C'était dans les années 70, souvenez-vous !

Publié le par MOHAMMED HADJ AISSA

 

 

Lorsqu’on voit, de nos jours, le nombre impressionnant de chaines satellitaires, je ne peux manquer de revenir 4 0 ans en arrière pour me remémorer l’année 1970 où, pour la première fois nous eûmes droit à la télé à Laghouat. Nous n’avions que le poste à  transistors ou les quotidiens El-Moudjahid et El Chaab pour nous informer sur qui se passe dans le pays et dans le monde. Nous n’avions pour seul loisir que le stade « garnison » et le cinéma des 3 S ou bien encore le café des Zenikhri à la réputation bien ancrée de préparer du bon café à la mode turque ou frara comme on dit chez nous.

Après diverses interventions auprès des autorités de la capitale un petit réémetteur fut  enfin installé sur une petite hauteur près de la ville d’Aflou. Nous pûmes enfin assister aux programmes télévisés de la chaine nationale. Beaucoup de familles, même les moins favorisées, achetèrent des téléviseurs de chez Bouchrit ou de chez Mahmoud  Bouazza , pratiquement les seuls qui faisaient l’électroménager. Les marques étaient à cette époque Lowe opta, Saba ou Ducretet Thomson en noir et blanc. C’était la fête à Laghouat, c’était véritablement un bouleversement  sans précédent dans la vie des Laghouatis.  

Le salon qui ne servait le plus souvent qu’à l’accueil des invités était désormais fréquenté par les membres de la famille qui se hâtaient  tous les soirs à partir de 17 heures pour prendre leurs places en face de l’écran. Le programme débutait à partir de 17 heures et se terminait aux environs de 23 heures sauf exception.

Cela commençait avec les programmes d’enfants et la fameuse « Hadiqati Essaghira » , ensuite place aux séries telles Flipper le dauphin ou la maison dans la prairie. A 2o heures ce sont les informations qui prennent le plus souvent près d’une heure de temps pour laisser place au film de la soirée et les programmes se terminent le plus souvent avec un concert de musique algérienne. C’était ça les programmes de la RTA mais nous nous sentions comblés et nous ne rations rien de ce qui nous été proposé.

L’image était souvent mauvaise, surtout l’hiver et il suffisait qu’il y ait un peu de vent pour ne pouvoir rien distinguer ou dans les meilleurs des cas nous avions une image pleine de grains. Il arrivait que lorsqu’il neigeait ou faisait mauvais à Aflou, le préposé au gardiennage du réémetteur ne pouvait pas monter le gasoil pour son groupe électrogène. Et cela faisait que nous étions privés de télé pendant plusieurs jours. Et lorsque la télé revenait, les Laghouatis  ne manquaient pas d’annoncer la bonne nouvelle dans la rue par ces paroles qui devenaient « magiques » : « Rahi jat «, elle est revenue ! Et tout le monde comprenait très vite de quoi il s’agissait.

Ce n’est que dans les années 1978 que Laghouat a bénéficié de la couverture nationale de la télévision, nous avons pu à partir de ce moment là capter une meilleure image et les sportifs ont même pu suivre la retransmission de la coupe du monde de football de 1978 en Argentine. Les plus heureux ont suivi les matchs en couleur, cela a été mon cas. J’ai pu suivre les matchs chez un parent qui travaillait à la wilaya et qui a pu bénéficier de l’attribution d’un téléviseur couleur de marque Saba. C’était le wali qui était chargé de cette « mission » et seuls quelques privilégiés ont pu bénéficier de cette faveur.

Voyez tout le chemin traversé : nous avons des milliers de chaine  et  Plusieurs postes de tv dans chaque demeure. Cela fait partie désormais de l’histoire qui avait quand même son charme que nous nous faisons un plaisir de faire remonter à la surface pour le plus grand bonheur des nombreux nostalgiques que compte le blog.

Je me souviens encore qu’avant 1970 certains Laghouatis , amoureux de foot possédaient déjà à cette période des poste tv portatifs. Ils venaient le soir à la tombée de la nuit à un endroit appelé « slahat es Sénégal » (actuelle Mamourah). J’ai été invité un certain soir par un ami à assister à la retransmission d’un match, on pouvait voir les programmes de la RTA à cet endroit précis grâce à un couloir qui permettait le passage des ondes. La batterie du véhicule servait à alimenter le poste tv en énergie électrique. On devait être vraiment  « fou » de foot pour venir à cet endroit lugubre, désert, au milieu des déchets, débris jetés par l’armée française, juste pour voir un match.

Que de souvenirs chers à nos cœurs de nostalgiques que j’ai voulu ressusciter pour les amis de ma génération qui ont connu cette période et que j’invite à compléter par leurs propres souvenirs.

Publié dans SOUVENIRS

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Mustapha 02/03/2016 16:29

Ahmed Wahbi (R.Y) avait chanté Fëte élli fëte wélli fat ma mëtch....më mëtch pour nous du moins...ya hassrah 3la laqwat békri ya hassrah........

