Extrait de l'ouvrage du regretté Hadroug Mimouni "L'Islam Agressé"- par si Ahmida Mimouni-

Publié le par LAGHOUATI

Extrait de l'ouvrage du regretté Hadroug Mimouni "L'Islam Agressé"- par si Ahmida Mimouni-
Salam Si Hadj
Voici un court extrait du livre de mon regretté frère Hadroug, L'Islam Agressé, et qui est un témoignage dont Hadroug voulait faire état; à notre tour de faire de même (chahada lillâh).

 

 

L’Association des Ulamas Musulmans Algériens était, avant la Deuxième Guerre mondiale, la seule organisation que craignait l’administration. Son président fondateur, Cheikh Abdelhamid Ben Badis, dirigeait la revue Ach Chihab, dont la devise était : « L’Islam est ma religion, l’arabe ma langue, l’Algérie ma patrie ». C’est clair, c’est net. On savait que l’on ne pouvait pas ébranler Ben Badis directement. On choisit de le contourner par le biais de son père, Si Mustapha. Contrairement à ce que dit Az Zarkali dans Al A’alâm, ni le père, ni le frère de Ben Badis n’ont coupé avec lui. C’est grâce à l’apport financier de sa famille que Ben Badis pouvait donner le pain à ses étudiants. Zarkali a été mal renseigné. Le père, Si Mustapha, avait fait des emprunts à la Banque d’Algérie et malheureusement il y eut deux mauvaises récoltes de suite.

Millot, Directeur des Affaires Indigènes, un protégé de Massignon, convoqua le père et le fils Ben Badis ainsi que quatre personnalités arabes. Il mit devant eux le Cheikh Abdelhamid en demeure de démissionner de la présidence de l’Association des Ulamas, sinon il lui prouva, pièces en mains, qu’il pouvait ruiner son père. Pour toute réponse, le Cheikh Ben Badis répéta la parole de notre seigneur Muhammad aux Qoréichites : « s’ils mettent le soleil dans ma main droite et la lune dans ma main gauche …». Le Khalifa Djelloul ben Lakhdar, qui était l’un des quatre à assister â cette réunion, a été bouleversé par cette réponse. En sortant, il dit à ses trois compagnons : « Prenez garde à cet homme, c’est un waliy Allah,  quiconque touchera à un de ses cheveux ou dira du mal de lui, qu’il se prépare à l’enfer ».

On visa alors le Cheikh El Okbi, qui était, après Ben Badis, le plus célèbre des Ulamas, d’autant que son activité était à Alger. On pouvait voir d’anciens truands avoir les larmes aux yeux pendant le prêche de Cheikh El Okbi. En 1936, le Front Populaire arrive au pouvoir en France. Dans son programme, il se faisait fort d’appliquer une nouvelle politique en Algérie et de répondre à bon nombre de revendications, entre autres la restitution des biens Habous à un organisme musulman. Ces biens, qui représentaient des centaines de milliers d’hectares, étaient détenus sans titres par la grosse colonisation. Le temps ayant fait son œuvre, peu de personnes pouvaient en donner la liste. Mais il était notoire que l’Imam Bendali-Kahoul les connaissait bien. Le scénario fut simple, supprimer Bendali-Kahoul et rejeter le crime sur El Okbi

C’est ainsi que Bendali-Kahoul a été assassiné et El Okbi accusé d’être l’instigateur ; l’accusation se fondait sur les aveux d’un pauvre bougre qui, en réalité, n’avait pas assassiné Bendali-Kahoul, car le véritable assassin était un Espagnol sorti de prison pour la cause. Massignon contacta El Okbi en prison et lui promit de le sauver, à condition que plus tard il se retire de l’Association des Ulamas. El Okbi, complètement désarçonné, accepta le marché. Il fut acquitté. Il se retira de l’Association petit à petit et jamais il ne prononça un mot contre ses anciens compagnons. El Okbi a plié sous le fardeau, il le déposa. Le soi-disant assassin de Bendali-Kahoul mourut quelque temps après en prison. Tout ce scénario a été monté par Massignon. Depuis cette affaire, dans ses écrits, le Cheikh Ben-Badis ne le nommait plus que  « l’ennemi astucieux ».

Extrait de : Hadroug Mimouni L’ISLAM AGRESSÉ, ENAL 1988

09/10/2014 à 03:20

Publié dans H.MIMOUNI

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