Réminiscences- 1ère Partie - par M.Hebboul

Publié le par Laghouati

Réminiscences- Partie une-

Par Mohammed Hebboul

 

Je tiens à remercier chaleureusement mon ami Mohammed Hebboul de m’avoir envoyé, ce jour, ces très belles pages, sur ses souvenirs d’enfant à Laghouat,  la ville qu’il a aimée et continuer d’aimer aussi fort. Je lu ces pages, avec les larmes aux yeux, et le cœur en émoi.

Si Mohammed est natif de Laghouat où il a vécu les premières années de sa vie avant de la quitter pour ses études. Il vit, actuellement loin de Laghouat, mais son cœur et son âme ne l’ont jamais quittée. Il se remémore les belles années de son enfance qu’il ne parvient pas à effacer de sa mémoire et qui l’aident, tout comme moi, à surmonter les affres de la vie présente. Si Mohamed était un excellent joueur de football, de la race des grands joueurs, fin technicien, un véritable régal pour les yeux des connaisseurs. L'équipe de Laghouat, faisait appel à ses services et allait souvent le chercher de Médéa où il était lycéen et de Miliana, par la suite.

Au nom des habitués du blog, je lui réitère mes remerciements pour ce très beau cadeau qu’il vient de nous offrir. En plus de ce cadeau, il m’a offert un autre cadeau qui m’a très sincèrement touché au très haut point, c’est celui de me donner la primeur de la publication alors qu’il a son propre site (adresse : ghadames). Mille mercis ! Jazaka Allahou Kheira AL-Jazaa ! 

M.Hadj-Aissa le 13 Décembre 2008  

 N.B : J’ai introduit dans le texte de Monsieur Hebboul mes propres commentaires 

 »À nos jeunes de jeter un coup d'oeil sur ce passé relativement récent et qui aurait pu être le leur en notre belle ville de LAGHOUAT.

C'était un concours intéressant et il demandait peu d'efforts.


Toujours est-il que pour chacun d'entre nous, il fallait en sortir vainqueur, noblesse oblige ! Ce concours se disputait en général entre frères et soeurs, cousins et cousines et se passait à domicile.
        Nous nous mettions à même le sol autour d'un couffin - gouffa - rempli presque à ras bord de grenades fraîchement cueillies de notre jardin, souvent loué auprès d'un ami de notre père.
          Pas n'importe quelles grenades puisqu'il s'agissait de la bonne qualité, "les Sennines el Adjouz" ou "Dents de la vieille" au motif de leur ressemblance à des dents ayant longtemps servi.
          Le concours consistait à manger un maximum de grenades sans faire tomber au sol le moindre grain de ce fruit. Il fallait mettre à contribution les lèvres et les dents, les mains entourant l'objet du jeu pour en empêcher toute perte.
            Cette compétition se terminait après consommation de tout le contenu du couffin et chacun en sortait vainqueur :
            Se rassasier de grenades !

              Bien qu'ayant vécu la plus grande partie de ma vie en dehors de Laghouat, ma ville natale, je conserve encore quelques souvenirs de cette cité de rêve comme les gens de mon âge et je vous les livre tels qu'ils me reviennent à l'esprit et dans le désordre.


Avez-vous souvenance des mûres que nous consommions à même les mûriers que l'on retrouvait un peu partout à travers la ville. Ces mûres, très sucrées étaient multicolores: blanches, roses, noires, rouges, longues, courtes, charnues, juteuses à vous mettre l'eau à la bouche surtout en leur saison assez chaude. Il arrivait aussi que nous en rapportions à la maison où, rafraîchies et lavées, elles avaient un goût encore meilleur !


commentaire : c’est vrai, Laghouat était plein de mûriers, on en trouvait partout et particulièrement à l’ex-avenue Cassaigne ou « Lamqatta’ » comme nous l’appelions à l’époque. Nous mangions les mures en grande quantité et certains enfants les utilisaient même pour écrire sur les murs (notez le jeu de mots mur et mure) pas des obscénités, comme de nos jours, mais des slogans nationalistes qui nous valaient même parfois des poursuites par les agents de police que nous arrivions à semer à travers les ruelles de la vieille ville et la solidarité complice des femmes qui nous ouvraient les portes de leurs maisons et nous cachaient aux yeux de nos poursuivants
 


Sur la placette des oliviers, "Rahbet Ezzitoune", il y avait de hauts palmiers dattiers d'environ vingt mètres et plus que nous "agressions" à coups de pierres pour détacher de leurs régimes quelques dattes pas encore mûres, les "Blahs" mais qui étaient sucrées, donc mangeables. Il fallait être adroit pour que nos jets de pierres ne touchent pas les clients du café de la place et des passants. En général ces opérations se faisaient aux heures de sieste afin de limiter les dégâts.


