Lundi 2 mars 2009 1 02 /03 /Mars /2009 07:48

LAGHOUAT rattrape son époque


Pour tout heureux élu, bien sur on ne gagne jamais seul, ni par hasard. La personnalité compte, le projet aussi, l’organisation, et autres artifices à l'algérienne bien entendu.
Mais importe plus encore le souffle de l’histoire, le grand vent des idées dominantes  la vox populi a certes dit son mot mais sans  la conviction populaire d’antan, appréhensions et peur des promesses en l’air qui ne seront jamais  tenues obligent.

 Ces appréhensions viennent de loin, très loin elles ressurgissent tel un leitmotiv du fond de la mémoire collective  d’une ville meurtrie mille fois séduite et  moult fois abandonnée.
Une telle peur ne peut trouver son explication que dans le ras-le-bol des Laghouatis, outrés par la conduite des affaires de leur ville par une classe politique (députés et élus locaux) qui a plongé la cité chère à 
SIDI HAKOUM  dans l’impasse Or, cette  «classe politique», s’est illustrée ces dernières années par une absence totale de vision, par une méconnaissance récurrente des pulsions qui travaillent en profondeur la société, de même qu’elle a ignoré ostensiblement les problèmes auxquels étaient confrontées des populations sans réelle perspectives d’avenir.

Les Laghouatis à l’instar de tous les Algériens  n’ont pas trouvé auprès des élus locaux et  autres députés  censés représenter le peuple auprès de l’Exécutif et du pouvoir politique - l’écoute à laquelle ils estiment avoir droit.
En fait, il y a césure entre le peuple, et l’élu qui, de plus en plus, ne représente que lui-même ou, à défaut, servait à justifier l’existence d’une chambre basse dont d’aucuns ne s’expliquent pas l’intérêt de son maintien
Déjà de par le passé pour la ville de
BEN BOUTA  entre LAHLAF et OULED SERGHINE, les déchirements et les reniements, n’étaient  jamais à bout de souffle, même si  SIDI HADJ AISSA en annonçait avant l’heure l’effondrement moral.

Déjà le pseudo social étatisme édulcoré, dans sa version coloniale corrigé à travers le miroir aux alouettes que représentait pour le colonisateur le plan de Constantine, ne se portait pas mieux : les préjugés de l’époque à l’endroit de  l’indigénat et des populations de seconde zone  tendaient surtout à accentuer davantage la paupérisation et les expropriations tous azimuts, le chômage et les travaux pénibles étaient de l’apanage exclusif des autochtones. Le marasme subrepticement gagnait du terrain, le feu couvait, la protesta se propageait tel un feu de paille. Le champ éthique aussi était en lambeaux : les colons  ne digéraient plus les revendications légitimes du peuple Algérien tandis que novembre 1954, chant libertaire à l’origine, dégénérait après 1962 et la guerre fratricide entre frères de combat en un relativisme désespéré. D’affreuses maladies nouvelles de despotisme de népotisme de ben amisme,  tribalisme et de régionalisme s‘en mêlèrent, comme pour souligner que tout était de nouveau permis, même si à contrario l'on peut, émettre des opinions, des points de vue... mais ces derniers ne valent que ce qu'ils sont: des à priori politico idéologiques d'une partie, d'une frange, d'un pan de la société. Ni plus ni moins ; Qui, pour être valables, doivent être confrontés à tous les autres, pondérés selon leur poids réel. Au seuil de ces abîmes à répétition, le peuple Algérien  tout entier s’est ressaisi : ce sursaut, selon les traditions locales, forgées dans les années 30-40-50, s’est appelé Révolution. L’assimilation pour certains qui jusque-là, semblait la solution idoine, fut soudain dénoncée comme étant le problème. De cette révolution dans la pensée dominante de l’époque, ont surgi de nouvelles politiques : moins d’asservissement, plus de combat, plus de détermination aussi, la tolérance zéro face aux crimes innommables de la France coloniale et de ses supplétifs. Cette pensée nouvelle qui avait ses maîtres BENACER BENCHOHRA –MOKRANI-BOUAMAMA-BOUBAGHLA --BOUDIAF  -ABANE RAMDANE -LARBI BEN M’HIDI, ses héros politiques  BENKHEDDA- FERHAT ABBAS- LAMINE DEBAGHINE et spirituels BEN BADIS - AHMED CHATTA, a gagné toutes les nations du Maghreb et du monde entier.

