GENS DE LAGHOUAT! par N.Cotte

Publié le par MOHAMED BEN CHIKH AL -AGHOUATI

GENS DE LAGHOUAT,
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Le tout Laghouat était à Sidi Yanès !

M’barqa n’est plus !
En ce vendredi 26 mars, M’barqa a rejoint ses ancêtres.
Vous ne la reverrez plus, soldats de garde du Secteur.
Vous ne la reverrez plus cette dame qui s’acharnait à ramasser les bouts de papier, les allumettes, et les baguettes  en petits tas, que d’insouciants petits Laghouati ont semé en jouant.
(Oh, Allah ! Qui me demandera, une allumette ou une cigarette quand je passerai par le Secteur ?!)
Elle remplissait sa journée par la voirie des soixante mètres carrées quelle était appelée meublée par sa  présence  ces derniers temps.
Mais qui se souvient de M’barqa  bint  Rokaya El Hadhka quand elle était pleine de vie ?
 Qui se souvient que d’entre les  femmes de Laghouat, elle était citée en premier parmi les dames faiseurs de burnous, de cachabia, de tapis ?
On dit qu’elle perdit l’esprit lorsque le mari qu’on lui disait perdu dans la jungle Indochinoise, lui apparut vivant et bien portant…Elle était derrière son métier à tisser.
Il n’ y eut plus, pour qui tisser, dès  lors.
Du coup, l’esprit s’est envolé, la dame faiseuse de tapis, devint M’barqa la folle, M’barqa ‘l’arafa, et M’barqa, la femme de voirie d’une autre administration d’un autre monde.
Je me souviens qu’un jour, de l’année 75, elle frappa à la maison de mon père à M’qadah ‘ El Quibli et demanda à ma mère, si on a bien rassemblé les effets de Ma Fatna bt Ederragi, la tante de mon père. Et prenant de rigueur la tasse de café que ma mère offrait, elle déclara que : «  c’était pour le mariage de l’hadja Fatna, comment se faisait-il que n’en avions pas entendu ? Enfin, tout était prêt ».
 Puis elle s’en alla.
Ma Fatna  quant à elle, est rentrée quelques minutes plus tard d’une visite qu’elle rendit à l’ hadja Naçra, la fille de son frère Moulay Ali pour effacer une vieille brouille. Ce jeudi, car c’était un jeudi, elle  avait déjeuné  avec Dahou El Hadj Elhamel, son demi  frère qui lui rendait visite,  chez nous.
Ma Fatna appela  notre voisine Mme Sid el Hadj Aissa El Haja Aïcha bent Si Tahar et passèrent un bon après midi devisant des choses de jadis et faisant de leurs mieux en décortiquant le poids  de datte « ghèrs » que Ma Fatna prétendait intégrer à la « bessissa », quelle devait faire le lendemain pour l’offrir en libation aux enfants du quartier et… aux autres gens – « les tenants invisibles de ces lieux. »
Puis,  pour le lendemain,  elle chargea, mon frère Abdelhamid, qui était rentré en permission de Djeldjil  où il faisait son service militaire,  de dire à Si Brahim ben Hammoni  Takhi qu’elle ne fera pas la piqure, de lui dire qu’elle est  partie.
Cette nuit à  23  heures, effectivement, Ma Fatna partit là, où il n’y a point de retour. Un mariage sans retour.
On dit que le vendredi est un jour favori de Dieu, c’est ce jour que M’barqa partit vers Dieu ; et c’était un vendredi que Ma Fatna  rejoignit ses ancêtres.
Je choisis Gourine El Hadj Tahar, « le marchand des choses de la maison » pour  communiquer combien le cœur est « marrie » de voir partir un à un les piliers de ce Laghouat d’antan.
Je t’ai vu, ô El Hadj Tahar, persuadant la vieille dame de se déplacer du soleil torride du plein été à l’ombre des maisons de l’Oaïl. Je t’ai vu nourrir de tes mains une banane ou une orange ou un yaourt qu’un passant a laissé pour la dame. Je t’ai vu entourer de soins la vieille Khalti M’barqa, ces jours de froid, l’hiver,  puisse – tu servir d’exemple à tous ces enfants qui jouent sur la placette.
Puisse la grande Khalti Mbarqa servir d’exemple au Soldat qui voit du haut du Secteur, cette dame ramassant en petit tas les branches d’arbres, les sacs de plastiques, et les feuilles de papier qu’un étourdi d’enfant a jeté dans la rue…


N. COTTE
 

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Soukehal Djamal Abdenasser 18/01/2016 18:04

elle faisait partie de nous .....El Khir cane m'aahoum ....

