DES PETITS ANGES SOUS LES MURIERS-par KADER BRAHIMI-

Publié le par LAGHOUATI

 

 DES PETITS ANGES SOUS LES MURIERS

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Sur cette terre belle et hospitalière, nous sommes venus au monde. Elle, si accueillante et généreuse, nous a gardés à jamais pour  couvrir nos petits corps de sa glaise soyeuse, d’où le TOUT PUISSANT par son souffle parfait nous  a créés.

Nous n’avons eu de temps pour vivre ni même, pour garder une infime image de ce que furent nos maman et papa, nos géniteurs qui se pourrait-il parmi tant de méchants, vous faisaient la guerre. Aussitôt nés, le départ vers l’ETERNEL survint, nous délivrant déjà des portées douloureuses de votre légitime colère.  

Ce sentiment troublant qui, jusqu’au-delà de notre mort dérange nos esprits juvéniles incommodés, nous accable très fort. Des noirs forfaits, que la folie des grands de notre ascendance, vous destinait à tous les moments de votre existence. Ce destin qui s’interrompit pour nous, libérera nos parents à leurs tâches cruelles, de gâter la vie des hommes sur le sol, qui ne leur appartient pas.

Ils se débarrassèrent de nos frêles dépouilles sitôt que, nos petites tombes fussent ouvertes. Des petites larmes qui n’ont pas eu le temps de couler, disparurent essuyées dans les mouchoirs de nos mamans. Des mères silencieuses et accablées, que nos pères dans leur hâte de distancer cette  tristesse passagère, poussaient vers la porte de la petite nécropole.   Pourtant, notre nouvelle demeure parmi les maisons emplies de voix d’enfants, était pleine de chants d’oiseaux et de lumière. Point de cyprès élancés pour le décore funèbre des lieux mais, des mûriers qui jetaient leur ombre jusque dans la rue grouillante de vies. Des bambins, dont aujourd’hui nous en reconnaissons certains, gagnés par l’âge, cueillaient leurs fruits qu’ils mangeaient en barbouillant leur visage réjoui. Repus, ils maculeront de leurs jus aux couleurs vermeil et d’ébène, les murs qui tantôt étaient  blancs.                                                                                                                                                          D’autres, défunts à «l’Heure» qui fut la nôtre, se réjouissent à nous appeler par des noms, qu’ils durent forcer leur bref savoir pour nous les  apprendre.                                                                                                                                                                                                  Ils partageront avec nous l’amour retrouvé dans les larmes de leurs mamans ; Nous, qui n’avons point de mère pour nous pleurer. Qui ? Sommes-nous et que sont devenus nos arbres verts et notre fraîche palmeraie.  

Nous nous trouvons parmi vous depuis si longtemps et ne ressentons désormais, aucun réel besoin de revenir à la mémoire de ceux de notre sang, qui n’ont hélas, plus jamais eu de pensées pour nous.  Nous avons apprivoisé l’exaltante mutation des clartés, à l’arrivée du jour, le réveil des moineaux, les complaintes des colombes et l’appel harmonieux des prières dans les mosquées voisines. Nous reconnaissons au passage chaque fidèle à son pas discret, dans la nuit d’avant l’aube. Nous entendons les versets du Coran, qu’ils n’oublient jamais de réciter sur la courte muraille du cimetière des «sept dans la kouba» et de vos petits,… ravis comme nous à l’aurore de leur vie. De qui sommes-nous les enfants ?

Progénitures d’unions engagées devant un crucifix en bois, nous sommes présentement retournés auprès de DIEU et n’avons rien connu de la foi de nos ancêtres puis de nos parents, dont nous avons échappé aux rites du baptême.

 Ici bas, dans vos cœurs et dans vos mœurs, dans votre âme et en votre corps, tous les Prophètes, les Saints Livres et Archanges se retrouvent dans la rigueur de vos  croyances. Qui ? Sommes-nous. Nuls meilleurs que vous, ne pourraient admettre avec la force reconnue de vos convictions que, c’est dans la terre que le riche et le pauvre se rencontrent car, l’ETERNEL a créé l’un et l’autre. Cette terre qui demeure notre seule mère et vous, nos prochains devant le SEIGNEUR.

Notes de l’auteur : A peine visibles sous les détritus, les petites tombes au cimetière chrétien de LAGHOUAT (Ksar el Bezaem) sur lesquelles, nous pouvons lire les dates d’une courte vie, ne reçoivent jamais la visite des leurs. Ils sont partis il y a très longtemps. Saurions-nous leur donner la réponse des gens sincères, aux grandes qualités humaines que nous sommes ? Pourrions-nous faire revivre des souvenirs lointains dans le cœur de leurs parents ? Mais avant, rendons notre indifférence moins honteuse et redonnons un peu de salubrité aux lieux.   

