Ces laghouatis que j’ai eu le plaisir de côtoyer (7)

Publié le par LAGHOUATI

 


Ces laghouatis que j’ai eu le plaisir de côtoyer (7)

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Hadj Mahmoud Kazi : Un "fennec" futé, une mascotte d’une grande baraka

 

Par Mohamed-Seddik LAMARA

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Je sais que son titre de Hadj, son âge avancé et ses œuvres de civilisation et de progrès, tel son dernier ouvrage, «Laghouat : dignité et fierté pour l’éternité » - que le tout récemment disparu, le Dr H’Med Benhaouache (Allah yarhmou), avait qualifié, à juste titre, de vade - mecum – me doivent, ici, de l’évoquer avec une déférence, qui du reste, lui est restée, de ma part, totalement acquise. Toutefois, et arguant de la complicité attendrissante qui a marqué notre assez long « compagnonnage » dans un Laghouat où, naguère, tout le monde se connaissait dans une atmosphère d’échanges fraternels et désintéressées, je vais me permettre, dans cette évocation, de tordre le cou aux civilités et aux salamalecs pour en esquisser un portrait que je voudrais dénué des lassantes fioritures.

Ce n’est qu’à l’orée des années quatre vingt –il ne devait pas, à cette époque, dépasser la quarantaine – que j’ai eu le loisir de mieux le connaitre. Epoque marquée par une débauche de rencontres  locales et régionales accueillies par  Laghouat, cité à la position focale point usurpée. Mahmoud était de tous les séminaires, de tous les colloques, de tous les rendez-vous électoraux. A l’occasion de l’un de ces derniers – des élections pour le renouvellement des APW, me semble-t-il – je l’ai vu,  dans la salle de coordination du scrutin, à l’intérieur de  l’ancien siège de la wilaya (dar el hakam) – déployer un trop plein d’énergie à la grande admiration d’un certain Tahar Ouatar,  grand écrivain désigné à la tête d’une des commissions chargées de la surveillance des opérations électorales. Sa dextérité dans la réception des sondages et le calcul des taux de participation, sa disponibilité à passer, avec une souplesse surprenante d’un groupe à un autre dans ce bourdonnant QG pour tirer d’embarras un scrutateur dissipé ou cet autre préposé embrouillé dans le défilement des ordres alphabétiques, donnaient de lui l’image  d’une personne nantie d’un secret don d’ubiquité. Mahmoud avait cette prédisposition à être incontournable quand ses supérieurs ou ses collègues le sollicitaient pour leur rappeler  un article précis d’un quelconque texte réglementaire pour appuyer un rapport ou une analyse à soumettre à une institution officielle. En ces temps où l’outil informatique n’avait pas encore investi les administrations, il n’hésitait pas à mettre, fort volontiers, sa fabuleuse mémoire au service de certains chefs de service soufrant de déficit mnémonique. Lui par contre était un commis de l’Etat constamment arcbouté sur cette sorte de quête impénitente à accumuler toujours plus de savoir, plus de connaissances. Une propension lui ayant valu la réputation de « fantôme » des antres archivistiques, rarement visitées par ses pairs. Un penchant réfracté par le port, quasi permanent, sous son bras d’une chemise ou d’un volumineux dossier à sangles, portés tel un bréviaire dont, rarement, il s’en séparait. Sa fonction d’inspecteur de la fonction publique qu’il maitrisait avec maestria, a évité à nombre de fonctionnaires loyaux d’êtres les victimes expiatoires d’une administration si souvent oublieuse de leurs mérites.

 

Ces occasions et bien d’autres empreintes de convivialité, comme les fantastiques « difas » auxquelles nous étions conviées, contribuèrent à resserrer d’avantage nos liens. Nos vacations au Centre de Formation administrative (CFA) où j’enseignais le français et l’économie, nous offraient, à la fin des cours, le prétexte de nous retrouver dans mon bureau de l’APS sis alors, dans l’ancienne station radio de la Maamoura pour nous adonner à d’enrichissantes discussions sur le passé et le présent des « ghaout » enchanteurs, sans oublier  (déjà !?)  de convoquer, d’une certaine manière, l’avenir qui ne saurait se construire sans l’ensemencement des legs et des espérances des anciens Chose dont Si El Hadj Mahmoud Kazi s’est acquitté avec un rare bonheur. Longue vie  à toi Mahmoud, l’homme tout à la fois sage et guilleret qui est resté à mes yeux un fennec futé et une mascotte d’une grande baraka. Cordialement, M.S.L.       

Publié dans Med Seddik LAMARA

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