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LAGHOUAT rattrape son époque
Pour tout heureux élu, bien sur on ne gagne jamais seul, ni par
hasard. La personnalité compte, le projet aussi, l’organisation, et autres artifices à l'algérienne bien entendu.
Mais importe plus encore le souffle de l’histoire, le grand vent des idées dominantes la vox populi a certes dit son mot mais sans la conviction populaire d’antan, appréhensions et
peur des promesses en l’air qui ne seront jamais tenues obligent.
Ces appréhensions viennent de loin, très loin elles
ressurgissent tel un leitmotiv du fond de la mémoire collective d’une ville meurtrie mille fois séduite et moult fois abandonnée.
Une telle peur ne peut trouver son explication que dans le ras-le-bol des Laghouatis, outrés par la conduite des affaires de leur ville par une classe politique (députés et élus locaux) qui a
plongé la cité chère à SIDI
HAKOUM dans l’impasse Or, cette
«classe politique», s’est illustrée ces dernières années par une absence totale de vision, par une méconnaissance récurrente des pulsions qui travaillent en profondeur la société, de même qu’elle
a ignoré ostensiblement les problèmes auxquels étaient confrontées des populations sans réelle perspectives d’avenir.
Les Laghouatis à l’instar de tous les Algériens
n’ont pas trouvé auprès des élus locaux et autres députés censés représenter le peuple auprès de l’Exécutif et du pouvoir politique - l’écoute à laquelle ils estiment avoir droit.
En fait, il y a césure entre le peuple, et l’élu qui, de plus en plus, ne représente que lui-même ou, à défaut, servait à justifier l’existence d’une chambre basse dont d’aucuns ne s’expliquent
pas l’intérêt de son maintien
Déjà de par le passé pour la ville de BEN
BOUTA entre LAHLAF et OULED SERGHINE, les déchirements et les reniements, n’étaient jamais à bout
de souffle, même si SIDI HADJ AISSA en annonçait avant l’heure l’effondrement moral.
Déjà le pseudo social étatisme édulcoré, dans sa version coloniale corrigé à travers le miroir aux alouettes que représentait pour le colonisateur le plan de Constantine, ne se portait pas mieux : les préjugés de l’époque à l’endroit de l’indigénat et des populations de seconde zone tendaient surtout à accentuer davantage la paupérisation et les expropriations tous azimuts, le chômage et les travaux pénibles étaient de l’apanage exclusif des autochtones. Le marasme subrepticement gagnait du terrain, le feu couvait, la protesta se propageait tel un feu de paille. Le champ éthique aussi était en lambeaux : les colons ne digéraient plus les revendications légitimes du peuple Algérien tandis que novembre 1954, chant libertaire à l’origine, dégénérait après 1962 et la guerre fratricide entre frères de combat en un relativisme désespéré. D’affreuses maladies nouvelles de despotisme de népotisme de ben amisme, tribalisme et de régionalisme s‘en mêlèrent, comme pour souligner que tout était de nouveau permis, même si à contrario l'on peut, émettre des opinions, des points de vue... mais ces derniers ne valent que ce qu'ils sont: des à priori politico idéologiques d'une partie, d'une frange, d'un pan de la société. Ni plus ni moins ; Qui, pour être valables, doivent être confrontés à tous les autres, pondérés selon leur poids réel. Au seuil de ces abîmes à répétition, le peuple Algérien tout entier s’est ressaisi : ce sursaut, selon les traditions locales, forgées dans les années 30-40-50, s’est appelé Révolution. L’assimilation pour certains qui jusque-là, semblait la solution idoine, fut soudain dénoncée comme étant le problème. De cette révolution dans la pensée dominante de l’époque, ont surgi de nouvelles politiques : moins d’asservissement, plus de combat, plus de détermination aussi, la tolérance zéro face aux crimes innommables de la France coloniale et de ses supplétifs. Cette pensée nouvelle qui avait ses maîtres BENACER BENCHOHRA –MOKRANI-BOUAMAMA-BOUBAGHLA --BOUDIAF -ABANE RAMDANE -LARBI BEN M’HIDI, ses héros politiques BENKHEDDA- FERHAT ABBAS- LAMINE DEBAGHINE et spirituels BEN BADIS - AHMED CHATTA, a gagné toutes les nations du Maghreb et du monde entier.
L’autoritarisme ancien cède ainsi devant la bravoure et
le courage du peuple Algérien. Jusqu’à ce que les LAGHOUATIS eux même victime d’un atroce génocide commis un certain 04 décembre
1852 se rendent enfin à l’évidence : le monde qui les entoure ayant changé, il convient maintenant de le rattraper, car les événements actuels doivent, nécessairement, être replacés dans
leur contexte politique régional qui lui-même est marqué par un profond malaise social qui a laminé tout sur son passage. Dans notre Histoire depuis la nuit des temps, cette démarche n’est pas
neuve : nous Laghouatis aimons cultiver notre singularité, nous inscrire à contre-courant, prétendre que jamais nous n’agirons comme les autres.
Avant de faire en moins bien comme tous les autres mais
avec un certain décalage. Il appartiendra à tous et à toutes de rendre nos Administrations efficaces car il n’est pas de société libre sans des administrations et institutions (APC-APW-APN) qui
marche.
Cela permettra enfin aux entrepreneurs d’entreprendre, aux architectes de cogiter le design et le look de nos villes, aux paysagistes d’innover, aux hydrauliciens et autres
technocrates de trouver enfin cette fameuse pente qui sera à même d’évacuer toutes nos scories et ramener après un AUDIT iconoclaste l’eau du trop controversé « barrage
de SEKLAFA » véritable Arlésienne s’il en est qui tarde depuis des
lustres et des promesses lénifiantes non tenues des responsables de poindre enfin le bout du nez car l’économie et la pensée libre sont aussi simples que cela.
Ces projets Grandioses étant désormais ceux du peuple qui les réclame à cors et à cris, il aura déjà esquissé à bon escient une autre révolution à contre sens cette fois ci de tous
les préceptes préétablis.
Mais le citoyen Laghouati échaudé et blasé aura mieux
compris et mieux interprété ces instants qui passent: LAGHOUAT était arrêtée depuis des lustres à l’heure de son clocher, il faudrait
maintenant vite la remettre à l’heure du temps.
Par Amine Lotfi
Commentaire :
Merci à Amine Lotfi pour cette longue réflexion à propos de la situation déplorable atteinte par la ville de Laghouat qui a perdu tous ses anciens repères sans en acquérir de
nouveaux à même de l’aider à se hisser au niveau de développement acquis par d’autres régions.
Même si je me trouve loin de Laghouat, mais je ressents à chaque fois que je m’y rends qu’il y a une réelle prise de conscience du retard qu’il est urgent de rattraper : les associations de jeunes universitaires se multiplient et travaillent en silence, sans trop de tapage pour améliorer tant soit peu une situation considérée comme désespérée, il y a à peine quelques années.
J’ai bon espoir que les choses vont en s’améliorant et que Laghouat, ville au passé et au patrimoine culturel lumineux ne tardera pas à renaître grâce à ses jeunes.
Laghouati le 02 Mars 2009
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