

Ce que m’a inspiré « Le Génie des eaux »

 

Ce texte très beau du poète de Laghouat Lazhari Labter , je l’ai relu plusieurs fois et c’est lui que j’ai choisi pour être publié sur le site , parmi d’autres, comme ayant décrit le mieux  la vie culturelle et sociale de Laghouat des années cinquante. La ville de Laghouat avait acquis sa notoriété, à coté  de son riche passé historique et culturel par la luxuriance de ses vergers  et l’art  et l’amour avec lesquels ses habitants « communiquaient » avec cette nature si belle, si charmeuse, si bonne  dont les avait gratifié Dieu. Des relations très fortes  les liaient avec leurs jardins qui étaient une partie d’eux-mêmes : on ne pouvait imaginer un laghouati sans son jardin. Les poètes de Laghouat ont de tout temps chanté cette beauté qu’ils ne pouvaient imaginer en dehors de leurs jardins. Toutes les vieilles familles de Laghouat avaient leur jardin. Et chacune y allait de son habileté et son savoir-faire pour faire de son jardin le plus beau, le plus grand, celui qui produisait les meilleurs fruits, les meilleures dattes.....

 

Ce texte a fait ressurgir en moi les très beaux souvenirs de l’enfant qui, depuis sa plus tendre enfance, a vécu la béatitude  et le bonheur serein  parmi les vergers et les animaux.

 

Deux évènements majeurs et douloureux ont marqué ma petite enfance et qui sont en relation avec les arbres , les seguias et les animaux domestiques . Le premier c’est la chute  provoquée par la poursuite de notre chèvre revenue du paturage. Ce petit accident m’a valu une intervention chirurgicale que m’avait faite le Docteur M’barek Benadjila, le premier médecin de la ville, et qui n’était pourtant pas chirurgien.  Je garde encore à ce jour des séquelles de cette chute qui pouvait être plus grave encore. Le deuxième évènement a été une deuxième chute dans les eaux de la grande seguia, alors que j’avais à peine quatre ans,  : j’ai été emporté par les eaux furieuses et j’ai failli me noyer sans l’intervention de Feu Hadj-Aissa Benamar (le père de l’ancien ministre Mostafa). Ces deux faits ont marqué profondément ma vie d’enfant et ont aidé à la formation de ma personnalité en incrustant fortement   paradoxalement en moi cet amour fou que j’ai pour tout ce qui est  eau et verdure, intimement liées à la ville de Laghouat.

 

Mon souvenir va en deuxième lieu au rôle tant social qu’économique  essentiel joué par le waqqaf dans la répartition des eaux servant à l’irrigation des jardins. Le waqqaf jouissait d’un respect lié à la crainte qu’inspirait  toujours l’autorité et peu de propriétaires s’aventuraient à outrepasser les règles.

 

Nous habitions Rue de la grande seguia et je voyais tous les jours Hadj tayeb (le père de l’auteur) qui passait et repassait le long de la rue en veillant à  ce que rien n’empêche l’écoulement libre  de l’eau dans la seguia. Nous le craignons beaucoup et dès que nous l’apercevions venir de loin nous sortions de la seguia qui nous servait de piscine, pendant les chaudes journées d’été et nous sauvions en pénétrant prestement chez nous et en refermant la porte de la maison.

 

Je me souviens encore de Hadj Attalah Mebtout, qui était lui aussi Waqqaf. C’était un homme assez âgé, portant la barbe. Il était d’une grande discrétion, je n’ai pas souvenance du son de sa voix tant il était discret. On le disait s’être porté volontaire pour aller en Palestine, en 1948, pour combattre les usurpateurs israéliens. En 1954, il a été l’un des premiers laghouatis à avoir rejoint le maquis, du coté des Aurès. Il mourut en martyr peu de temps après. Une rue de la vieille ville porte son nom. 