Commentaire : Sur la placette « Rahbett Ezzitoune », il y avait la terrasse du café de Hadj Saad Ben denni, où s’attablaient les nobles de la ville autour d’un « quart »  ربع de thé à la menthe que savait si bien préparer si  Hadj Saad. Ils étaient très beaux dans leurs beaux habits traditionnels : gandouras à la mode Laghouatie et souvent deux burnous, l’un marron et l’autre blanc tissé avec de la laine pure de mouton et de wbar  ou poil de chameau. Nous, enfants, nous ne pouvions nous aventurer à passer tout près d’eux, nous faisions tout un détour pour les éviter, parce que , passer devant une grande personne, était considéré comme manque de pudeur et d’éducation.

Sur la même place, il y avait deux kiosques, l’un appartenant au deuxième bureau et qui diffusait à longueur de journée des discours de propagande contre le FLN et L’ALN ou en reprenant les discours de De Gaulle, l’autre kiosque appartenait à Hadj Bendoghmane (Tadj Yahia) qui y vendait des tissus et étoffes pour femmes. Il avait une minuscule petite valise où il mettait les échantillons et que les servantes des grandes familles de Laghouat venaient prendre de chez lui pour les soumettre à leurs maîtresses pour leur permettre de faire leur choix. Les femmes de Laghouat ne sortaient pas ou rarement et ne traversaient, au grand jamais, le centre de la ville. Les familles modestes, qui n’avaient pas de servante, utilisaient les services de vielles femmes dont le travail rémunéré, du reste, consistait à faire les commissions pour ces familles et que les enfants ne peuvent faire, vu leur age.)-

   

Ecrit par Mohammed Hebboul

Publié dans M.Hebboul

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Lazri Noureddine 08/03/2013 20:20


Salut tlm!


Pas de futur sans passé!

Sous la protection d'Allah 08/03/2013 18:44


Bonsoir et mes respects aux ainés,


Nostalgie quand tu nous tiens! Quiconque a vécu à Laghouat, ne peut l'oublier. Merci pour l'évocation de ces souvenirs. Je dirais, que le deuxième kiosque a servi de librairie, tenue par Si chikh
el Hocine. Enfant, j'y acheté mes fournitures scolaires. :  Vous avez évoqué El Hadj Doghman Tadj, Je voudrais vous rappeler une spécificité de Laghouat: Sa femme, tout comme la femme de
Hadj Chaïba, tenaient boutiques en leur domicile, réservées exclusivement aux femmes, leur permettant ainsi de venir choisir, à leur aise les tissus, et , essayer à leurs enfants les vêtements.
Allah yarhamhoum.


Concernant la petite valise d'échantillon, lorsque le choix est fait par la cliente, et afin d'éviter toute erreur, elle laissait pendre à l'extérieur les bandelettes de tissu choisi. Pour une
robe arbi ou aghouati, il fallait "couper"4m et demi à 5m ( en 90cm de large). Rien que ça.... 


Le petit bus (troley) bleu, qui allait de l'ancien hôpital à ras el mgataa, qui s'en rappelle?


Ce n'est pas pour rester dans le passé, et occulter le présent. Sauf que les belles choses ne s'oublient pas, et quand on dit belles, cela englobe tout, simplicité, éducation, générosité,
tradition, partage, nature etc... pour résumer je dirais le magnétisme de Laghouat.


Blogueurs, bonne continuation. Je pense à Mr COTTE, dont j'ai beaucoup aimé les participations, peut-être, aurons nous la chance de le voir se manifester sur le sujet.


Sous la protection d'Allah


 

LAGHOUATI 08/03/2013 18:58



merci pour cette belle participation , le kioske appartenait à si hadj belkacemi aek et non pas à chikh el hocine