Le Roi du bricolage et du système D

Publié le par Laghouati

15/04/2013

 

                                   En hommage à notre regretté défunt Si Zarnane

 

Notre regretté Zarnane natif de Ain Madhi, grand sanctuaire de la confrérie TIDJANI, il est issu d’une famille modeste, homme aux immenses et multiples talents extrêmement doué et intelligant, un surdoué comme il existe rarement. Déjà à sa naissance, il a été enfanté la tête super bien faite et super bien pleine. La seule véritable école qu’il a connue c’est la merveilleuse école de la nature, avec laquelle il a toujours vécu en parfaite harmonie et en parfaite symbiose. C’est l’homme qui vient toujours à bout des missions impossibles et irréalisables que ses semblables n’arrivaient pas à faire et à réaliser c’est un talentueux innovateur de tous ce qu’il voit et un inventeur sans limite et sans frontière, rien ne lui échappe, il reproduit et améliore tous ce qu’il voit. Bref un véritable génie analphabète du 20 ème siècle, bien connu et bien respecté par tout le monde. Toute sa lignée, et sa progéniture est à son image, surdouée et pleine de talents.

 

Il avait dans le temps réalisé :

1-   une distillerie traditionnelle de parfums

2-   une distillerie d’huile d’olive

3-   une fabrique de poudre à canons

4-   une fabrique de savon  de lessive

5-   a été un faux monnayeur  de grand talent durant l’époque coloniale, a fabriqué pendant longtemps les billets de 500 Francs de l’époque

6-   répare tout ce qui est irrécupérable et irréparable tels que montres, pendules, horloges…etc

 

Bref il est à l’origine d’innombrables innovations et inventions. Je  crois qu’il s’est éteint les années soixante. 

Puisse Dieu le tout Puissant accorder au défunt sa Sainte Miséricorde et l’accueillir en son vaste Paradis

 

        

                  LE  ROI  DU  BRICOLAGE  ET  DU  SYSTEME  D

    

         Vraisemblablement, un jour de poisse et de malchance pour le directeur et le receveur des PTT, au niveau de la poste de Laghouat, sans doute le réveil matinal des deux  responsables ne s’est pas fait comme d’habitude. Ils se sont vraisemblablement  réveillés sur  le pied gauche, au lieu du pied droit, comme nous le conseillaient jadis nos sages grands-mères, avec grande insistance, pour des considérations para normales, inspirées de pratiques séculaires superstitieuses.

 

A peine le directeur entré dans son bureau, de bon matin, on vint en trombe lui annoncer que  l’unique  coffre fort de la poste vient de se détraquer et de se bloquer et que malgré d’innombrables tentatives de déblocage, aucun Sésame ouvre toi, à la Ali Baba n’avait porté ses fruits.  Entre-temps une chaîne interminable d’adhérents au compte CCP, attendait avec extrême impatience, en queue leu leu, afin de percevoir leur paie. Ne comprenant nullement ce qui se passait  et  ignorant complètement la contrainte majeur qui est à l’origine de ce grave dysfonctionnement.

 

Le calme et la tranquillité qui régnaient habituellement dans le bureau de Monsieur le receveur, avaient cédé la place à la confusion et à la panique administrative. Pour les responsables, la solution  n’était guère évidente, il leur restait  une et une seule alternative logique de règlement du problème,  mais demandait hélas  beaucoup de temps. Cette solution consistait,  à contacter le constructeur Suisse des coffres forts et des chambres fortes, pour lui demander de dépêcher en extrême urgence, par avion, un spécialiste dans le domaine. Si tôt dit si tôt fait, ils contactèrent la firme Suisse, en lui exposant le problème. Cette dernière les informa que dans l’immédiat elle  ne pouvait satisfaire leur demande, eu égard au fait que tous ses spécialistes de la maintenance sont en mission commandée à travers l’Europe.