L’autoritarisme ancien cède ainsi devant la bravoure et le courage du peuple Algérien. Jusqu’à ce que les LAGHOUATIS eux même victime d’un atroce génocide commis un certain 04 décembre 1852 se rendent enfin à l’évidence : le monde qui les entoure ayant changé, il convient maintenant de le rattraper, car les événements actuels  doivent, nécessairement, être replacés dans leur contexte politique régional qui lui-même est marqué par un profond malaise social qui a laminé tout sur son passage. Dans notre Histoire depuis la nuit des temps, cette démarche n’est pas neuve : nous Laghouatis aimons cultiver notre singularité, nous inscrire à contre-courant, prétendre que jamais nous n’agirons comme les autres.

Avant de faire en moins bien comme tous les autres mais avec un certain décalage. Il appartiendra à tous et à toutes de rendre nos Administrations efficaces car il n’est pas de société libre sans des administrations et institutions (APC-APW-APN) qui marche.
Cela  permettra enfin aux entrepreneurs d’entreprendre, aux architectes de cogiter le design et le look de nos villes,  aux paysagistes d’innover, aux hydrauliciens et autres technocrates de trouver enfin cette fameuse  pente qui sera à même d’évacuer toutes nos scories et ramener après un AUDIT iconoclaste  l’eau  du trop controversé « barrage de
SEKLAFA   » véritable Arlésienne s’il en est qui tarde depuis des lustres et des promesses lénifiantes non tenues des responsables de poindre enfin le bout du  nez car l’économie et la pensée libre sont aussi simples que cela.
Ces projets Grandioses  étant désormais ceux du peuple qui les réclame à cors et à cris, il aura déjà esquissé à bon escient  une autre révolution à contre sens cette fois ci de tous les préceptes préétablis.

 Mais le citoyen Laghouati  échaudé  et blasé aura mieux compris et mieux interprété ces instants qui passent: LAGHOUAT était arrêtée depuis des lustres à l’heure de son clocher, il faudrait maintenant vite la remettre à l’heure du temps.
 

Par Amine Lotfi

 

Commentaire :


Merci à Amine Lotfi  pour cette longue réflexion à propos de la situation déplorable atteinte par la ville de Laghouat qui a perdu tous ses anciens repères sans en acquérir de nouveaux  à même de l’aider à se hisser au niveau de développement acquis par d’autres régions.

Même si je me trouve loin de Laghouat, mais je ressents à chaque fois que je m’y rends qu’il y a une réelle prise de conscience du retard qu’il est urgent de rattraper : les associations de jeunes universitaires se multiplient et travaillent en silence, sans trop de tapage pour améliorer tant soit peu une situation considérée comme désespérée, il y a à peine quelques années.

J’ai bon espoir que les choses vont en s’améliorant et que Laghouat, ville au passé et au patrimoine culturel lumineux ne tardera pas à renaître  grâce à ses  jeunes. 


Laghouati le 02 Mars 2009

 

Par Laghouati - Publié dans : AMINE LOTFI - Communauté : Les amis d'agathe
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  • Le blog de l'histoire et de la culture de la ville de LAGHOUAT
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  • 23/02/1947
  • lecture Afrique communication amitié religion
  • Fervent passionné de la ville qui m'a vu naitre un certain 23 février de l'année 1947.Le riche passé de cette ville , la grandeur d'âme de ses habitants font qu'elle ait une place de choix dans mon cœur.

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