Commentaire sur l’article de si Mohamed Hebboul- par Hadj Moulai Moulai-

Publié le par LAGHOUATI

Laghouat, Le 29 janvier 2015

Commentaire sur l’article de si Mohamed Hebboul

L’article de si Mohamed Hebboul nous a remémoré de très bons souvenirs. L’écrivain Claude Maurice ROBERT, d’après ce que me disait mon oncle amar, habitait une maison à rahbat el kabou. Je ne m’en souviens pas bien s’il s’agit d’une maison de si Benhadroug ou celle d’en face, où habitait madame FELDEN avec un jardin derrière, dans les années 50. L’auteur du poème me disait-il, aimait s’asseoir sur une chaise à côté de la séguia, où ruisselait une eau limpide et à l’ombrage des palmiers. Peut être que notre poète trouve un souffle d’inspiration pour ses écrits dans le murmure des palmes, le chant des oiseaux et la sérénité des lieux. Mon oncle m’a aussi parlé du bey de Tunis. Mon grand père Mokadem a chargé mon oncle, son fils, de lui offrir chaque jour  des fruits frais du jardin, en signe de considération pour cette honorable personnalité et briser l’isolement dans lequel le colonisateur voulait le contraindre. Moncef appréciait particulièrement les pêches savoureuses de Khat el oued.   

Pour les deux anciennes photos ci-dessous désignées, je veux juste apporter quelques précisions sur le temps et l’espace.  La première, date de la fin des années 50 ou du début des années 60  et non pas des années 40, puisqu’on peut apercevoir la ligne de fils barbelés avec des mines anti personnel qui encerclaient la ville. Par ce côté ouest, elle passe juste devant le Kef Tizegrarine et derrière le souk de bestiaux. Deuxième détail, l’école Schttet, apparente sur la photo, a été construite en 1953 puis agrandie en 1956. Troisième  repère, Ksar El Farouj, Ksar El Bezaïm et El Makdar ont vu le jour à la fin des années 50. Vers 1957 - 1958, les autorités militaires françaises, accusant les nomades de soutenir les « fellagas », ont interdit le libre pâturage dans la steppe et ont forcé les éleveurs du Sahara au cantonnement, dans deux lieux déterminés pour mieux les surveiller. Les Larbaa Echraga, ont été canalisés vers Taounza et les Larbaa El Ghraba ont été regroupés près de Aïn Madhi. Le cheptel a vite épuisé les ressources fourragères dans ces espaces limités. Habitués aux déplacements constants, les pasteurs ne pouvaient stagner sur les mêmes lieux plus de trois semaines. Certains téméraires parmi eux,  profitant de la nuit, se sauvaient en pressant le pas avec leurs troupeaux, en s’enfuyant vers les profondeurs du Sahara. Malheureusement, les patrouilles par hélicoptère quand elles tombaient sur un campement nomade, mitraillaient du ciel les hommes et accrochaient les tentes à des harpons tendus par leurs engins volants pour les jeter loin dans le désert, laissant femmes et enfants dans la désolation, l’effroi et la misère. Les éleveurs, ne sachant quoi faire pour nourrir leurs bêtes, vendaientt leurs troupeaux et venaient s’installer en ville. C’est ainsi que naissaient les trois quartiers précités à cette époque là.

Sur la quatrième photo, représentant la rue grande séguia « El Kabou », c’est à côté de chez-moi, elle est restée à peu près la même, sauf que les palmiers ont disparu et les constructions se sont multipliés. On reconnait, à gauche, la maison un peu surélevée de Bouderhem Takhi, la première porte de Hadj Kaddour Morjani, ensuite, Hadj Larbi Morjani, puis Si Khlef Morjani et à droite du côté de la séguia, Aïssa Bentahar, Haj Kaouka Ben Harrath, tous décédés, Rabbi yarhamhoum, excepté Hadj Kaddour Morjani, centenaire, né en 1915, alité depuis 4 ans, est encore en vie, qu’Allah lui prête encore longue vie.

 

M. MOULAI   

Publié dans ASSOCIATION"EL ARGOUB"

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