Ce qu'évoque pour moi El M'Gata'.

Publié le par LAGHOUATI

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Bravo cher ami MSL , tu t’es surpassé ! Je considère cet article comme le meilleur de tout ce que tu as écrit , il m’a laissé sans voix , inerte comme si j’avais reçu une grosse masse sur la tête . Il a fait naitre en moi les meilleurs souvenirs de mon enfance .

Je revois el M’gata’ bordée de platanes centenaires, je revois la seguia avec son eau propre et nette , une eau abondante qui déborde et arrive jusqu’au trottoir qui lui fait face ,

je revois le petit café de si Ali fréquenté par la classe lettrée de la ville,

je revois l’atelier de menuiserie de hadj Mohamed Ledhem qui abritait secrètement des discussions d’ordre politique et également religieux ,

je revois la station service des frères Bouzidi  connus pour leur engagement nationaliste et religieux .

Je me souviens que mon feu père fréquentait ces endroits avec une grande assiduité

El M’agata’ c’est aussi Hadj Salah Lebleidi qui s’est parfaitement adapté à la ville après y avoir été adopté par sa population pour ses hautes qualités de générosité et de probité. Il était l’ami et le confident de mon père chez qui on le voyait souvent . Il était parmi les tout premiers commerçants de matériaux de construction au temps où les constructions se faisaient en pisé.

L’avenue el M’gata’ était aussi le quartier chic de la ville , habités par quelques grosses fortunes d’autochtones ( les Ferhat , Baghdadi, Bouameur ,Hassani , Mouledhaia, les Benhaouache ) quelques familles françaises et juives ( Les Lallou , Zenou..). 

C’était un quartier résidentiel où le commerce était presqu’inexistant hormis l’épicerie de hadj Nouar , celle de Hadj Kaouka et Benali salem ou encore celle de Hadj Boufatah Benlabreg .

El M’gata’ c’est l’hôtel –restaurant le « Saharien » fréquenté  par les français (enseignants, militaires) et quelques autochtones qui viennent y oublier leurs petits soucis quotidiens .

C’est également le « paradis des enfants » , magasin de vente de jouets et autres farces et attrapes de si hadj M’hamed Takhi Ben N’aima. ; nous y allions les jours de fêtes pour y acheter des jouets .

L’avenue abritait aussi le petit atelier de si Taouti où nous allions louer pour la journée un vélo pour 20 cts .

El M’gata’ était parmi les plus belles et les plus propres endroits de la ville ( allez voir aujourd’hui !)

J’en garde de très beaux souvenirs , je l’empruntais souvent pour aller au jardin de mon grand-père hadj Benaissa Antar , situé dans une rue parallèle , la rue Zebara surtout connue pour ses beaux et nombreux jardins.

 

Merci MSL pour m’avoir donné l’occasion d’évoquer quelques petits souvenirs d’enfant  liés à l’une des plus belles artères de la ville des années d’antan .

Publié dans SOUVENIRS

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Soukehal Djamal Abdenasser 26/12/2014 22:02


et tant d'autres qui sont venus après ...

Mustaphads 26/12/2014 19:18


Un très bel article. Il est vrai que tout était beau dans cette ville, avant le déluge de rats d'hotel au début des années 70.

benbey foudil 26/12/2014 18:32


BONSOIR TOUT LE MONDE NATIF A LAMGTAA ACTUEL AVENUE 1 NOVEMBRE  EX AVENUE CASSAIGNE JE VOUDRAIS RAJOUTER QUELQUES HBITANTS DE CETTE NOSTALGIQUE AVENUE ET PRECISEMENT LES GOURINE LES
TADJ LES OUAZENES LES  BENBEY LES DZIRIS LES RIGHIS LES SACIS SENIOU LES CHOUL BENARAR ET SANS OUBLIER LA GRANDEE DAME BOUCHERITKHEIRA DENOMMEE KHEIRA BENT EL MGAMAL QUI NOUS FAISAIT PEUR ET
QUI PARLAIT UN FRANCAIS ACADEMIQUE.

