Partager l'article ! "Et tu seras un homme mon fils"- par Dr.A.Benhaouache-: Lundi 20 février 2012 0h22 &nbs ...
Lundi 20 février 2012 0h22
Très cher Krim.
J'ai lu avec beaucoup d'émotion le message du fils reconnaissant au père méritant que fût Si Mohammed.
Car au delà de la simplicité des mots choisis qui confèrent un caractère juvénile et parfois naïf au texte, j'ai senti en filigrane un appel au secours à ce parapluie psychologique qu'est le burnous paternel de nos aînés car quelque soit notre âge, même la soixantaine dépassée, nous restons en quête de cette épaule compatissante à même d'amortir les cahots traumatisants de la vie.
Ils étaient l'infiniment grand, nous ne sommes malheureusement que l'infiniment petit.
En navigant sur le net, j'ai découvert un merveilleux poème qui exalte à la perfection cet attachement viscéral, un véritable hymne à l'amour filial et qui sied parfaitement à ton vécu. Mon imagination féconde et cette littérature du sommeil que sont les rêves exaltés se sont accordés pour concocter ce dialogue d'outre-tombe.
Je t'offre ce merveilleux poème d'un illustre inconnu qui j'espère embaumera ton cœur meurtri par une si longue absence:
Et tu seras un homme mon fils
C’est avec mes yeux que tu regardes le monde,
Et dans ton visage, je retrouve le mien,
Mais je n’ai pas peur que l’on nous confonde,
Car tu es mon fils et ça, tu le sais bien.
J’aime tant l’idée que tu me ressembles,
Que nous soyons semblables, comme deux gouttes d’eau,
Comme deux destins qui avancent ensemble,
Tu es tout comme moi, sauf que tu es plus beau.
Tu m’es tout, mon amour, mon espoir, ma fierté,
Mon rêve, ma vie, ma douce abnégation
Et la plus belle part de mon humanité.
Mon chef d’œuvre, ma gloire, ma plus belle création.
Et pour ma part, je clôturerai cette affectueuse missive par un petit message fraternel, fruit de mes élucubrations nostalgiques, t’exhortant au stoïcisme lucide afin de préserver l'héritage de Si Mohammed dans ce monde incertain ou tout est évanescence:
Faut-il s'aimer quand la haine est la plus forte
A l'ombre de nos peines se plier sans débattre
Tandis que le temps passe les cœurs se supportent
Alors ivre de vivre on se dira peut-être
Hélas mon grand amour est bien loin à présent
Au moment ou nos yeux ne sont plus imposants.
Affectueusement. A bientôt. Dr. A.Benhaouache.
Emouvant, très émouvant, Ahmed !
Quoi dire de plus, tu as tout dit en si peu de mots, des mots justes, vrais et oh combien rassurants et compatissants.
Krim , que je connais depuis très peu et que j’ai vu pour la première fois le jour de l’enterrement , est le digne fils de notre grand disparu que je n’ai pas eu la chance de bien connaitre. Sans l’avoir approché j’avais pour lui une grande admiration et un grand respect. J’avais écrit sur lui un petit article sur le blog il y a fort longtemps alors qu’il luttait contre la maladie et cela a été l’occasion qui a enclenché une relation des plus amicales avec Krim. Cela a été une juste compensation de la relation qu’il ne m’a pas été donné d’avoir avec son père.
J’ai pu alors, à ce moment là, connaitre le fils aimant, respectueux des valeurs des parents et fidèle à la mémoire des ancêtres dont nous sommes fiers pour nous avoir fait aimer ce pays et cette ville. J’ai découvert en Krim celui qui me ressemblait comme ressemblerait une goutte d’eau à une autre, le même amour, la même passion, , la même nostalgie, la même flamme , la même souffrance , en un mot il était devenu un frère , un autre moi-même que je me plaisais à découvrir chaque jour un peu plus, un peu mieux.
Merci à Ahmed pour ces mots admirables que seul un cœur tendre et aimant est capable de dire, Merci à Krim pour son amitié !
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