Soukehal Djamal Abdenasser 01/03/2012 21:47


Moi je garde en souvenir cet esprit de solidarité qu'avait les Laghouatis,... la Télévision était considérée comme un luxe, ..... les pauvres se comptaient en Millions et les riches sur le bout
des doigts.....alors sus au Decretet Thomson Noir et Blanc.... on avait ramené un de Boussaada.... mon oncle paternel gardait la clé.... vous me rappelez des souvenirs..... et la Radio TSF qu'on
écoutait en cachette la nuit... pendant les années de la révolution....et....le cinéma Saharien.....mon ami Rezzoug...j'ai quitté Laghouat en 1974......fin 2009, j'ai perdu mes repères avec la
mort de mon père.... n'ayant pas de pied à terre...cad pas de logement à Laghouat, je passe mes vacances à Alger....je vous demande....je vous en conjure ....de me laisser rêver.....de me
permettre de vivre les moments heureux, où .......où à chaque fois que je rendais visite à mon père....je me retrempais dans mes souvenirs impérissables et qui me rapprochaient de cette ville
martyre, et qui la rendent à mes yeux attrayante, ma ville....Eh oui mon ami, j'ai perdu mes repères....c'est plus fort que moi, ce témoignage est écrit d'un seul trait, je dis ce que je pense et
ce que je ressens....accordez-moi les circonstances atténuantes....j'avais un lien ombilical avec ma ville quand un de mes fils était à l'université de Laghouat, depuis son départ à Blida pour
continuer ces études....ce lien est cassé....Ce blog est tout ce qui me reste. 

benbey foudil 29/02/2012 21:48


Merci djamal d avoir relate ce sujet qui me permet de devoiler une valeur que nous avons perdu malheireusement.En plus de ce que vous avez tres bien dit sur la television algerienne et les
differentes marques et les principaux magasins qui vendaient ces produits la vous avez parlez de la  l ecran couleur que seuls certains priviligies par le wali a l epoque monsieur BENZAZA
MUSTAPHA allah yerhamou.Je voudrais rendre un grand hommage a ce wali qui pour donner un televiseur couleur il ne connaissait ni piston ni tbesniss ni favoritisme ni autre chose seul le serieux
dans le travail et la competence et ilencourageait les fonctionaaires en leur offrant ce priviilege et parmi ceux  un des trois qui onr un televiseur couleur mon pere allah yerhamou qui n
etait ni chef de daira ni grade mais juste un chef de parc.Voila comment ces valeureux cadres faisaient la difference entre un bon et un mauvais employe.E t comme ca qu on a pu voir et la coupe d
eurape 1978 et la coupe du monde 1978 en couleur dans notre petite maison avenue 1 nov et ce en presence de toute la famille et des jirans bien sur.Revenons a cas valeurs nous irons mieux.

REZZOUG 29/02/2012 20:21


Je pense qu'il est temps de réagir et de protéter notre ville LAGHOUAT, tout le monde est conscient de la dégradation qui frappe à toutes les portes education, administration, sport, culture,
santé, agriculture,.......etc, alors il est temps de donner à LAGHOUAT son vrais visage. et nous cessons de parler du passé, nos parents nous a laissé l'histoire pour que nous construisons le
présent et préparant l'avenir pour les générations futures.

Mustapha 02/03/2016 21:19

Permettez moi de reprendre ce que mon père Djekidel Djekidel Ben Laid dit Joudane Jqaîdal, rahimahou Allah bi rtahmatihi elwassi3a - Jugeant le futur flottant par le quiet passé et par le présent traînant, Cette icone Laghouati avait prédit en une phrase bien conservée par certains anciens Schettetis, tout juste après l’indépendance. ‘’L’invasion des rabat-joies aux noms de famille truculents pour le moins étranges, qui débarqueront d’autres horizons, entrainant avec eux leur incivilité et leur immoralité. La domination despotique de cette ville, par la médiocrité des véreux administrateurs qui viendront des quatre coins du pays se river et faire river leurs semblables et enfin l’irréflexion criarde réservée aux autochtones de cette ville rebelle, pour être reconnus par leur l’esprit d’insubordination. En un mot ’’le chaos’’. - « Sois témoin Lakhdar (Hadj Lakhdar Zaabta – Atala Allah fi omrihi) d’ici très peu, tu ne reverras plus personne du Schettet, tu ne dévisageras aucun passant. Le débordement est pour très bientôt. Moi je vous dis Ach hadou (soyez témoins). Ce qui est passé a déjà fui; ce que tu espères est absent, tu ne revivras plus jamais ce temps " Maintenant (50 ans après) allez faire un tour au Schettet c'est ainsi que cette ville a été emportée par le tsunami. Ou mazal el kheir el goudame, puisque cette ville est sous le contrôle tribal après l'invasion. Wél fahèm yéfhèm