 

Voilà quelques impressions qui m’ont été inspirées par le texte de Lazhari Labter sur le « Génie des eaux »

 

Posté par M.Hadj-Aissa le 10 Décembre 2008

 

Publié dans Mohamed HADJ AISSA

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lamara 28/12/2015 21:24

Mon cher MHAL! C'est avec l'avidité d'un assoiffé accueilli par l'oasis du salut que j'ai eu le bonheur de boire, à gorge déployée, tes douces réminiscences remontant à l'âge de la tendre et innocente enfance. En effet, rares sont comme nous, qui ont eu cette chance et ce bonheur d'être nés et d'avoir vécu dans cet univers, éden patiemment façonné par les secrets ébats de la terre et de l'eau et la conjugaison de l'ineffable amour scellant la sacré union entre l'homme et la nature.
Se prévaloir d'une appartenance oasienne, suppose avoir reçu au plus profond de son âme le sceau de l'amour de la vie, de la passion de se surpasser dans les immensités hostiles, de la pugnacité à avoir raison des adversités d'où qu'elles viennent. Ce n'est pas pour rien que, peintres, poètes, philosophes et autres anthropologues de renom, ont puissamment jeté leur dévolu sur les magnificences offertes par les oasis procurant à ses visiteurs, sérénité, paix à l'âme et surtout une occasion de se transcender pour, au final, se convaincre que la vie est un don du ciel. Un don, dont la valeur ne peut être estimée à sa juste valeur qu'en s'extasiant devant ces tâches de verdure jetées dans les vastitudes désertiques. J'avais, plus haut, comparé l'oasis à éden patiemment façonné par les secrets ébats de la terre et de l'eau et la conjugaison de l'ineffable amour scellant la sacré union entre l'homme et la nature. En fait, c'est plus que cela. C’est, quasiment, une extrapolation de l’ordre divin de l’univers que de comparer l’oasis à un miracle en songeant à la désespérance dont n’ont eu de cesse de pâtir depuis des temps immémoriaux les centres urbains au confort urbain extravagant, factice, inhumain et égoïste. En lisant, tantôt, sur le blog de Sidi El Hadj Aïssa la contribution consacrée par la RADDO à ces espaces et ayant pour thème « Les oasis, sentinelles du changement climatique et espaces de résilience », je me suis convaincu que nous avons un devoir sacré de sauvegarder au plus vite l’univers oasien et de le soustraire sans attendre à la vorace et prédatrice spéculation foncière qui risque, comme cela a été le cas pour le littoral, d’être livré à la déshérence et à la clochardisation.

lamara 28/12/2015 19:52

Mon cher MHAL! C'est avec l'avidité d'un assoiffé accueilli par l'oasis du salut que j'ai eu le bonheur de boire, à gorge déployée, tes douces réminiscences remontant à l'âge de la tendre et innocente enfance. En effet, rares sont comme nous, qui ont eu cette chance et ce bonheur d'être nés et d'avoir vécu dans cet univers, éden patiemment façonné par les secrets ébats de la terre et de l'eau et la conjugaison de l'ineffable amour scellant la sacré union entre l'homme et la nature.
Se prévaloir d'une appartenance oasienne, suppose avoir reçu au plus profond de son âme le sceau de l'amour de la vie, de la passion de se surpasser dans les immensités hostiles, de la pugnacité à avoir raison des adversités d'où qu'elles viennent. Ce n'est pas pour rien que, peintres, poètes, philosophes et autres anthropologues de renom, ont puissamment jeté leur dévolu sur les magnificences offertes par les oasis procurant à ses visiteurs, sérénité, paix à l'âme et surtout une occasion de se transcender pour, au final, se convaincre que la vie est un don du ciel. Un don, dont la valeur ne peut être estimée à sa juste valeur qu'en s'extasiant devant ces tâches de verdure jetées dans les vastitudes désertiques. J'avais, plus haut, comparé l'oasis à éden patiemment façonné par les secrets ébats de la terre et de l'eau et la conjugaison de l'ineffable amour scellant la sacré union entre l'homme et la nature. En fait, c'est plus que cela. C’est, quasiment, une extrapolation de l’ordre divin de l’univers que de comparer l’oasis à un miracle en songeant à la désespérance dont n’ont eu de cesse de pâtir depuis des temps immémoriaux les centres urbains au confort urbain extravagant, factice, inhumain et égoïste. En lisant, tantôt, sur le blog de Sidi El Hadj Aïssa la contribution consacrée par la RADDO à ces espaces et ayant pour thème « Les oasis, sentinelles du changement climatique et espaces de résilience », je me suis convaincu que nous avons un devoir sacré de sauvegarder au plus vite l’univers oasien et de le soustraire sans attendre à la vorace et prédatrice spéculation foncière qui risque, comme cela a été le cas pour le littoral, d’être livré à la déshérence et à la clochardisation.