Biographie de Feu Si Tahar Tedjini- Par si Ahmida Mimouni-

Publié le par LAGHOUATI

Salam

Il me revient en mémoire que feu Si Tahar a enseigné au Collège de Miliana où il a été le professeur et le correspondant de nombreux Laghouatis, dont mon frère Atallah, Allah yarhamou, Madani Gourine et d'autres. Il a également enseigné à l'ex-Lycée Bugeaud (Emir AeK, aujourd'hui) au milieu des années 50.

J'ai évoqué Si Tahar dans deux écrits que j'ai commis il y a quelque temps; je vous livre des extraits ci-dessous.

 

EXTRAIT DE « BIOGRAPHIE D’ABDELKADER MIMOUNI » (2000)

A la création du Mouvement des Scouts Musulmans Algériens, ils n’étaient pas nombreux autour de Mohammed Bouras. Abdelkader  Mimouni et son frère Hadroug faisaient partie de ces "happy few", et seule la mort les séparera du fondateur martyr. Et selon le témoignage de Hadroug, on a même craint un moment que la même condamnation qui avait frappé Bouras  s’abatte sur la tête de tous les membres du comité. Tahar Tedjini, le frère et l'ami de toujours, succède à Bouras à la tête du Mouvement scout et la lutte continue; la crise, mortelle, est surmontée, le mouvement survit et survivra. Et puisque le nom de Tahar Tedjini a été évoqué, on ne dira jamais assez combien il a fallu de courage autant physique que moral pour accepter de succéder à un condamné à mort qui venait d'être exécuté, à la tête d'un mouvement plus que suspect aux yeux de l'administration française, et combien il a fallu d’abnégation et de sacrifice pour assumer la mission; et il faut bien que quelqu'un dise, par exemple, que pour empêcher Si Tahar de remplir sa mission, l'Education nationale, dont il dépendait en sa qualité de professeur d'arabe, le mute à Marseille. M. Tedjini trouvait le moyen de venir à Alger en bateau à ses frais, de tenir ses réunions et de repartir par le prochain bateau assurer ses cours à Marseille. Mais qui sait aujourd'hui que ces jeunes hommes (ils avaient autour de 25 ans) ont fait partie de l’équipe irremplaçable qui a fait que le scoutisme et d'autres bonnes choses existent encore aujourd'hui en Algérie?

 

EXTRAIT DE « EN NAHDHA, ESSAI DE GENESE » (2006)

Le colonialisme trône dans son mépris de plus en plus affiché et organise les Fêtes du Centenaire et l’Exposition Coloniale. La gauche, celle du Cartel des Gauches et du Front Populaire, révèle toute sa duplicité et tout son opportunisme ; l'échec du projet Blum-Violette (qui n'était en fait qu'une promesse électorale vite remisée) rend les intellectuels musulmans de plus en plus circonspects mais de plus en plus résolus. Il est utile de rappeler ici que Mohammed Bouras, fondateur des Scouts Musulmans Algériens est condamné à mort pour collusion avec les Allemands et exécuté sous Pétain, en plein régime collaborationniste, ce qui est un comble, et que les massacres de mai 1945 ont eu lieu sous De Gaulle, chef de la Résistance. Ce qui fait qu'aussi bien le déroulement de la seconde guerre mondiale que la fin de cette même seconde guerre mondiale conforte les Algériens dans le sentiment que le droit à la parole ne leur sera jamais concédé et les confirme dans leur volonté de dire désormais ce qu'ils ont à dire, sans attendre d'y être autorisés et quoi qu'il puisse advenir.

Abdelkader Mimouni, en parfait intellectuel bilingue, pragmatique et visionnaire à la fois, envisage, en prison d'abord et dès sa sortie de prison, la création d'une maison d'édition indépendante pour soulager ses amis intellectuels des appréhensions matérielles qui les décourageaient d'écrire. Il s'en ouvre notamment au Cheikh Bachir el Ibrahimi, qui l'encourage vivement. Avec son frère et compagnon Hadroug, ses amis Tahar Tedjini, Omar Lagha et Mahfoudh Kaddache, (tous fondateurs, autour de Mohammed Bouras, des Scouts Musulmans Algériens), avec Bachir el Ibrahimi, agissant en son nom plutôt qu'au nom de l'Association des Oulémas Musulmans Algériens qu'il présidait depuis la mort de Abdelhamid Ben Badis, et avec un proche, Bensalah Lachekhem, il fonde en 1946, sous la forme d'une SARL au capital de 400.000 FR de l'époque, les Editions Algériennes En-Nahdha, (en arabe Charikat An Nahdha al jazâïriya lit Tibâ’a wan Nachr). (شركة النهضة الجزائرية للطباعة والنشر)

 La société a son siège social dans la Casbah, au 12 de la rue Pompée, au siège de l'Association des Oulamas.

 

 

Publié dans H.MIMOUNI

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hannane 13/07/2016 02:16

Je me souviens de monsier Tedjini Tahar puisque j'étais son élève jusqu'en classe de seconde du collègge de Miliana et en même temps scout puis boy-scout .il était apprécié aussi bien par les arabes que par les français pour sa rigueur dans l'explication de textes en arabe. Il a réussi à faire aimer à tous la langue arabe,si bien que des officiers sentirent la nécessité de se mettre à l'apprentissage de cette langue. Il était le correspondant de plusieurs laghouatis,dont mes chers amis Hebboul,Gourine,Mimouni,Fethat Said et je crois Baïliche. C'était la période pré-révolutionnaire.

LAGHOUATI 13/07/2016 06:51

MERCI POUR VOTRE TÉMOIGNAGE

tahar didi 15/12/2013 11:44


أستاذنا الكريم أحميدة ميموني نشكرك على هذه الشهادة التاريخية الهامة والتي تعتبر وثيقة في حد ذاتها وإنني أرى والله أعلم أن الأغواطيين واسهاماتهم في الحركة الثقافية الوطنية يمكن أن يكون موضوع ملتقى
تدون فيه وتوثق حياة ومسارات هؤلاء الرجال ونذكر منهم الأخوين عبد القادر وهدروق ميموني الشيخ المشري والشيخ أحمد عويسي الأخوين عطاءالله وعمر دهينة ....وغيرهم الذين أعتذر على عدم ذكر أسمائهم 

Soukehal Djamal Abdenasser 15/12/2013 07:37


Une page de l'histoire ....tant qu'il ya aura des Hommes ......il faut se mettre dans le contexte de l'époque ......c'était des Hommes .....des vrais .......à nos jeunes de suivre le vrai chemin
tracé par leurs ainés .......