 

Un brouhaha infernal et un chahut insupportable s’instaurèrent à l’intérieur de la poste, aux guichets fermés. L’impatience avait atteint son paroxysme et les esprits commencèrent à s’échauffer, à bouillonner devais-je dire. Une situation qui n’était guère enviable, un des épargnants, visiblement l’un des plus sages et des plus calmes,  demanda à voir le receveur Ce dernier le reçut dans son bureau, le sage épargnant demanda la nature et la cause de ce dysfonctionnement et de cette interminable chaîne, le receveur lui révéla la nature de la contrainte.

 

         Le sage épargnant, d’un air calme, non sans une parfaite maîtrise de soit, leur fit part d’une excellente nouvelle, d’une manière fort inattendue et fort spectaculaire,  comme quoi,  le problème n’était absolument pas grave et qu’il pouvait intervenir et y remédier,d’une manière rapide et efficace, Cette excellente nouvelle n’est pas parvenue dans l’oreille d’un sourd, il obtint instantanément le feu vert d’intervenir, il demanda l’usage d’un téléphone, ce fut chose faite, il pénétra dans l’arrière bureau, composa un numéro, discuta pendant quelques minutes, puis revint le sourire aux lèvres ,il ne manqua pas de leur annoncer la bonne nouvelle,en leur confirmant l’arrivée d’un super technicien, grâce auquel ,le problème sera rapidement réglé, soudain, le flux sanguin qui avait faussé compagnie et déserté le visage du directeur et du receveur, revint et y réélu domicile, le sourire également porté déserteur revint et rayonna leurs visages.

 

Comme disaient nos sages grands-mères « SOURDI  BKH0UR IBAKHAR LAKOUAT » toute la haute hiérarchie des PTT , de la protection civile, ainsi que des services de sécurité, en quête de sensations fortes, de renouveau, de changements,ainsi que pour satisfaire leur curiosité, catalysée par une oisiveté et une inactivité débordantes, dans leur services respectifs, se sont présentés, sans aucune invitation préalable et se sont constitués en comité d’accueil pour superviser l’opération « Sésame ouvre toi » de notre ALI BABA des temps modernes, auquel s’identifie notre super technicien, que tout ce monde, fauché au dernier centime attend avec impatience. Au bout d’une heure, apparut au loin , un énergumène trapu, ne donnant pas de mine , vêtu d’un pantalon de style LOUBIA, d’une gandoura et d’un burnous qui a certainement fait ses preuves durant la seconde guerre mondiale.

 

Notre inconnu, arrivé au niveau du comité d’accueil, il fit à son Ami, qui lui avait téléphoné auparavant, une cordiale bise bise  et le gratifia d’un grand et solennel Salam Alek. Ils se chuchotèrent quelques phrases entre eux, puis le sage le présenta au comité d’accueil, comme étant le super technicien qu’on attendait, à défaut du technicien supérieur qui n’a pu venir de Suisse. Les membres du comité ne croyaient ni leurs yeux ni leurs oreilles, ils pensaient, dur comme fer qu’ils avaient  affaire à  une plaisanterie de mauvais goût où à une conspiration diabolique. Je comprends maintenant pourquoi le comité d’accueil super évolué, super instruit et super civilisé, ce monde de la relative haute sphère mondaine était ébahi, éberlué, stupéfait, et interloqué par ce coup de théâtre, digne des grands maîtres du théâtre Algérien.

                                                                                               

Notre super technicien, porteur d’un minuscule couffin en alfa tressé,  de confection  à 100%  locale, qu’il avait lui-même confectionné,  Son couffin tenait lieu de caisse à outils, contenant quelques rudiments d’outillage traditionnel improvisés, vraisemblablement, ayant appartenu à ses ancêtres lointains, eu égard à leur vétusteté et leur aspect extérieur, telle que la lime ayant une dentition partiellement rabotée par la suractivité, par le temps et par l’âge. Le  contenu du couffin qui tient lieu de caisse à outillages,  se résume en tout et pour tout, à deux limes, à une burette de graissage à l’huile d’olive premier choix, une torche électrique minuscule, un entonnoir en guise d’amplificateur de son, d’une tige métallique fine et bien affûtée (Msella) pour décoincer le dispositif de déverrouillage du coffre, une loupe ainsi qu’un très petit marteau, voila grosso modo à quoi se résume le contenu du couffin, petit format, qui lui tient lieu de caisse à outils , rudiments de pseudo outillage d’une autre ère digne de l’homme des cavernes et  de la préhistoire ,ou , au meilleur des cas du moyen âge.

