L'Ecole Buissonnière

Publié le par MOHAMED BEN CHIKH AL -AGHOUATI

                                    

L'école buissonnière

 

L'école buissonnière, les enfants d'aujourd'hui ne connaissent pas mais  que ceux d'autrefois connaissent bien pour l'avoir pratiquée pendant leur scolarité.

Lorsque le maitre était trop exigeant ou très à cheval sur la discipline et le bon ordre , nous lui faisons sentir que nous ne sommes pas d'accord avec lui en nous accordant de temps en temps des journées que nous nous consacrons aux randonnées à travers jardins et en nous abstenant de nous rendre en classe.

Il arrivait parfois que lorsque le maitre nous annonçait la date des examens et que nous étions insuffisamment préparés, nous nous concertions pour ne pas nous rendre à l'école ce jour là pour éviter l'affront d'avoir de mauvaises notes.

Le leader de la classe, le plus  souvent le cancre de la classe, venait trouver chacun de ses camarades la veille de la date fixée par lui seul  pour leur annoncer la nouvelle en invoquant des motifs teintés de "nationalisme" : il a le don de nous transformer cet acte d'indiscipline en acte de bravoure et de résistance à "l'occupation".

Le jour annoncé, nous nous rencontrons tous à un endroit fixé par le leader du mouvement, et de là, nous nous dirigeons vers le bois de Boulogne ou vers un endroit plus éloigné encore  en dehors de la ville. Nous y allons munis de nos "casse-croutes" et de journaux de bandes dessinées, comme si nous étions en vacances. Nous nous séparons en petits groupes  par affinités pour ne pas nous faire repérer, les uns lisent les illustrés, d’autres s’assoupissent ou dorment profondément, d’autres jouent au sig ou aux dames.  La « Récréation «  durait jusqu’à l’heure à laquelle nous sommes censés sortir de l’école pour rejoindre nos domiciles  faisant comme si nous arrivions directement de  classe. Avant de nous quitter le « chef » nous donnait les dernières consignes en menaçant quiconque « vendrait la mèche » ou serait trop bavard lorsqu’on sera confronté aux interrogatoires  du maitre ou du directeur. Tout le monde doit rester silencieux et ne prononcer le moindre mot sous peine d’être banni du groupe et mis sous quarantaine.

Le lendemain, le directeur , que nous savons « bon père de famille »  nous accueille à l’entrée de l’école , nous fait entendre son « discours » habituel fait de morale et de menaces et nous ordonne de rejoindre la classe en nous faisant promettre, par des hochements de tète ,  de ne plus recommencer.

C’est ainsi que se passaient nos journées d’école buissonnière  qui n’a plus cours, heureusement, de nos jours.

Publié dans Mohamed HADJ AISSA

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