Dimanche 1 mars 2009 7 01 /03 /Mars /2009 08:28

E DERNIER JOUR DU RESTE DE LA VIE

Par Lotfi Amine Soukhal - Partie Cinq et fin

LAGHOUAT a surtout besoin d’une âme, alors ensemble insufflons la lui.    

 

A l’est au sud au nord à l’ouest, des laghouatis ont été massacré brûlés emprisonnés dans des réserves, réservés à la mort lente, sans espoir et sans regret.

Au sud d’Alger, il est un pays en guerre et des gens qu’on traite comme des animaux « la population a été déportée depuis plusieurs mois, de l’autre coté de la montagne, la civilisation française (la terre des droits de l’homme de DANTON et de ROBESPIERRE) est passée par là ».

Chère ville dévastée pour avoir vaillamment résistée ! Tes enfants les meilleurs ont tous péri les armes à la main.

En l’absence de témoins, l’ennemi a ligoté brûlé de valeureux habitants, femmes comprises, comme la jeune HARZLIA Messaouda qui dans un autre combat contre la hogra  fut saisie d’une exaltation causée par la  HOGRA la honte et la douleur, animée d’une sublime résolution joignant ainsi l’action à la parole se précipita au milieu des assaillants pour sauver l’honneur des siens comme la légendaire Fatma N’Soumeur, l’amazone aux longs cheveux rouges, qui s’en allait au combat en habits de fête, avec tous ses bijoux.

Elle fut ainsi capturée, conduite au camp adverse, et son cheval baissait la tête, comme s’il portait en lui tout le poids du malheur……… »

Dans nos têtes endolories galope et galopera encore et toujours le cheval de NACER BEN CHOHRA qui n’est jamais autant en vie que dans la résistance à l’envahisseur.

Il n’a pas manqué à la ville martyre de LAGHOUAT qu’un adversaire à sa hauteur, un ennemi qui l’autoriserait à courir sus à la mort, peinte aux couleurs de la  guerre et en bijoux pour sa dernière fête, le mariage avec l’honneur et  la mort.

Mais peut être la hauteur exigée n’est-elle qu’ostentation et morve, refusant à la ville rebelle les honneurs et la reconnaissance même à titre  posthume de son ennemi juré la France et de ses pairs.

Les temps d’hier et d’aujourd’hui sont malheureusement à la déchéance des vainqueurs.

Toutefois ces réminiscences nous permettent de continuer de galoper comme NACER BEN CHOHRA, MESSAOUDA EL HAREZLIA ou FATMA N’SOUMEUR, à l’est au sud au nord à l’ouest sillonnant le pays, à travers des paysages qui résonnent du bruit furieux des sabots irréductibles.

Un seul centre d’intérêt la mémoire et les mots qui composent une seule et même cavalerie, que le cheval soit monté par NACER BEN CHOHRA, MESSAOUDA EL HAREZLIA, FATMA N’SOUMEUR, JUGURTHA ou débarrassé de son cavalier sous les remparts de Laghouat ou les murailles de Mansourah, en attente du peuple qui le chevauchera à l’heure de la délivrance, dans le grand incendie du 1er novembre 1954.

C’était fantastique ! On avait beau mélanger l’espace et le temps, la boussole pour la ville de Laghouat restera toujours figée quoi qu’en pense les jaloux de tous bords  sur le mot Honneur et sacrifice.

LAGHOUAT un siècle et quelques années plus tard a encore  besoin de sérénité pour panser toutes les blessures que français et les pouvoirs successifs lui ont infligé le temps le colonisateur

 Les jeunes d’aujourd’hui doivent tout connaître de l’histoire de leur pays pour comprendre et apprendre à mieux aimer cette terre qui a vu couler depuis 1852 le sang valeureux de nombreux martyrs.  Tout le monde doit s’y adonner  pour mettre de l’ordre dans les idées reçues et dédramatiser une  situation sciemment figée.

 D’abord il faudrait que l’on arrête de noircir plus qu’il n’en faut le tableau et les perspectives pour  rassurer les gens des démarches à entreprendre pour aller de l’avant.

  LAGHOUAT en plus de ses richesses immenses, de son histoire colorée  a aussi une autre grande richesse incommensurable l’amour singulier et pluriel de sa jeunesse.

 LAGHOUAT a une culture, un passé et aussi un présent et un avenir, les jeunes ne doivent plus avoir honte des générations précédentes qui avaient bien résisté avec des moyens  rudimentaires aux différentes invasions. 

Aucun pays, aucune nation ne s’est faite sans difficultés même si le passage de quelques unes ne s’est pas passé dans la sérénité.

C’était le terrible contexte colonial avec son lot quotidien d’exactions et d’injustices d’ou la fracture irréparable entre deux communautés qui se faisaient la guerre.

C’étaient NACER BEN CHOHRA, et tous les révolutionnaires patriotes de la ville de LAGHOUAT. Personnages haut en couleur et hors du commun , intellectuels épris de justice et qui quêteront les éléments tout au long de leurs vies.

Ils furent les pionniers dans la lutte, des mentors exigeants des jeunes qui brûlaient de s’affirmer au combat pour établir à travers leur courage des passerelles avec la liberté confisquée et le peuple opprimé.

Ils étaient tous dévorés par une autre passion prenante, celle de la liberté le don de soi et dont ils constituent d’ailleurs jusqu’à aujourd’hui une référence incontournable.

L’épopée vécue par ses preux chevaliers fut sans doute pour eux aux cotés du peuple tout entier une période faste glorifiante.

Mais sous la cendre couvait le feu, la spirale de la violence guerrière qui allait faire voler en éclat bien des rêves et des certitudes :

Rien ne sera plus comme avant l’holocauste commis contre la population civile de Laghouat et les événements allaient justement suivre le cours fracassant de l’histoire.

Le peuple Algérien, et il ne pouvait en être autrement, sortira vainqueur de l’épreuve de la guerre après sept années d’inlassables luttes et 132 ans d’écrasement colonialiste.

 Enfin de compte qu’est ce que ça représente quelques années dans la vie d’une nation, d’une ville, rien quelques secondes si on mesure le temps qui reste pour accomplir tout ce qui reste à faire. 

 

LAGHOUAT a surtout besoin d’une âme, alors ensemble insufflons la lui.                             

     

 AMINE. LOTFI  à mon grand père MOLINARI GIACOMO en hommage et regrets éternels

Par Laghouati - Publié dans : AMINE LOTFI - Communauté : Les amis d'agathe
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  • LAGHOUATI
  • Le blog de l'histoire et de la culture de la ville de LAGHOUAT
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  • 23/02/1947
  • lecture Afrique communication amitié religion
  • Fervent passionné de la ville qui m'a vu naitre un certain 23 février de l'année 1947.Le riche passé de cette ville , la grandeur d'âme de ses habitants font qu'elle ait une place de choix dans mon cœur.

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