lamara 18/01/2016 12:48

M'Barka! Divine était cette femme, à l'intérieur de ses haillons se cachait l'âme d'une dame au grand cœur, derrière son sourire édenté se dessinait, pour ce qui savaient voir, un passé de gloire, ses doigts teints de nicotine, exhalaient, pour ce qui avaient le don d'humer les capiteuses fragrances,le b'khor et l'ambre des h'rayer (femmes au grand caractère) d'antan.

salmarayhana 08/06/2011 16:25



très jeune je me souviens d'elle,qui venait de bon matin jeter des pièces de monnaies tout au long du couloir de mes grands parents.la fameuse longue   s'guifa du tapis vert.parfois elle me
donnait de  l'argent en allons au lycée Al Imam Alghazali...sans rien me dire.je n'oublierai jamais...un personnage de laghouat.....paler nous encore sur les drawichs de laghouat comme hamad
ayni,bkitha et les autrs.     merci



Lakhdar 28/03/2010 10:52




Mes condoléances les plus sincères à la Grande Famille. M'Barka a toujours fait partie de notre vie. Inna liLlahi wa inna Ilayhi raji3oune !
Lakhdar BOUHOUIA



Soukehal Djamal Abdenasser 27/03/2010 17:18



Notre chère M'barka est une victime de la colonisation. Elle n’a fait de mal à personne. Elle était là stoïque,
affable, aimant sa ville, …. On perd un « piler » de Laghouat. Elle était l’amie de nos mères, sœurs, épouses, filles, frères, pères, … Quand j’ai apporté la « bonne »
nouvelle (M’barka a enfin rejoint Allah le Miséricordieux) à ma mère et à mes sœurs et, à leur réaction spontanée et à la douleur qui a peint leur visage, j’ai su l’immense amour que porte nos
familles à notre M’barka. Qui a dit que les Algériens ne respecte pas la Femme. Vous n’aviez qu’à voir le film de ses obsèques (une marée humaine a inondé le paisible cimetière de Sidi Yanès et,
où l’intelligentsia Laghouatie était bien représentée) et vous serez fixé sur l’amour que le Laghouati porte à son prochain et à la femme en particulier (j’ai vu que des jeunes, à Sidi Yanès,
prenaient en film cet instant de douleur).    


 



DJOUDI HADJ ALI 27/03/2010 15:10



Merci Cher Noureddine pour cette éloge sur notre chére Mebarka et merci pour mon autre cher ami Noureddine Lazri  qui réapparaît et qui nous manque à Laghouat.


Je voudrais  simplement ajouter que  ce que j’ai vu
hier à l’enterrement de Notre chére Mebarka  au cimetière de Sidi Yanes, me redonne l’espoir et me rappel que Laghouat et les Laghouatis sont toujours
la  ils l’ont prouvés pour Mebarka.


Il y avait une foule immense au cortège funèbre,  comme à la prière de (SALAT EL JANAZA)
personnellement j’ai sentie quelque choses d’anormal !  les enfants qui pleurés les jeunes adolescents les vieillards et pour la première fois
des femmes les larmes aux yeux qui accompagnaient  Mebarka à sa dernière demeure  du jamais vu à
Laghouat.


Je suis sur quelle était heureuse de voir les Laghouatis l’accompagnée pour sont mariage comme elle-même le désigné Allah Yarhamha.


DJOUDI HADJ ALI  


  



mohamed el aghouati 27/03/2010 10:03


Merci frère Nouredine d'avoir si bien parlé de notre regrettée Mbarka qui mérite que l'on s'attarde un peu sur son parcours de femme très bonne , aimant les enfants et dépensant tout ce qu'elle
avait pour eux. Son image restera longtemps gravée dans les mémoires de ceux qui l'ont connue. Allah Yarahmek , ya M'barka , tu manqueras à la ville de Laghouat .


Lazri Noureddine 27/03/2010 10:03


Que le plus puissant ouvre les portes de son paradis á notre trés chere  M'barqa
.ALLAH yarhamhe we yarhem oumetti Mohamed qsssl.
Que vive Laghouat!


mohamed el aghouati 27/03/2010 09:38


les personnages typiques de la ville de Laghouat disparaissent les uns après les autres , c'est la loi de la création que Dieu a voulue  , nous ne pouvons que nous plier à la volonté du
tout-puissant  et le prier pourqu'il les enveloppe de sa grande "Rahma" et leur ouvre les portes de son paradis.AMIN RABI EL 3ALAMINE


mohamed el aghouati 27/03/2010 08:21


Allah yarhamha , une dame qui est restée digne jusqu'au bout et que sont état psychique ne lui a jamais fait perdre le respect que lui doivent les vrais Laghouatis qui  connaissaient sa
valeur  avant sa maladie