Samedi 28 février 2009 6 28 /02 /Fév /2009 07:54

LE DERNIER JOUR DU RESTE DE LA VIE

Par Lotfi Amine Soukhal - Partie Quatre

« Les Français viennent de gagner une autre ALGER dans le SAHARA » RANDON gouverneur d’ALGÉRIE   

                      

« Parmi les nombreuses victimes tuées, il en est une qui mérite d’être signalée le général BOUSCAREN commandant en second de la colonne d’ORAN sous les ordres du général en chef  PELISSIER. 

Au moment où sa colonne d’assaut partait de la batterie de BRECHE, il reçut une balle qui lui brisa la cuisse au dessus du genou, il mourra quelques jours plus tard.  Le commandant MORAND fut lui aussi tué, pris sous une pluie de balles.  La ville avait vaillamment résisté, les cadavres s’entassaient les uns sur les autres.  La FRANCE réalisa un rêve que n’ont pas osé entreprendre bien avant eux les ROMAINS (ni les TURCS) qui ne furent pas les maîtres du monde, car il leur manquait l’oasis de LAGHOUAT rebelle dixit le général PELISSIER.

  Les combats continuaient encore plus atrocement dans les rues, la résistance des Laghouatis était acharnée, les coups de fusils partaient encore de tous les coins de l’oasis.  Tout LAGHOUAT  faisait héroïquement face aux attaques successives de l’ennemi, on comptait déjà 2500 morts LAGHOUATIS.

 La nouvelle de la résistance et de la prise de LAGHOUAT se répandirent comme une traînée de poudre dans toute l’ALGÉRIE, l’émotion était à son comble et jusqu’en AFRIQUE NOIRE on se prosternait devant la vaillance et le courage d’une ville qui a résisté héroïquement.

« Les Français viennent de gagner une autre ALGER dans le SAHARA » RANDON gouverneur d’ALGÉRIE       

 La bataille avait été atroce, le gouverneur général de l’ALGÉRIE  le maréchal RANDON, ordonna de mettre sous séquestre toutes les propriétés immobilières de LAGHOUAT et ordonna de transporter en masse, les habitants de l’oasis dans le DJEBEL AMOUR

Le capitaine DU BARAIL pour ne pas être en reste fera lui aussi l’éloge de la ville MARTYRE « les habitants de la ville de LAGHOUAT avaient bravement lutté jusqu'à  la dernière minute plutôt que de s’enfuir dans les profondeurs du SAHARA  »      

  Ce n’est pas n’importe qui écrivit ces lignes mais le futur général DU BARAIL l’homme a vécu et écrit la scène de l’exécution des habitants de Laghouat.

S’il est impossible d’imaginer que le Capitaine DU BARAIL ait pu apporter un quelconque réconfort à des « sauvages » , il n’est pas interdit de se demander si son témoignage sur le vif n’a pas la fonction ambiguë d’alléger le poids des bourreaux tout en saluant la bravoure des victimes.

Dans la mise en scène macabre jouée par la soldatesque française qui est assurée de l’impunité et du surnombre de la mort de ses adversaires, et si la férocité et l’allégresse de la victoire sur des civils s’en mêlent pourquoi pas ?

Aucune ombre au tableau qui devient dramatique, mais dans la mire du peloton d’exécution les habitants de Laghouat essayant tant bien que mal de sauver l’honneur d’une ville  galopent comme des fous, le cri de guerre à la bouche « guerre pour l’honneur contre l’affront et la mort inutile ».

 « L’empire vient d’être proclamé à LAGHOUAT »  RANDON gouverneur d’ALGÉRIE       

 « La lutte se continuait encore dans les rues et dans les jardins, l’infanterie y massacrait les derniers défenseurs de la ville »    PELISSIER  

« Le cadi de LAGHOUAT a été tué par le capitaine DU BARAIL »     PELISSIER 

Le général PELISSIER non content de semer la mort et la désolation ordonna pour donner en exemple et frapper de terreur toute l’ALGÉRIE, de détruire LAGHOUAT de fond en comble, de raser les maisons, d’arracher tous les arbres et palmiers et de transporter ce qui en restait de la population sur un autre point d’ALGÉRIE «  c’est pourquoi au jour d’aujourd’hui on continue d’appeler l’avenue  du 1ER Novembre (  ex avenue Cassaigne ) MEGUATAA EL DHAHRAOUI  ( et avenue HABIB CHOHRA ) MEGUATAA EL GUEBLI ». 

La population considérée comme prisonnière de guerre fut parquée dans un coin, elle n’avait rien à manger ni à boire, le général RIVET fit suspendre l’œuvre de destruction déjà entreprise par le commandant en chef et décida l’occupation de LAGHOUAT.   

LAGHOUAT la ville MARTYRE, la ville héroïque, la ville rebelle que la puissante ROME dans sa splendeur passée n’avait pas osée approcher était tombée. 

« Ce fut à cause de sa nature belliqueuse et de ses vaillants habitants que la prise de LAGHOUAT en 1852 par la FRANCE fut si dure et si meurtrière à tel point que le général PELISSIER crut bon de décider la destruction de toute la palmeraie comme pour arracher à jamais du sol toute espérance d’indépendance et de révolte » 

Ce ne fut que deux jours après le carnage que l’on s’occupa de l’inhumation des cadavres, il fallait à tout prix se débarrasser des morts, on les empila dans les puits, sans compter les animaux et le reste.  On dit que pendant longtemps la ville sentait la mort et quand on eut enfoui tous les morts  il ne resta presque plus personne dans la ville excepté les 1200 hommes de la garnison.

Tous les survivants s’étaient répandus dans le sud, même les chiens privés de leurs maîtres émigrèrent en masse.  Ce fut pendant quelque temps une solitude terrible dés les premiers soirs des nuées de corbeaux et de vautours arrivèrent sur place.

 Pendant un mois ils volèrent sur la ville comme au dessus d’un charnier, toute cette mousqueterie succédant aux canonnades du siège avait détruit la tranquillité des jardins.   Toutes les maisons étaient vides, on dirait une ville entièrement déménagée, une ville fantôme.

Pendant la prise et la mise à sac de LAGHOUAT les assaillants firent enfermer 42 hommes vivants dans des sacs qu’ils allèrent brûler sur un grand bûcher dans l’endroit où ils sont aujourd’hui enterrés (cimetière des Chouhadas du 04 décembre 1852  route d’EL ASSAFIA) 

Après les salves du génocide, le silence retentit dans la vallée du M’ZI

La léthargie après les hurlements et la férocité.

La terre Laghouatie pacifiée enfin rendue à elle selon les dires et les écrits  du  colonisateur.


Par Lotfi Amine Soukhal le 28 Février 2009

Par Laghouati - Publié dans : AMINE LOTFI - Communauté : Les amis d'agathe
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  • LAGHOUATI
  • Le blog de l'histoire et de la culture de la ville de LAGHOUAT
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  • 23/02/1947
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  • Fervent passionné de la ville qui m'a vu naitre un certain 23 février de l'année 1947.Le riche passé de cette ville , la grandeur d'âme de ses habitants font qu'elle ait une place de choix dans mon cœur.

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