Jeudi 5 mars 2009 4 05 /03 /Mars /2009 08:11

 

SAIDI, Il est des instants où une ville se rassemble autour des valeurs qui la fondent pour mieux les faire vivre et revivre.


SAIDI, je voudrais vous dire ce jour, le  pourquoi de  cet hommage tardif acte d'évidence, acte de reconnaissance mais qui est aussi le signe évident de notre insignifiance et de notre petitesse , nous les faibles mortels devant les grands moments d'histoire.


SAIDI, vous nous avez appris à nous défier des réponses toute faites, de l'esprit de système qui dénie aux individus leur part d'influence sur leur propre histoire.
Vous, l'homme de l'inquiétude de la recherche et du don de soi vous avez su tracer dans la douleur votre propre chemin et le notre.
Vous aviez, très jeune mis un terme à vos incertitudes parce que vous ne pouviez faire votre des nourritures intellectuelles que vous n'auriez pas trouvés vous-même au hasard des rencontres et des livres lus.
Vous étiez alors un seigneur avec ce que cela supposait de hauteur, de discipline de brio et de désespoir aussi.
C'était l'époque de Messieurs LACHKHEM AEK - SI LALMI -SI MOHAMED EL HADJ AISSA- SI MUSTAPHA - DAVAS -GUAVAZI -PINET -TYS -LATET -BONIFACI -FATACCIOLI Madame GANTOIS -Madame BREVARD dans l'antre séculaire et chaude comme l'espérance du  CEG HABIB CHOHRA , c'était les années 60 mais c'était surtout vous-même au milieu du gué, dans vos conversations intimistes avec les poètes les soufis et les écrivains,
Vous étiez déjà celui qui interrogeait notre condition de mortel, au moment où vous vous frayiez un chemin dans la vie, vos rapports à la culture et à l'art qui sont sans aucun doute la pierre angulaire de votre existence ne sont finalement que de longues interrogations mystiques  ininterrompues.
Vos esquisses illustraient déjà le style et le sens de votre vie vos essais textes fantastiques esthétisants déroutants pour vos détracteurs mais significatifs pour ceux qui savaient la profondeur de votre quête d'absolu et la relation grimaçante que vous aviez avec la maladie et les souffrances du corps.
Vous étiez bien SAIDI, du coté de l'inquiétude de la quête et du don de soi un précurseur et un écorché vif  NIETZCHE, DOSTOIEVSKI, IBN ROCHD et IBN ARABI seront pour l'éternité vos maîtres et vos interlocuteurs.
Vous incarniez des choix des préceptes un exemple et pourtant il y avait toujours chez vous le «  et si nous nous étions trompés » que vous inspirez la marche inexorable du temps.
Vous étiez celui qui nous a appris la richesse de la question et de la remise en question.
Cette richesse, qui  fait de vous l'homme de l'aventure de l'ouverture au monde et donc de la tolérance et du respect de l'autre.
Votre intimité avec toutes les cultures votre façon si neuve de faire dialoguer entre eux les arts du monde par delà les frontières et les époques vous ont consacré citoyen de l'intemporel un intemporel nécessairement sage pragmatique émouvant et fraternel.
Vous aviez eu très tôt l'intuition de savoir que c'est la comparaison et la confrontation des œuvres qui permettaient   de comprendre et de ressentir l'autre.
Quand on aborde comme vous les arts de partout avec cette liberté intérieure cette compréhension intime et cette infinie curiosité il ne peut y avoir que reconnaissance pour les hommes et les gens qui les ont crées.
 
Vos goûts si éclectiques ne sont que les différents visages d'une même passion une passion qui ignore  la hiérarchie et l'hypocrisie.
Dans votre approche il y a du respect de l'humilité à mille lieues de l'ignorance et de  l'arrogance qui ont voilé si souvent le regard des autres.
C'était une démarche profondément généreuse et profondément moderne et c'était une autre  leçon d'humilité.
C'était le courage physique et c'était la fraternité comme réponse aux vertiges, à  la condescendance et à l'absurde.
Nulle  personne SAIDI, n'a perçu mieux que vous ce qui unissait les hommes au point de donner à leurs vies même fugitivement sens et directions.
 