 

Permettez moi chers lecteurs de vous préciser à qui et à quoi s’attendaient à voir nos honorables membres du respectable comité d’accueil, nos illustres cadres, à la pointe de la technologie, du savoir et du progrès, à prédominance télécoms ainsi, que des cadres des services de protection civile et des cadres des hautes instances de sécurité. Ils s’attendaient à voir, un homme svelte, tiré à cinq épingles au lieu de quatre,  mode et surenchère obligent ! svelte, taille Mannequin, portant lunette de soleil  de marque Rébane authentique ment Américaine,,en aucun cas de marque Taiwan , mâchant du chewing-gum à la chlorophylle ,  ,made in USA , doté, d’une valise diplomatique, ,remplissant la double fonction de trousse à outils et de porte documents et  bien aspergé de parfum raffiné de marque DIOR, tel est le profil type du technicien spécialisé des temps modernes. Si tel doit être le profil du technicien réparateur spécialisé, je comprends parfaitement, pourquoi ils sont interloqués, stupéfaits étonnés et éberlués, en apercevant pour la première fois notre illustre  homme des cavernes, vêtu en honorable tenue traditionnelle, à la démarche, énergique et rapide

 

Le sage expliqua au comité, à qui voulait l’écouter, le pourquoi du comment du bien fondé de son choix de ce super technicien, le roi du Sésame ouvre toi des temps anciens et modernes, qui a de tout temps fait ses preuves, le maître incontesté du système D  et du bricolage  toutes spécialités et toutes disciplines confondues et  envers qui  les coffres n’ont aucun secret, bien vulnérables et sans défense. Notre super technicien, non universitaire, pour ne rien vous cacher, je dirai même analphabète trilingue, mais ayant fait son apprentissage et acquis sa riche expérience dans la merveilleuse école qu’est la nature, comme disait ma grand-mère  GIBOU  FAHAM  ALLAH LA KRA , il avait la tête dés la naissance bien pleine .je dirai pleine jusqu’à saturation. Il avait deux   gros avantages prédominants ,qui valent leur pesant d’or et qui lui offrent un grand avantage, dans l’exercice de sa profession de Sésame ouvre toi  ,des chambres fortes et des coffres forts et autres dépannages et inventions il avait des oreilles excessivement, grandes ouvertes en forme d’entonnoir , présentant une audition, au rendement maximum, jouant parfaitement le rôle d’amplificateur de sons, canalisant à plein régime tous les décibels captés, un véritable stéthoscope médical naturel.

 

Il avait des yeux trop rapprochés l’une de l’autre et extrêmement perçants qui auraient sans difficulté raflé au faucon le premier prix de la meilleure acuité visuelle. Il avait une démarche rapide, en parfaite symbiose avec la mère nature qui l’a vu naître et grandir, tout chez lui sentait le naturel et pour preuve ,il avait une moustache en forme d’accent circonflexe, bien huilée et bien luisante sentant l’huile d’ olive  premier choix à un mètre à la ronde

 

Notre super technicien demanda à ce qu’on lui ouvre le passage, pour accéder au coffre fort, pour se mettre en besogne. L’ouverture du passage au coffre se fit avec  accompagnement  renforcé non  sans visible profond découragement. Notre Ali Baba, grand maître des coffres demanda a ce qu’on le laisse seul en besogne, en les priant de sortir, de façon  à protéger le secret de la profession  Si tôt en face du coffre , il se mit à tourner le cadran, son stéthoscope naturel  qu’est son oreille , plaquée contre ce cadran  tout en tournant, il essayait de capter un son ou un déclic annonciateur du déverrouillage, voyant que son amplificateur des sons n’avait donné aucun résultat , il brancha son amplificateur  artificiel  qu’est l’entonnoir (MOUHGON) dans l’ amplificateur naturel qu’est l’oreille , à l’aide de la burette, il introduisit l’huile d’olive pour le graissage des mécanismes internes, ensuite il recommença l’opération de recherche du déclic annonçant le point du déverrouillage  du coffre, déclic annonciateur de l’imminence de l’ouverture.