                                               (16/02/13)

                                                                Kader BRAHIMI

                    

 

Publié dans LE BEDOUIN GRIFFONNEUR

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Soukehal Djamal Abdenasser 21/12/2016 08:09

une belle leçon, qu'il nous a donnés de son vivant ...la tolérance des Laghouatis qui vivaient en bonne entente avec les chrétiens et les juifs......le respect qu'on doit, qu'on devrait aux morts ......mêmes s'ils étaient hier nos ennemis ......avons-nous répondu à son cri de cœur ......les mûriers blancs et noirs de l'avenue du premier Novembre ..nos premiers graffitis sur le mur des Benmoussa...nos premières lettres d'amour....respectons les morts ....respectons les vivants .....Allah yarhmou ....c'était un visionnaire ......

Lazri Noureddine 05/02/2015 12:23


Salem!


Mon ami Kader a laissé deriére lui de trés bonnes traces,que le grand Seigneur le benisse et lui accorde sa miserecord. 

assia 04/02/2015 12:25


اللهم اغفر له ورحمه
وعافه واعف عنه وأكرم نزله ووسع مدخله


ونقه من الذنوب
والخطايا كما ينقى الثوب الأبيض من الدنس


 اللهم إن كان محسنا ضاعف حسناته وان كان مسيئا فتجاوز عن سيئاته


 اللهم أظله تحت عرشك يوم لا
ظل إلا ظلك اللهم بيض وجهه يوم
تسود الوجوه


اللهم يمن كتابه وثبت
أقدامه اللهم أكتبه عندك من الصالحين


اللهم انقله من ضيق
اللحود إلى جناتك جنات الخلود


اللهم تغمد أبي عبد
القادر إبراهيمي برحمتك ياارحم الراحمين.


 اللهم أغفر لجميع المسلمين والمسلمات والمؤمنين والمؤمنات


الأحياء
منهم و
الأموات


اسيا
احلام

Med-Seddik Lamara corrompus 02/02/2015 18:17


Allah yarhamou. Mais ne reste-t-il pas tout de même vivant par ses lumineuses contributions. MSL

LAGHOUATI 02/02/2015 18:51



Aucun doute



Med-Seddik Lamara corrompus 02/02/2015 12:58


Bel élan d'humanisme que le votre si Brahimi. La terre notre mère, nous y seront mêlés tous,sans exclusive. Le palmier est, dit-on, notre tante en rapport avec ses fibres incorporées à la glaise
dont a été modélé le père de l'humanité, Adam 3aliyhi essalam. Cet arbre majestieux, une fois le sommet coupé ne peut survivre.Sa "déscendance" ne peut être assurée que grâce à la multiplication
des rejets (djabbars) blottis à la bse de son tronc. N'est-ce pas là une "aya" lumineuse. Votre contribution en constitue, quelque part, un hymne au miracle de la terre. MSL

LAGHOUATI 02/02/2015 17:00



Notre ami Abdelkader est décédé il y a peu de temps. C'est une occasion de prier sur son ame , Rabbi yarehmou, amine



assia ahlam brahimi 06/10/2014 15:15


la fille de papa  tu dis toujour  come ca


ها قد مر اسبوع عن رحيلك  يا ابي بابا مرة اخرى قد عاود ني الالم والحزن والبكاء فانا لازلت ابكي عليك لقد اشتقت اليك لماذا لاتعود فذكرى مولدك يوم 10/10/ قريبة وانت بعيد عني من يقول لك
عيد سعيد لقد تركت فراغا شاسعا في نفسي انا وامي التي تبكي عليك كل يوم فقد اشتقنا اليك كثيرا قالت امي استبدلي حب ابيك بحب الله لكني افكر فيك كل يوم ودقيقة وثانية و اطلب من كل محبيك ان يطلب لك
الرحمة ويكثر لك الدعاء والمغفرة وانا ادعو لك كل يوم


اللهم اسالك حبك و حب من يحبك و العمل الذي يبلغني حبك ربنا اغفر لنا ولاخوتنا الذين سبقون بالايمان و لا تجعل في قلوبنا غلا للذين امنوا ربنا انك غفور رحيم الله يرحمك يا با با ابنتك التي
تحبك كثيرا اسيا احلام وسابقى على عهدك دائما