Partager l'article ! Je me souviens , c'était en 1963 ou 1964 à Boufarik .....: En 1963 ou 64 alors que nous étions ...
En 1963 ou 64 alors que nous étions internes au lycée de Boufarik, Je me souviens d’une anecdote savoureuse qui me fait sourire chaque fois que je me la remémore. J’avais deux amis, deux inséparables amis, Omar Benhaouache et Mohamed Fedel . Nous avions 16 ans et nous étions en seconde. Nous étions tout le temps ensemble, en classe, au dortoir, au réfectoire, enfin partout.
Nous avions convenu d’assister au stade de saint Eugène au match phare de la semaine le Mouloudia contre le WABoufarik. C’était un match qu’il ne fallait à aucun prix rater. Pour le MCA jouaient de grands noms tels que Aouadj Zoubir , Benfeddah, Bouras, Saadi, Oucif , le WAB lui avait , lui aussi de grands noms comme Fedlaoui, l’ex-professionnel et bien d’autres noms dont je ne me souviens plus. Le match s’annonçait très prometteur et nous devions absolument le voir. Nous nous étions préparés toute la semaine pour ce grand rendez-vous sportif, nous avions compté et recompté nos sous et avions tout prévu , tout sauf le plus important … vous verrez ça plus loin …
Nous sommes sortis du lycée de bonne heure le dimanche, bien rasés (nous commencions à avoir du duvet sur le visage) portant nos meilleurs habits, et au comble de la joie d’avoir cette chance d’assister au match, chance qui ne s’est pas offerte à nos nombreux camarades internes comme nous qui nous enviaient.
Les taxis à l’époque étaient inexistants et les bus rares, notre seule issue c’est l’auto-stop. Nous avons marché pendant plusieurs longues minutes pour nous poster tout à l’extérieur de la ville sur la route menant à Alger. Nous nous étions mis tous les trois, l’un à coté de l’autre et nous avions commencé à faire des signes éperdus ; presque avec des larmes, aux rares automobilistes qui passaient par là. Mais rien, aucun ne voulait s’arrêter . Une heure entière était passée et pas la moindre petite voiture !
Que faire ?
Il fallait changer de stratégie ! nous tombâmes d’accord pour dire que si les automobilistes ne s’arrêtaient pas c’est parce que nous étions trois , il faudrait donc qu’il n’y ait qu’un seul à tour de rôle qui fasse l’auto-stop , les deux autres se cacheraient derrière les arbres et dès qu’une voiture s’arrêtent tpour cette « lumineuse trouvaille »
Tiens , ça a l’air de marcher , au bout de quelques courts instants , un véhicule ralentit de sa vitesse et s’arrêta quelques mètres plus loin. Le conducteur fit signe de la main à celui d’entre nous qui faisait l’auto-stop. Mais voyant trois silhouettes surgir brusquement d’un coup et se diriger vers lui, il démarra en trombe et nous eûmes le temps de nous entendre dire « vous vous croyez malins, votre malice ne vous aura servi à rien , salut et au revoir ! »
Ah ! Nous nous sommes fait avoir, nous qui nous nous croyons malins !
Nous continuâmes à user de notre stratagème mais sans conviction et sans grand espoir. Rien ne viendra conforter le faible espoir que nous avions tout de même gardé en dépit de tout. De longues heures s’écoulèrent et toujours rien. Il était bientôt midi, nous n’aurons jamais le temps d’arriver avant le début du match. De guerre lasse, nous nous résignâmes à abandonner la « lutte »
Il fallait rentrer au lycée si on ne voulait pas que le maitre nous dise « plus rien à manger, vous arrivez trop tard »
Nous rentrâmes, tout penauds et la tête basse, vaincus. Ce que nous craignons le plus ce sont bien les quolibets de nos camarades restés à l’internat. En fin de compte nous n’y échapperons pas et ce fut un vrai supplice de questions comme celle-ci « le match a été annulé ? » « Qui a marqué le premier but ? » et plusieurs autres de la sorte.
Ce souvenir m’est resté et je ne peux l’oublier parce que c’était la première fois où je comptais aller au stade comme un « grand » que je n’étais pas encore .
Mais mes amis Omar et Mohamed, s’en souviennent-ils ?
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