LAGHOUATI 26/12/2014 20:15



merci hadj FODIL , tu m'as très bien complété , les noms de grandes familles de la ville. 



Hmed B. 26/12/2014 10:24


Bonjour Hadj Med pour toi ce joli poéme de Théodore Banville qui exprime cette nostalgie qui habite ton noble corps.Avec toute ma
sympathie!.


Bien souvent je revois sous mes paupières closes,
La nuit, mon vieux Moulins bâti de briques roses,
Les cours tout embaumés par la fleur du tilleul,
Ce vieux pont de granit bâti par mon aïeul,
Nos fontaines, les champs, les bois, les chères tombes,
Le ciel de mon enfance où volent des colombes,
Les larges tapis d’herbe où l’on m’a promené
Tout petit, la maison riante où je suis né
Et les chemins touffus, creusés comme des gorges,
Qui mènent si gaiement vers ma belle Font-Georges,
À qui mes souvenirs les plus doux sont liés.
Et son sorbier, son haut salon de peupliers,
Sa source au flot si froid par la mousse embellie
Où je m’en allais boire avec ma soeur Zélie,
Je les revois ; je vois les bons vieux vignerons
Et les abeilles d’or qui volaient sur nos fronts,
Le verger plein d’oiseaux, de chansons, de murmures,
Les pêchers de la vigne avec leurs pêches mûres,
Et j’entends près de nous monter sur le coteau
Les joyeux aboiements de mon chien Calisto !


Bon vendredi!

Med-Seddik Lamara 26/12/2014 10:05


"Essayez d'oublier votre passé, il finira toujours par vous ratrapper", dixit J.P Sartre. M.S.L

LAGHOUATI 26/12/2014 11:11



bien vrai , cher ami, nous n'y pouvons rien , nous sommes désarmés devant notre passé 



Soukehal Djamal Abdenassaer 26/12/2014 08:44


Je suis né à l'impasse Nouar, j'ai été à l'école de Si Abdelkader Lachkem dit Znini …..je faisais à longueur d'années les  va-et-vient entre l'école et Ras El M'gtaa où
j'habitais …ou plutôt où habitait mon père ….des souvenirs ….j'en garde …les plus durs et les plus sauvages …c'était la guerre du Ramadan entre rues et ruelles voisines (Les Laghouatis surement
avaient gardé dans leur esprit, dans leurs gènes ….. la guerre des rues de Décembre 1852…il faut piocher de ce côté-là…..Ça, m'est venu à l'esprit comme ça ….on continuait (nous les enfants)
malgré nous à revivre cette maudite situation …de l'holocauste …de 1852)…….fini le Ramadan….et après la fête de l'Aïd Esseghir….les ''ennemis'' – c'est trop fort - d'avant reviennent a de
meilleurs sentiments …. Et rebelote le prochain Ramadan…..l'histoire de 1852 renaissait chaque Ramadan…..le M'gataa, c'était les mégots ….qu'on récoltait devant l'hôtel Saharien …et qu'on fumait
en cachette …Boubakeur et moi ……le M'gtaa….c'était nous mettre sous un Mizab (gouttière) le temps d'une pluie …..El M'gataa c'était le paradis des enfants ….et les jeux de saison …la toupie….les
billes ….le tire-boulette …..C'était le sig……c'était si Ahmed El ouargli……si Tayeb le boucher…..c'était sidi Ahmed Tidjani …..C'était si Mohamed Azzouzi ….c'était maman Sayeda (celle que
j'aimais, ma mère maternelle) ….c'était mes amis ….c'était Si Ahmed Benbrahim chef de Zone …..C'était si Barkat …..C'était nos voisins …Martyrs et Moudjahids ….c'était mon père le Moudjahid
….c'était ma jeunesse...et mon enfance ….