Des noms des lieux et le ravissement (1) Par Mohamed-Seddik LAMARA

Publié le par LAGHOUATI

Des noms des lieux et le ravissement (1)

 

La Maamoura : le dernier prolongement de l’authenticité

 

Par Mohamed-Seddik Lamara

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Quand j’y avais aménagé, au milieu des années soixante dix, Laghouat conservait encore son harmonie d’antan. Peu de temps après, les prémices de sa défiguration n’ont pas tardé à s’annoncer. Des actes irresponsables sinon prémédités, c’est selon, ont sonné le glas des destructions de ses atours. L’ingénieux système d’irrigation slalomant à travers les pittoresques « ghaout », en des séguia à l’eau limpide et chantante, le mythique hôtel Oasis, et la fière porte d’Alger ont été, tour à tour et sans état d’âme, démantelés par des « Athyla » pressés de faire disparaître  ce que la ville avait de plus beau. Le plan de restauration du vieil ilot du quartier des bains en contrebas de  zgag el hadjadj et cette historique casbah surplombant Dhalaa, est demeuré jusqu’à ce jour un vœu pieux. Le vieux bâti se meurt inexorablement. Affligeant spectacle n’ayant d’égal que la déplorable incurie de responsables obnubilés alors, par l’ivresse de grasses autorisations de programmes la plupart du temps consacrées à des opérations d’éclat.

Toutefois ce désolant  tableau avait, à l’amorce des années quatre vingt, commencé par être – malheureusement pas pout longtemps - supplée, à la faveur des deux marquants mandats du PAPC Lakhdhar Fechkeur, par des opérations d’aménagement urbain avenant charriant, non sans bonheur, l’empreinte des bâtisseurs d’antan. Subjugué par un pareil legs alliant simplicité, opportunité et intégration au schéma antique de la cité, l’entreprenant édile de Laghouat – il m’importe à travers ces lignes de lui rendre un hommage appuyé pour son abnégation -, s’était surpassé pour relooker la longue et large avenue du 1er Novembre dont le prolongement est allé jusqu’à conquérir les espaces méridionaux et déserts de la Maamoura. Le nouveau siège de la wilaya, le marché couvert, les sièges de la CNASS et du CPA, la maison de la culture et les quartiers neufs issus de l’auto construction  se succédaient dans une parfaite harmonie ponctuée par d’agréables jardins et placettes publiques pavées, comme l’ont été les spacieux trottoirs, par ce noble, beau et résistant matériau local qu’est le « makkat ». Ainsi, la Maamoura – où l’ancienne station de la remonte avait servi de siège à celle de la première radio ainsi qu’à l’implantation du bureau de l’APS dont j’avais la charge -, a pu connaitre une mue des plus prometteuses. L’élite de Laghouat y avait élit domicile donnant par ce fait un cachet convivial et plein de vie à ce nouvel espace urbain dont les nouvelles zones d’habitat trépidantes sont loin, aujourd’hui ,de rivaliser avec son « chic » tempéré et son atmosphère reposante. Les responsables auraient été bien inspirés de reproduire à l’infini ce modèle d’intégration, simple et peu couteux. Ce quartier, la Maamoura,  dont la consonance du nom est proche des œuvres de civilisation, était l’ultime prolongement de l’authenticité.

 

 

M.S.L   

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