 

Sentant qu il venait de repérer la position du déclic il prit une vieille clé qu’il ajusta avec une lime, en faisant à chaque fois un essai avec cette dernière dans la serrure du coffre, après quelques essais  il s’aperçut que sa clé avait parfaitement épousé l’orifice de la serrure .Pour lui 90%  du travail a été fait, il ne lui restait  qu’à synchroniser deux actions en même temps ,en tournant la manette jusqu’à obtenir le déclic et en même temps tourner la clé, et c’est ce qu’il fit, enfin voila  que le coffre s’est ouvert. Notre talentueux Ali Baba appela le comité d’accueil et leur annonça la bonne nouvelle, sur une opération qui ne représentait pour lui  qu’une opération banale, ils le gratifièrent de sincères remerciements et d’une récompense pécuniaire bien consistante et bien méritée.

 

                Morale se dégageant de l’histoire

 

                          LE  ROI  DU  BRICOLAGE  ET  DU  SYSTEME  D

 

 

1.    Tu peux trouver dans la rivière ce que tu ne peux trouver dans l’océan.

2.    L’habit ne fait pas le moine.

3.    Enfantes le doué il peux se passer de hautes études.

4.    Tout ce qui brille n’est pas or.

 

Cette histoire est ce qu’il y a de plus réel et de plus véridique, à la différence prés  qu’elle a été embellie de métaphores, de comparaisons et de détails amusants et drôles, sources de dérision bénigne.

 

 

                                                     KRADRA MOHAMED

 

Merci , Mohammed , nous avons bien ri en meme temps que fortement apprécié le grand talent et le génie du regretté si Zarnane dont le nom n'est pas inconnu pour les personnes de notre génération .

 

 

 

Publié dans M.KRADRA

Commenter cet article

Dania 07/12/2015 10:28

En relisant ce texte, ainsi que votre réponse, il y a quelques jours, ma replique était, et aussitôt la lecture finie
"J'ai bien ri en même temps que fortement apprécié le grand talent et le génie de l'auteur de cet article qui égale le génie de l' "Ali Baba" le "kouati!!"
Quand, en poursuivant la lecture des com, je me suis aperçue que vous l'avez si bien dit vous aussi!!
Bonne journée.

KRADRA 20/06/2009 20:57

              Si Bouhouia bonjour !Un grand merci pour ton commentaire bien encourageant et bien constructif.je te rassures que les détails de l'opération technique d'ouverture du coffre relève strictement du fruit de mon imagination. je ne me permettrai jamais de dévoiler le secret ou la confidence d'un vivant, encore moins et à plus forte raison la confidence ou le secret d'un regretté défunt. Encore une fois grand remerciement pour ton fin et subtil compliment                            amicalement                                            Kradra  

Laghouati 20/06/2009 17:57

Effectivement , notre ami Mohamed KRADRA a su si bien raconter notre héros que vous avez l'impression de le connaitre et meme d'en etre très proche. Le talent de narrateur de si mohammed  égale   le génie  inventif de notre bricoleur et il a su le faire vivre devant nos yeux comme s'il était encore  vivant : c'est un talent qui est rare et que sait si bien maitriser mon ami .Je ne cesserai jamais de louer ton talent qu'ont su apprécier beaucoup de personnes qui m'écrivent.

Lakhdar BOUHOUIA 20/06/2009 11:30

Il n'y a pas de talent s'il on en parle pas d'une manière talentueuse. Merci Si Kradra ! Bravo aussi à celui qui avait rapporté avec une si fine description, les minutieuses combines de Si ’A.B.’ Zernane alors que ce dernier tenait à protéger le secret du métier que la nature lui avait appris. Si Mr Zernane était un phénomène de son temps. Votre façon de le présenter, le rend un homme légendaire. Y'en avaient-ils d'autres comme lui ? Et aujourd’hui ? Certainement oui dans une ville comme Laghouat dont la culture et l’histoire ne demandent qu'à être universalisées ! Lakhdar