El Hadj Bougrine -par N.Cotte-

Publié le par LAGHOUATI

 

El Hadj Bougrine        إنا لله وانا إليه راجعون                                                  

 

Rahbet Sidi Cheikh est le lieu où se rencontrent  le Shettet el Garbi  et le shettet Charki.

L’endroit par où respire  toute la palmeraie  sud de Laghouat ; l’endroit, où vivait, extra muros, la pieuse mais ardente population du sud-Laghouat.

Il y avait  là, à l’ombre de la kouba de Sid El Hadj Aissa  et de Bab Erabt : la Rahbet Sidi Cheikh.

Là, se développaient en 1950, les enfants de la Révolution et de la post-Révolution. C’est là que, naquit et vécut Abdelkader Bougrine.

Que dire de plus ? 

Sinon que son départ soudain, nous a plongés, tous dans l’hébétude.

Ne l’a-t-on pas  vu se déplacer, tout de go, de tout son être pour la moindre chose ici bas ?

Ainsi, il aura fait pour son voyage éternel.

Il est entré, au pas de course, dans l’au-delà.

Ô certes, il a laissé le vide ici bas, pour tous ses amis. Mais, sans doute dans son langage particulier, il nous a dit qu’il ne pouvait attendre. Ce rendez-vous, là, était pressant fort pressant.

Que Dieu l’accueille en Sa Miséricorde ainsi que son compagnon de fils.

Il a toujours anticipé les choses de ce monde : Il m’a fait penser chaque fois que je l’ai vu au (‘qasd’)  القصد à l’allure que prenaient les « Sahaba », les Compagnons du Prophète dans les affaires de ce monde.

« Il faut y aller ! » il me semble que c’est là son slogan ;  jamais, il ne se départait de son sourire,

De sa verve,

De son train à faire les choses, ni…

De sa vive alerte.

 

Étonné, de le trouver faisant office de secrétaire à l’Académie de Laghouat, Mr. Bellini, son ex professeur, à l’époque Conseiller Pédagogique, reçut l’explication qu’il  a été obligé d’interrompre ses études parce qu’il fallait que quelqu’un travaille pour la famille.

Là, encore, pour un empan, il a dépassé les prévisions de Mr. Bellini. Bougrine  a commencé le travail quand il aurait dû continuer ses études. Bougrine aurait dû faire l’université, pensait la « doulce France. »…

Mais, bien avant, le Brevet, encore enfant, au cours moyen première année, (5ième année), déjà, Mr. Magne, lui a confié le Livre de texte de la Classe , frappé qu’il était par l’écriture rectiligne et aérée du petit Bougrine Abdelkader. 

Bougrine a pu acquérir une telle maîtrise de l’écriture en français en recopiant méticuleusement  tous ses cahiers de classe, après coup à la maison. Il y régnait l’ordre et la perfection, choses sine qua non, du parfait secrétaire.

En 1957, nous étions tous mordus  par les journaux d’aventures, de Kit Carson à Zembla et Bougrine pour ne manquer de rien se prit à lire ces journaux.

Mais dès, le cours moyen, il commença à s’emplir la mémoire non des aventures de Blek le Roc, et du Capitaine Miki, mais de Livres Policiers – livres pas chers, mais livres quand même.

 Plus, il fit mieux, il s’organisa en véritable ré citateur des histoires alambiqués des énigmes policières, et  s’acquit les jeunes du quartier dont Chtik  Attalah,  Inspecteur Pédagogique d’Anglais, professeur à l’Université. Lui et les jeunes gens de son âge, firent un véritable cercle autour d’Abdelkader Bougrine.

Que « Bougrine, c’était l’homme qu’il fallait  imiter ! »

C’était ça, la formule des émules, habitants  en l’autre côté du rempart de Bab Erabt, soutenait  Ben Kazi.

Moment d’or, c’est ainsi que les rédactions  de Bougrine  faisaient le tour de la classe, pendant le CEG.

Après avoir  taquiné les hauts et les bas de la fonction managériale de sa vocation comme c’est dans ce domaine- là, que son jeune frère  Bougrine ECHA-IB, trouva la sienne.

Il doit y avoir un mentor dans les ascendants de la famille Bougrine.

Parmi les plus belles choses que Bougrine me raconta fut l’histoire d’un vieux monsieur qui accompagna le seul fils  qu’il avait, chaque matin, à l’école, et qui revenait chaque soir pour le prendre. « Il y avait tant de tendresse entre ces deux êtres que je n’ai pu m’empêcher de demander à l’enfant :

qui était ce monsieur qui l’accompagnait chaque jour ?