 C'était une autre leçon contre l'absurde au-delà de la fraternité il y avait cet engagement et cette capacité de dire toujours « NON » à la bêtise et à l'ignominie des hommes, ce qui vous habitez c'était la recherche de l'efficacité une sorte d'estampille une image de marque  qui marquait votre relation avec la simplicité des gens simples.


SAIDI, vous étiez alors un homme marqué par les épreuves lucide illustrant parfaitement votre propre définition de l'intelligence, vous qui nous avez appris avec l'inquiétude en plus l'ouverture sur le monde la fraternité l'engagement et la noblesse de la révolte.
 Vous avez assumé l'action de semer le savoir malgré les déceptions et les contraintes comme une nouvelle étape de votre chemin à l'orée de ce 3ieme millénaire vagissant.


SAIDI, vous allez entrer en éternité  aux cotés de gens simples et illustres comme SORDI TAHAR TADJ MUSTAPHA, KADA BRAHIM, MAAMIR MAKHLOUF votre professeur TYS  morts très jeunes auxquels vous liez  la fraternité du courage et de la révolte.
Au-delà de la force de vos écrits, je voudrais simplement vous remercier aux noms de tous les Laghouatis (es)  que vous avez fait rêver avec  votre gentillesse votre savoir immense et votre générosité pour tout cela et aussi pour une voix un regard qui dessinait vos mots (maux) vous qui avez inspiré et irrigué plusieurs générations de votre savoir.


Jusqu'au jour d'aujourd'hui nous ne savons  malheureusement pas ressusciter les corps mais nous commençons à savoir ressusciter les rêves c'est peut de cela qu'il est question aujourd'hui nous disions de vos rêves qu'ils étaient immenses et accueillants plus vrais plus réels que ce que nous appelions avec indigence, notre condition humaine ajoutant que la vérité des grands rêves se situera toujours dans l'insondable au fond de l'homme en chacun de nous.


Au delà du vrai existera le vécu qui rencontrera le rêve et c'est parce que vous avez su faire vivre vos rêves et les faire vivre en nous, prenez donc place SAIDI, dans le PANTHEON de nos cœurs.
 
 
 
 AMINE LOTFI 
 

En souvenirs et regrets éternels et en hommage à mon grand père MOLINARI GIACOMO qui restera grand comme l'amour que je lui porte, au grand SI BOUBAKEUR HADJ AISSA l'encyclopédie que nous avons perdue, à SI MOSTAPHA LAMRI l'homme lige qui savait écouter le bruissement de nos cœurs,  à l'immense BOUDIAF Mohamed père de la révolution, à l'ami au confident le journaliste DJAOUT Tahar au frère chroniqueur MEKBEL Saïd, au copain des moments de grandes solitudes MIMOUNI Rachid, à notre père spirituel à tous le Moudjahid journaliste CHERGUOU ABDERAHMAN,  à MAHMOUDI ABDERAHMAN , au seigneur Moudjahid BENZINE Abdelhamid, à MOSTEFA LACHRAF qui m'accueillait toujours chaleureusement chez lui , à notre père à tous KADA HAMIDA, à l'intellect BENADJILA Ayache, à mes oncles SOUKHAL Tahar et  ALLAL,  à mon oncle MOLINARI AHMED BOUSEBCI à MOLINARI OUM ELKHEIR la martyre de la révolution, à ma mère Hadja Zohra SOUKHAL partie elle aussi rejoindre les cieux un vendredi du mois de ramadhan et à tous les valeureux d'Algérie qui ont donné leurs vies pour que vive ce pays dans la paix et la sérénité.
 
 

 

 

 

Merci, Amine pour cet hommage posthume. Je n'ai pas connu le regretté Saidi mais vous en parlez si bien, avec des mots justes, forts et tellement sincères que j'ai l'impression que je ne connais que lui. Merci de nous l'avoir fait connaître et aimer !

 

Laghouati le 05 Mars 2009
Par Laghouati - Publié dans : AMINE LOTFI - Communauté : Les amis d'agathe
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  • Fervent passionné de la ville qui m'a vu naitre un certain 23 février de l'année 1947.Le riche passé de cette ville , la grandeur d'âme de ses habitants font qu'elle ait une place de choix dans mon cœur.

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