Boufarik , la ville de mes vertes années ( partie 3)

Publié le par LAGHOUATI

 

bouf5.jpgLe lycée de Boufarik  était considéré dans le temps comme l’un des meilleurs du pays en termes de qualité de l’enseignement qui y était dispensé. J’ai pu, pendant mon cours séjour, m’en rendre compte, l’enseignement y était effectivement de haut niveau, les meilleurs enseignants y étaient affectés. Je me souviens de quelques professeurs avec lesquels j’ai beaucoup appris et qui sont des modèles de compétence, de grande culture et d’humilité.

 Je cite entre autres les deux professeurs de langue arabe messieurs Bourezag et Bourezk qui faisaient partie de l’association des ulémas musulmans algériens,

bouf4.jpgMonsieur Ramain , notre prof de français , a profondément marqué mon parcours ultérieur en me faisant aimer cette belle langue et en m’initiant à la critique cinéma dont il était féru . Il nous a appris à aimer le cinéma d’auteur et il nous invitait à faire des exposés de films que nous avions vus en week-end et cela se terminait par une critique du film dans les règles de l’art. C’était sublime et tellement passionnant que nous en redemandions à chaque fois. Une grande amitié est née entre nous et il nous arrivait souvent de nous oublier dans les longues discussions à propos de tel ou tel film d’auteurs connus.

En Histoire nous avions un certain Daubagna , un jeune français qui venait en cours , les mains dans les poches , tout était dans la tète de ce prodigieux  enseignant qui vous racontait l’histoire de la révolution française comme s’il y avait assisté. La matière que nous n’apprécions pas beaucoup parce qu’elle fait beaucoup appel à la mémoire des chiffres est devenue avec Monsieur Daubagna une matière plaisante que nous attendions avec impatience.

DSC02520Les maitres d’internat (les pions comme on les appelait) étaient diversement appréciés suivant leur sévérité ou leur tolérance ; le plus craint était Djelloul Ferhat. Nous  avions donné à chacun d’eux un surnom plus ou moins méchant, celui donné à si Djelloul était plutôt assez amusant, on l’appelait « Ferhat l’aviation », pourquoi ce surnom, tout simplement parce qu’en jouant au football il étendait ses deux bras pour maintenir son équilibre donnant l’image d’un avion planant. Les élèves qui étaient au lycée avant l’indépendance nous ont raconté à son propos cette anecdote : C’était l’époque de l’occupation Française et Boufarik était peuplé en grand nombre par les pieds-noirs qui imposaient leur loi , notre ami Djelloul , alors qu’il était maitre d’internat a été chahuté par les élèves au dortoir, et ce n’était pas n’importe quels élèves , il s’agissait des enfants chéris des gros propriétaires terriens de la région . Notre ami n’a pas trouvé mieux pour punir les chahuteurs que de les faire descendre dans la grande cour du lycée, tenez-vous bien : en plein hiver, en tenue de sommeil, à quatre pattes pour faire des tours de piste jusqu’à ne plus tenir. Qui  peut prétendre avoir assez de culot pour faire ça ? Notre compatriote a osé le faire et personne n’a plus osé s’essayer à ce dangereux petit jeu.

DSC02525Autre maitre d’internat, René Denommé , très gentil , respectueux des élèves , il ne sanctionne presque pas , il se comportait comme un grand frère vis-à-vis des élèves et n’abusait jamais de sa position de maitre . Tout le monde lui vouait respect et déférence. Je n’ai jamais eu affaire à lui, il était affecté aux petites classes, nous, les élèves du second cycle, nous nous considérions comme des grands , des privilégiés en quelque sorte et nous avions même quartier libre en milieu de semaine . Je l’ai retrouvé depuis peu dans « Copains d’avant » et nous nous tenons au courant des nouvelles de Boufarik. Je lui ai envoyé mon dernier album photos du lycée et de la ville de Boufarik, cela l’a transporté aux anges, je suis content que cela lui ait fait plaisir et ait éveillé  en lui ce relent de nostalgie  vivifiant pour les personnes d’un certain âge.

 

SUITE……………

Publié dans SOUVENIRS

Commenter cet article

Arezki 22/12/2010 07:36



Qu'elle bonheur d'avoir la chance de se retrouver dans un espace du savoir ou moment d'autres comme moi avaient
comme seuls compagnons les moutons ou les chèvres et ceux-ci tout le temps que dure la lumière du jour et tous les jours.     À l'exception de trois années.


Aucune animosité envers Sidi El Hadj Aissa il nous le rend bien par façon de partager ses connaissances, nous en profitons.