C’est mon père, dit-il, avec dans ses yeux, tant d’amour que je fus saisi d’émotion.

L’autre anecdote qui ne laisse pas de m’étonner, chaque fois que je me trouve en pareille circonstance.

Je suis, ô mon ami, bouleversé quand, en récitant le Coran, le matin à l’aube, j’entends ces oiseaux entonner leurs chants du haut de ces palmiers à l’entour !

 

Le  père de Bougrine, - Le Grand Sachem-comme j’avais coutume de l’appeler- calme et revêtu du costume Laghouati, imposait à tous le respect.

Le jour du mariage de Bougrine, nous, tous, ses copains ayant fait bombance comme à l’accoutumé, en ces circonstances, nous nous sommes crus malins de rigoler quand en partant, en guise de remerciement quelqu’un a dit : Allah yatrah el baraka ! الله يطرح البراكة Ce qui veut dire littéralement que : Dieu fasse tomber la baraque !   

Manque de chance, le Grand Sachem, le père de Bougrine – se trouvait assis derrière la porte d’entrée :

« Ainsi, dit-il, vous avez mangé le couscous nabri et mangé les viandes délicates, sans avoir appris à dire : Allah yat rah el bara –qa  الله يطرح البركة?

Inutile  de vous dire, que le mécréant adolescent retardé eut préféré être mort et enterré et oublié.

Le grand Sachem, comme tous les gens de sa génération prisait les chevaux. Un jour il a été près d’enlever le premier prix  pour un cheval. Il n’avait qu’un défaut, la patte avant du cheval était atteinte.

Peut-être, est-ce en souvenir de cet amour des chevaux que son papa vouait à cette noble créature que Bougrine Abdelkader nomma l’un de ces enfants Farres – le Chevalier ?

Voila, mon  pauvre et cher ami. Je n’ai pas assisté à ton inhumation, ceux qui on  eu ce triste privilège n’en démordent pas, ils sont venus de trois âges différents témoigner de leur deuil.

Ils se souviendront longtemps de ton esprit, de ta verve, de ton verbe.

Ils se souviendront de ta chaleureuse bonne foi ; ils sont venus civils et en uniformes témoigner que toi, tu as mérité la place de choix auprès du Père Kadda, notre professeur commun.

Ils te regretteront ceux qui ont eu le privilège de te connaitre à l’école d’Al Goheiri et à l’école de Naïdjat.

Que dire à cette femme qui vient de te perdre toi, et son enfant, ton fils. 

Que dire à cette dame qui vient de perdre sa maman, dans la même semaine  que toi et votre fils….Il n’est d’épreuve que la vôtre, que Dieu vous soutienne, que Dieu vous soutienne, qu’il vous soutienne Inch a Allah ! Amen.         إنا لله وانا إليه راجعون

 

N. COTTE

 

 

Publié dans N.COTTE

Commenter cet article

salmarayhana 22/05/2011 16:36



en lison cet articcle je ploge en songlo ,les larmes m'empechent de*écrire sur les personnes qu'.on a tant aimait hug dit torau assi à  son ami cheval blanc....M cotte vous avez 
oublier de parler un peux sur l'homme qui vious a toujour citer comme un ami de la tendre enfance jusqua la jeunnesse.vous vous echangiez les romans de fixion,.zemba, blek le rok ,rahan pif et
les autres....Benghia Mostefa



kaddour BENBEHAZ 07/02/2011 12:52



Merci Si Noureddine pour ce que tu viens d'écrire sur notre frère et collègue 


Abdelkader Bougrine dont la tragique disparition m'a complètement paralysé.


"A DIEU NOUS APPARTENONS ET A LUI NOUS REVIENDRONS"


                                           Kaddour  BENBEHAZ



Samir 06/02/2011 22:26


L'etre est aérien volatille ephemere mortel et certains resteront immortels dans l'esprit des gens qui les ont connu et cotoyé l'éloge faite par Mr Cotte est de celle qui interpelle les ames puisse
le Bon Dieu dans son immense mansuétude acceuillir le defunt et son fils en son vaste Eden Samir Amirouche Ouramdane d'Azzouza


Soukehal Djamal Abdenasser 06/02/2011 12:37



Eloge à la mesure de la grandeur du défunt.